LA RÉPUBLIQUE DU CONGO, UN ÉTAT EN DÉLIQUESCENCE

LA RÉPUBLIQUE DU CONGO, UN ÉTAT EN DÉLIQUESCENCE

Par Jean-Félix DEMBA NTELO,

Président de la Fédération de l’Opposition Congolaise (FOC

PREAMBULE En 2026, à la cinquième élection présidentielle depuis son retour au pouvoir par coup d’État, en octobre 1997, le Président du PCT, Denis SASSOU NGUESSO, totalisera quarante-deux ans de règne au sommet de l’État, dont 13 ans sous le système de Parti unique et 29 ans sous celui d’un pseudo multipartisme.

Aujourd’hui, 29 ans après son retour au pouvoir le 25 octobre 1997, par un coup d’État militaire contre le Président Pascal LISSOUBA démocratiquement élu en 1992, le Président du PCT a consacré la DÉLIQUESCENCE DE L’ÉTAT, par l’entremise d’une gouvernance du pays assise, non pas sur des règles et des principes de droit, et non plus sur une adhésion d’un peuple réconcilié, uni et solidaire, mais plutôt sur une oligarchie familiale, clanique, tribalo-ethnique et clientéliste, arrogante, sûre d’elle, fanatisée et motivée.

LA RÉPUBLIQUE DU CONGO, UN ÉTAT EN DÉLIQUESCENCE

L’impunité totale des crimes économiques et des crimes de sang est devenue la règle de fonctionnement et de gestion de l’État/PCT, où chaque niveau de responsabilité dans les sphères du pouvoir, est devenu une aubaine pour les heureux promus, de sortir de la précarité et de la misère. On accède au pouvoir pour se servir et non pour servir.

Ainsi, à tous les échelons du pouvoir, ces parvenus nommés sur la base de critères totalement contestables, n’hésitent pas à mettre leur ingéniosité en branle pour s’enrichir illicitement, par un pillage sans vergogne et sans scrupule du trésor public. La faillite et la ruine n’épargnent aucun secteur dans les domaines vitaux que sont : l’éducation, la santé, l’emploi, l’action sociale, l’économie, les infrastructures de base (CFCO hors d’usage et université Marien NGOUABI en délabrement totale et continu), le développement urbain non maîtrisé, les sports et la culture, laissés pour compte. Plus aucun de ces domaines vitaux de la Nation, qui ont suscité de réels espoirs dans le passé, pendant les deux premières décennies qui ont suivi l’indépendance (1960 à 1980), sous les éphémères mandats des Présidents Fulbert YOULOU, Alphonse MASSAMBA DÉBAT et Marien NGOUABI, n’offre plus de perspectives, à court, moyen et long terme.

En effet, les deux premières décennies post indépendance ont marqué l’histoire par :

– un taux de scolarisation à 100 % ;

– l’amorce d’industrialisation dans plusieurs secteurs d’activités ;

– l’essor du domaine agro-pastoral dans la vallée du Niari ;

– l’intensification des cultures d’exportation telles que : le cacao, le café et le tabac dans la Sangha et les Plateaux ;

– le lancement des travaux des puissants barrages hydroélectriques de Sounda et de Moukoukoulou (le seul réalisé), avec les études du projet de la MPAMA ;

– les exploitations forestières du bois dans la Sangha et le Niari ;

– le lancement des sociétés nationales de transport aérien (Air Congo et LINACONGO) ;

– le réalignement du CFCO ;

– la Fondation de l’Enseignement Supérieur en Afrique Centrale (FESAC), qui deviendra l’université de Brazzaville.

Bref, tout un programme de développement socio-économique ayant suscité l’espoir et la fierté des Congolais, mais hélas compromis durant les quatre décennies suivantes, caractérisées par une gouvernance dominée par la corruption, par le culte de la médiocrité et celui de la personnalité, avec l’inflation de l’esprit courtisan et la déification du Chef de l’État, érigé dans les cercles du PCT, en ICÔNE INAMOVIBLE.

LA RÉPUBLIQUE DU CONGO, UN ÉTAT EN DÉLIQUESCENCE

Pendant que tous les secteurs vitaux du développement socio-économique du pays s’effondrent et qu’aucune catégorie sociale ni portion de l’espace territorial n’échappe à la pauvreté et la misère, des pans entiers de l’économie nationale sont cédés aux étrangers qui en jouissent sans aucun bénéfice pour les congolais.

Dans son propre pays, le Congolais, sans assistance ni accompagnement de l’État, se sent plutôt comme un étranger, face à la ruée des prédateurs étrangers dans tous les secteurs de l’économie.

Même le domaine sensible de la consommation populaire, l’étranger est maître dans toute la chaîne de distribution, dans les marchés des quartiers de nos villes et des villages de nos campagnes.

Rien ne lui échappe dans toute la chaîne, des importations à la commercialisation. Les domaines stratégiques des mines, solides et liquides n’échappe pas à cette cession sans réserve de nos richesses aux prédateurs étrangers, dont les sociétés opèrent dans l’opacité totale, en complicité et en toute impunité avec des acteurs politiques de très haut niveau et quelques administratifs corrompus.

Plusieurs décennies après, le secteur pétrolier, premier pourvoyeur du trésor public en recette, échappe totalement au contrôle tant des administrations publiques compétentes que des techniciens congolais évoluant dans les sociétés d’exploitation.

Alors que le Président de la République ne cesse de parcourir le monde pour défendre la nécessité de préserver l’environnement et les écosystèmes, chez nous, dans le Mayombe, blanc-seing est donné aux prédateurs chinois qui détruisent le site classé de la réserve de biosphère de DIMONIKA, pour l’exploitation sauvage de l’or.

Le discours du Président sur les écosystèmes, c’est pour les forums internationaux, pas pour son propre pays.

Naturellement, dans cette libre cession sans contrôle ni réserve aux étrangers des pans entiers de notre économie, se sont développés en toute impunité, à tous les niveaux de l’État, des comportements criminels de citoyens véreux, qui s’enrichissent scandaleusement, soit par le pillage direct de trésor public, soit par une série de magouilles dans des montages financiers sans aucun avantage pour le pays.

Ces pratiques ont généré dans notre pays, de véritables incongruités. Des individus sortis pauvres de leurs familles ou de leurs villages, se trouvent hissés très haut dans les sphères du pouvoir et deviennent des multimilliardaires, sans aucune source de revenus légale, sous la barbe des autorités gouvernementales et judiciaires.

Les scandales financiers qui éclaboussent de manière récurrente notre pays au plan international, n’émeuvent même plus les autorités politiques au plus haut niveau de l’État.

LA RÉPUBLIQUE DU CONGO, UN ÉTAT EN DÉLIQUESCENCE

Dans la gouvernance actuelle du pays, les solidarités primitives (familiale, clanique, tribalo-ethnique et clientéliste), l’emportent sur l’égalité de chance et de droit des citoyens, face à la rigueur de la loi.

L’autorité de l’État n’est plus incarnée au niveau des cadres, par les critères de compétence, de probité morale, de dévouement à la cause publique, de respect des normes et des règles de fonctionnement de l’État.

Dans le contexte actuel, les faits ci-après répartis en trois sections, illustrent la déliquescence très avancée de l’État dans notre pays.

1. Gouvernance chaotique, minée par la corruption et la promotion de la médiocrité

Le Congo se trouve littéralement en état de mort cérébrale, parce que le souffle de vie lui a été ôté par la pénurie chronique, sciemment orchestrée, de ses trois sources d’énergie vitales que sont : l’eau, le carburant et le courant.

Les privations d’eau potable et d’électricité dans l’ensemble des quartiers des deux métropoles urbaines, Brazzaville et Pointe-Noire, résument à elles seules l’état de déconfiture globale du pays.

En effet, soixante-cinq ans d’indépendance révolus, la production et la distribution de l’eau potable et de l’électricité, relèvent encore d’un véritable bricolage au sein des entreprises de la LCDE (ex SNDE) et de la L2C (ex SNE). Entreprises naguère publiques, dont il est maintenant difficile d’établir avec certitude le statut (public, privé ou privatisé ?).

Dans un territoire irrigué par l’un des plus puissants fleuves du monde, le Congo, l’eau manque aux robinets des populations. Dans cette pénurie d’eau potable, les nouveaux riches congolais, essentiellement sortis du sérail politique, se dotent de forages privés dans leurs domaines, au grand profit des sociétés étrangères, fournisseurs et en charge de ces installations, loin des tracasseries des populations sans perspectives.

Il en est de même en ce qui concerne l’électricité, dont la pénurie est une aubaine pour les importateurs et vendeurs des groupes électrogènes.

Une politique désastreuse et pénible pour le plus grand nombre de Congolais, condamnés par la pauvreté à survivre dans la débrouillardise.

Pendant ce temps, le Directeur Général de la société en charge de l’électricité, est plus performant dans l’exhibition des danses traditionnelles de sa tribu, dans des cérémonies en présence du Président de la République, plus émerveillé par ses talents de danseurs, et moins dérangé par son incompétence technique à gérer la production et la distribution de l’électricité.

LA RÉPUBLIQUE DU CONGO, UN ÉTAT EN DÉLIQUESCENCE

En plein XXIe siècle, les Congolais sont privés des deux principales sources du modernisme et du progrès social : l’eau potable et l’électricité. Sous d’autres cieux, aux Emirats Arabes, en plein désert, les gouvernements ont pu, grâce aux ressources pétrolières, ont pu apporter de l’eau potable à l’ensemble de leurs populations, en dessalant l’eau de mer. Dans notre pays avec une hydrographie et une pluviométrie en abondance, les différents gouvernements du PCT ont été incapables d’assurer aux populations, la production et la distribution régulière de l’eau potable. Que dire alors des pannes sèches chroniques à la pompe dans un pays premier producteur pétrolier de la zone CEMAC, en production annuelle ! L’opacité règne dans la gestion de ce secteur principal contributeur du budget national. La sous-traitance est confisquée par la myriade d’entreprises détenues par les enfants, neveux et prête-noms des dignitaires du régime. De toute cette manne pétrolière et financière, le peuple ne recueille que les effets nocifs avec la pollution sous toutes les formes et les conséquences sur la santé publique.

2. Le règne du sang par le sang

Après les épisodes de tortures en public et dans les cellules de détention, suivies d’assassinats dans les commissariats (Chacona 2018), après les meurtres par omission d’Ornano… s’ouvre le feuilleton macabre de la traque des ” bébés noirs et kulunas ” par la Direction générale de la sécurité présidentielle (DGSP). On peut trouver pire illustration de la profondeur et de l’enracinement du mal. Ce règne par le sang fait des émules et provoque en réponse une barbarie instituée et institutionnelle… Une autre action publique engagée dans la confusion des rôles et la fuite des responsabilités. Le phénomène dit des ” bébés noirs “, véritable entreprise de banditisme et de gangstérisme ne saurait être traité uniquement au niveau de ses effets, somme toute nuisibles, sans s’attaquer aux causes à son origine. Tant dans la détermination des causes que dans le traitement des effets, l’échec du Ministère de l’Intérieur, des commandements de la police et de la gendarmerie est patent. Car ce phénomène d’une violence exceptionnelle a évolué, sous le regard complice de toutes ces administrations compétentes, depuis plus d’une une décennie. Pire, les Congolais se souviendront des déclarations d’un député du PCT (H. Mouagny) affirmant librement, sans aucune contrainte et froidement, sans sourciller, que les « bébés noirs sont une invention du pouvoir, pour terroriser la population ». Ce qui explique qu’aucune disposition n’ait été prise à quelque niveau, politique ou administratif, que ce soit.

LA RÉPUBLIQUE DU CONGO, UN ÉTAT EN DÉLIQUESCENCE

Que le Président de la République s’y implique personnellement, avec beaucoup de retard d’ailleurs, ne change rien à l’incurie du département ministériel ayant failli dans ses missions régaliennes de garantir la sécurité aux populations congolaises. Sans sanction préalable à la défaillance du Ministère de l’Intérieur et de ses services, le Président de la République s’est engagé à régler, cette barbarie des jeunes délinquants, à sa manière. C’est-à-dire par de la barbarie d’Etat, avec des exécutions sommaires en public par fusillade, à bout portant. Toutes les formes républicaines en matière de lutte contre le banditisme, associant police, gendarmerie et justice ont été violées. Quand bien même le recours à une force militaire serait justifié, c’est une véritable barbarie de voir des hommes en armes cagoulés, abattre des jeunes désarmés au milieu des foules de gens dans les quartiers populaires. Ce sont des actes caractéristiques d’un terrorisme d’Etat.

L’exemple de l’opération ” VIGIPIRATE ” lancé en France contre les attentats terroristes, pris par le Président de la République pour justifier la barbarie de sa garde, est inacceptable. Car il n’y a eu en France aucun problème de délinquance juvénile de type bébés noirs, mais plutôt une attaque du territoire français par des terroristes islamistes (Al Qaïda et djihadiste), dont les bases opérationnelles se situaient en Syrie et en Irak.

D’autre part, en France, VIGIPIRATE est une opération préventive et dissuasive, et non celle d’aller abattre des jeunes sans défense dans les quartiers. Quant à l’aveu du Président de la République sur l’action de sa garde dans le POOL, il sied de rappeler que le fauteur de troubles dans ce Département n’était pas la population innocemment massacrée, mais plutôt son allié Frédéric BITSANGOU alias NTUMI, traqué et considéré en 1998 et 2017 comme un rebelle. Le faux rebelle NTOUMI, a donc servi d’alibi au génocide programmé contre les populations du Pool, avant que ce dernier ne soit totalement réhabilité dans ses droits, équipé et financé par le gouvernement.

Aujourd’hui, pendant que deux anciens candidats à l’élection présidentielle de Mars 2016, Jean-Marie Michel MOKOKO et André OKOMBISALISSA purgent leur dixième année de prison, le faux rebelle NTOUMI, jouissant de tout son arsenal militaire et bien équipé par l’État en véhicule, se pavane, reçu avec déférence par les Préfets et autres autorités locales. De personne, hier, recherchée voire traquée comme le prétendait le Président de la République, le Sieur Ntoumi semble se lancer aujourd’hui, en pré-campagne pour accompagner son complice à la prochaine élection présidentielle. On suppute que leurs milices respectives planifient déjà, pour la veille ou le lendemain de proclamation des résultats concoctés dans les officines du PCT, la prochaine énième descente de « ratissage » dans le Pool, sur le terrain de jeu d’un pouvoir ayant le goût du sang à la bouche.

LA RÉPUBLIQUE DU CONGO, UN ÉTAT EN DÉLIQUESCENCE

A l’inauguration du lycée de la liberté, les explications et préconisations du Président de la République autour des opérations menées par sa garde contre les bébés noirs et autres kulunas, n’ont convaincu personne, bien au contraire, le peuple congolais y a décelé des menaces et une manœuvre d’intimidation. 3. La diplomatie des paillettes et de l’esbrouffe (du bluff) Le fiasco du Congo à l’élection du nouveau Directeur de l’UNESCO, dont le candidat présenté par notre pays n’a recueilli, sur 57 votants, que deux voix, contre 55 au candidat égyptien, est sans équivoque. Ici aussi, c’est une parfaite illustration de la détérioration de l’image de notre pays au plan international, dont des leçons devraient être tirées. Le gouvernement congolais ne peut se permettre de dépenser autant d’argent, dans une diplomatie tous azimuts, une diplomatie de l’esbroufe (bluff), sans substance ni consistance intrinsèque, alors que s’effondre partout l’image, au plan interne, d’un Etat en pleine déliquescence.

A l’UNESCO, aucun de nos voisins d’Afrique Centrale n’a voté pour le candidat du Congo. Au-delà d’une diplomatie brouillonne, cette humiliation reflète plutôt une image interne pas reluisante de notre pays, avec la faillite avérée dans tous les domaines vitaux, dont celui de l’éducation nationale. Au-delà de la déconfiture de l’État, et de la faillite dans l’essentiel des domaines vitaux, il convient de se pencher un instant sur l’ingéniosité du régime à instaurer tous les mécanismes de conservation du pouvoir.

Des plans machiavéliques que la machine politique du PCT s’attèle à mettre en œuvre et dérouler de façon chirurgicale. En plus de l’organisation frauduleuse d’élections dont la victoire en faveur des candidats du PCT est connu d’avance, avec des taux oscillant entre 80 et 95%, la traque des opposants est une autre constance dans la méthode de conservation du pouvoir, avec la conspiration pour atteinte à la sûreté de l’Etat, comme chef d’accusation brandi pour écarter de la course voire pour éliminer physiquement, les opposants, réels ou supposés. Le meurtre, la prison où la contrainte à l’exil demeurent donc des moyens régulièrement mis en œuvre pour se débarrasser des opposants. La généralisation du climat de peur qui muselle la libre expression des voix dissonantes, précède les périodes des campagnes électorales au Congo. Ainsi, s’installe une atmosphère de terreur dans le pays, qui vise à tétaniser les forces d’opposition et les populations. Telle est la réalité de la situation qui est présentée dans les discours des tenants du pouvoir comme un climat de paix que personne ne doit troubler.

LA RÉPUBLIQUE DU CONGO, UN ÉTAT EN DÉLIQUESCENCE

En 2016, l’élection présidentielle s’est soldée par l’arrestation et l’incarcération de plusieurs opposants, dont deux anciens candidats, Jean-Marie Michel MOKOKO et André OKOMBI-SALISSA, aujourd’hui à leur dixième année de prison.

En 2021, le premier tour de l’élection présidentielle a enregistré, le décès en pleine campagne électorale de l’un des candidats, Guy Parfait KOLELA, dans des circonstances non encore élucidées.

En conclusion, le tableau présenté ci-dessus, sur le disfonctionnement de l’État face aux multiples défis du XXIe siècle, devrait interpeler la conscience collective, de la classe politique en général, particulièrement celle du Président de la République, ainsi que celle de tous ceux qui, de loin ou de prêt, l’accompagnent au sein des institutions de la République, dans l’exercice de ses fonctions au sommet de l’État.

Partout en Afrique, à quelques rares exceptions près, les peuples sont privés de démocratie et d’État de droit, par des pouvoirs qui refusent toute alternance pacifique.

Chaque échéance électorale sur le continent, devient l’occasion de véritables épreuves de force entre les tenants du pouvoir, déterminés à le conserver, et les autres forces politiques tant de l’opposition dans sa diversité, que du peuple dans sa globalité.

Les récentes élections présidentielles au Cameroun, en Côte d’Ivoire, en Tanzanie et le changement politique intervenu à Madagascar, démontrent que chacune de ces échéances, au lieu d’être des rendez-vous démocratiques pour le libre choix de ses dirigeants par les peuples souverains, se transforment en des moments de confrontations violentes entre des fractions anti républicaines de l’armée et les populations qui n’aspirent qu’à une alternance politique pacifique au pouvoir. Les dictateurs africains ne s’encombrent plus de subterfuges pour s’accrocher au pouvoir.

Avec la pratique de leur changement à la guise des dictateurs, les constitutions, deviennent de vulgaires documents taillés sur mesure, à la stricte dimension de la boulimie des ” monarques “. Le Congo, notre beau pays, n’échappe hélas pas à cette triste réalité continentale. Car depuis le coup d’État du PCT d’octobre 1997, cette sinistre manœuvre du tripatouillage électoral et des changements de constitutions a été imposée au peuple congolais, totalement résigné après plus d’un demi-siècle de violences politiques. L’échéance de l’élection présidentielle de 2026 s’annonce donc, non pas comme une étape d’espérance du peuple pour un avenir meilleur, mais plutôt comme une source d’inquiétude, face à la détermination affichée par les tenants du pouvoir actuel, à le conserver quoi qu’il en coûte.

LA RÉPUBLIQUE DU CONGO, UN ÉTAT EN DÉLIQUESCENCE

Et pourtant, un ressaisissement et un sursaut collectif sont encore possibles, au-delà de cette détermination à se maintenir au pouvoir, d’une minorité de privilégiés, opportunistes invétérés et indécrottables, essentiellement animés par des préoccupations alimentaires et la politique du ventre.

Cependant, à défaut d’un soulèvement populaire seul susceptible de mettre un terme à cette dérive autocratique du PCT, le ressaisissement avant l’échéance de 2026, ne tient aujourd’hui qu’à la volonté d’un homme, celle du Président de la République, Denis SASSOU NGUESSO.

Car, après les éphémères règnes et le sort réservé à chacun de ses prédécesseurs, les présidents Fulbert YOULOU, Alphonse MASSAMBA DÉBAT, Marien NGOUABI, Joachim YHOMBY OPANGO et Pascal LISSOUBA, il sait mieux que quiconque, le calvaire du chemin parcouru par notre peuple en 65 ans d’indépendance.

Au terme de plus de quatre décennies à la tête de notre pays, le Président Denis SASSOU NGUESSO est seul devant la Nation, le peuple, l’histoire, le monde ; seul devant sa conscience ; seul capable de décider en âme et conscience d’épargner aux Congolais, des épreuves supplémentaires de désordre et de violences, face à la volonté affichée par ses partisans, fanatisés et motivés de conserver le pouvoir quoi qu’il en coûte.

Il est encore temps pour le Président Denis SASSOU NGUESSO, de mesurer les dégâts qui découleraient d’une persistance dans l’erreur d’une conversation du pouvoir par tous les moyens, à l’instar des autres pays du continent, actuellement au bord de l’implosion. En plus d’un demi-siècle siècle de règne du PCT, notre pays et son peuple résigné, a déjà connu une dose trop forte des violences politiques. La Fédération de l’Opposition Congolaise (FOC), est persuadée qu’avant l’échéance de Mars 2026, il est encore possible que dans un élan patriotique et national concerté, les conditions d’un nouveau départ pour notre pays poussent être réunies.

A la seule et unique condition que Monsieur le Président de la République, soit porté, sur fond de repentance, d’humilité et de responsabilité, par cet élan patriotique et cette volonté – que nous espérons ancrés au plus profond de lui – de sauver notre pays du péril des luttes fratricides en vue de la conquête ou la conservation du pouvoir d’État.

Pour atteindre cet objectif en vue de la refondation de la Nation et de la restauration de l’État en DÉLIQUESCENCE, la FOC rappelle les trois préalables incontournables, qu’elle martèle de façon constante depuis dix ans :

la libération sans conditions des prisonniers politiques Jean-Marie Michel MOKOKO et André OKOMBI-SALISSA, arbitrairement enfermés depuis une dizaine d’années ;

LA RÉPUBLIQUE DU CONGO, UN ÉTAT EN DÉLIQUESCENCE

*l’adoption par le parlement d’une loi d’amnistie générale garantissant la liberté à tous les opposants politiques supposés ou réellement traqués et le retour dans notre pays des compatriotes contraints à l’exil ;

* la tenue immédiate d’un DIALOGUE NATIONAL INCLUSIF, dont les conclusions créeraient les conditions idoines d’une véritable réconciliation nationale et d’une transition consensuelle en vue de reconstruction du CONGO dans l’UNITÉ, le TRAVAIL et le PROGRÈS.

APPEL DE LA FOC au RESSAISISSEMENT de toutes et tous les compatriotes,

APPEL DE LA FOC au SURSAUT NATIONAL, à la MOBILISATIONde toutes et tous, à tous les niveaux de l’échelle sociale, sur tous les bords de l’échiquier politique et sur toute l’étendue du territoire national et partout à l’étranger où vibre une âme qui porte le Congo dans son sang et dans son cœur

Car tout est encore et toujours possible (le pire comme le meilleur) !

Brazzaville le 04 novembre 2025

Jean Félix DEMBA-NTELO

Président de la FOC

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *