Les agendas de Bruno Jean Richard Itoua et Cie dévoilés.

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Ghys Fortuné BEMBA DOMBE

Les agendas de Bruno Jean Richard Itoua et Cie dévoilés.

 

Dans le cadre de la gouvernance des hydrocarbures, tout porte à croire qu’en République du Congo, Bruno Jean-Richard Itoua ( BJRI ) et Cie remplissent une feuille de route technocratique pour exploiter les gisements, sécuriser les recettes, rassurer les investisseurs. Une lecture stratégique croisée de leurs initiatives depuis 2021 révèle un agenda souterrain en quatre axes.

Le premier axe consiste à constituer un réseau contractuel loyal à long terme, hors des contraintes occidentales. Ainsi, les majors historiques (Total, ENI) sont méthodiquement remplacés par des opérateurs asiatiques ou offshore plus souples et politiquement alignés sur BJRI et collabos. Cela prépare un terrain stable pour un repli rentable en cas de transition politique conflictuelle.

Le deuxième axe entend sanctuariser juridiquement des contrats verrouillés jusqu’en 2045–2048, rendant impossible toute renégociation sans arbitrage international avec BJRI qui s’érige en gardien de la rente pétrolière future. Cette manœuvre place tout successeur politique face à des engagements rigides que BJRI aura lui-même architecturés.

Le troisième axe tient au contrôle du système d’information pétrolier via la S3C, qui pourrait servir de chambre noire à une gouvernance parallèle du pétrole. Ce contrôle de la donnée (volumes, pertes, affectations) peut détruire les prérogatives régaliennes du Trésor, du Parlement et de la Cour des comptes, en confiant l’œil stratégique de l’État à un organe technico-politique étranger et opaque.

Enfin, dans le quatrième axe, BJRI, désormais les poches pleines et contrôlant tout le secteur pétrolier et gazier par le biais des montages réalisés au niveau de la S3C – West Coast Gas Ghana Limited (WCGGL) peut se réjouir de son trésor de guerre constitué.

Des spécialistes de la finance entre colère et déception

À Abidjan, les spécialistes de la finance qui ont assuré la construction du Data Center National (ex UAPT,) que le Congo s’apprête à inaugurer ne comprennent pas pourquoi le Congo ne s’empresse pas d’assurer un transfert de technologies et de compétences. En effet, contrairement à d’autres pays pétroliers qui invitent les experts internationaux pour former les jeunes qui devront gérer eux-mêmes les données sensibles, le Congo traîne le pas. Ainsi, les experts ne comprennent pas non plus comment BJRI a pu  ” dealer ” avec autant d’argent avec WCGGL.

La colère des financiers s’explique du fait que la BAD, en finançant avec une contrepartie de l’État l’objectif du data center transnational (Cemac), permet au Congo de garantir sa souveraineté numérique dans la gestion de ses données étatiques (sensibles). De même, le data center permet de relancer la volonté du gouvernement et de construire le socle du E-gouv, assis sur une identité numérique citoyenne. Ainsi, conformément aux cahiers de charges transcrits par la BAD, le gouvernement congolais bénéficiera d’une expertise panafricaine, pour la mise en exploitation de ce data center au plus tard le 20 janvier 2026.

Dans le cadre d’un processus de transfert de compétences auprès de la partie congolaise, l’exploitation sera confiée à une société de droit congolais, managée par des Congolais, en collaboration avec l’opérateur historique Congo Telecom, sous l’oeil vigilant de l’Arpce, des ministères du numérique, des finances, de la défense, de la sécurité et des sachants, afin de garantir la souveraineté numérique des données au plan local, notamment de favoriser une éclosion des solutions logiciels made in Congo.

Selon nos sources, Jean Dominique Okemba, avant de faire valoir ses droits à la retraite le 31 décembre 2025, serait en train de travailler fort avec l’Anssi, pour domicilier toutes les données au Congo. Certes, la panthère devient édentée, mais Anatole Collinet Makosso, Florent Tsiba, Françoise Joly et Raoul Ominga, qui se la coulent douce, s’ils ont encore un bon sens et aiment le Congo qui les a enrichis, devraient retoquer les accords signés par BJRI qui lient la S3C à la société West Coast Gas Ghana Limited. Comme le problème des hydrocarbures ne se limite pas seulement à BJRI, il convient de convoquer rapidement les états généraux des hydrocarbures et des mines pour arrêter la gestion clanique et opaque des minerais congolais qui ne profitent pas aux populations. Au pire des cas, les vrais patriotes doivent bâtir des véritables stratégies pour dégager ces Kuluna et leur chef.

À suivre.

Ghys Fortuné BEMBA DOMBE

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