AINSI PARLE GUY MAFIMBA MOTOKI : « LE PRESIDENT DENIS SASSOU N’GUESSO EST CONSIDERE COMME UNE ASSURANCE VIE POUR LES ECURIES AU POUVOIR »
jeu. 29 janv. 26
AINSI PARLE GUY MAFIMBA MOTOKI : « LE PRESIDENT DENIS SASSOU N’GUESSO EST CONSIDERE COMME UNE ASSURANCE VIE POUR LES ECURIES AU POUVOIR »
L’un des membres de la diaspora congolaise les plus actifs en France sur la politique nationale congolaise, Guy Mafimba Motoki (GMM) parle de tout. De son engagement politique, ses inimitiés avec des autres membres de la diaspora congolaise en France, la situation du pays, l’opération zéro kuluna, l’énigme Pool, la présidentielle à laquelle il refuse de faire de l’aventurisme en mars 2026, malgré son « temps du devoir », il est à cœur ouvert.
BRAZZA NET : Que devient votre entité politique ?
Guy Mafimba Motoki : Nous avons lancé le 29 mars 2025 dans un palace parisien, une dynamique citoyenne dénommée Projet commun pour la renaissance du Congo (PCRC). Un projet coopératif qui invite les forces vives de la nation à se mettre ensemble pour bâtir un nouveau Congo. Un projet participatif, dans la mesure où il offre la possibilité à chaque congolaise et congolais de s’impliquer dans sa faisabilité. Une dynamique de groupe, plurielle et innovante.
B.N : Quel combat mène-t-elle, pour quelle légitimité pour son chef ?
G.M.M : En ma qualité de Coordonnateur, ma traçabilité politique depuis une trentaine d’années, la crise multidimensionnelle que traverse notre pays, la revisitation des convulsions politiques à travers les contentieux historiques, mon expertise avérée sur les enjeux géostratégiques et géopolitiques dans un monde multipolaire, enfin l’honneur d’avoir accompagné des grands hommes d’Etat, tels le président Yhomby Opango, le général Emmanuel Ngouelondele Mongo, le ministre André Okombi Salissa m’oblige, m’impose le temps du devoir. Convaincu de cocher toutes les cases d’un leadership compatissant, je me suis résolu à appeler au sursaut patriotique citoyen, pour mettre un terme au régime PCT parti-Etat, arrivé par effraction depuis 29 ans. Nous avons publié un Manifeste pour la renaissance du Congo…qui se propose de mettre en œuvre une dynamique de changement. Une mission quasi sacrée pour laquelle les acteurs politiques, la société civile, les intellectuels, les individualités, bref, toutes les forces vives de la nation sont conviées pour redessiner les orientations stratégiques et programmatiques sur le plan politique, socio-économique, et culturel pour un Congo libre, uni et prospère pour tous. Autrement dit, un nouveau pacte républicain qui tranche avec la sclérose du PCT parti-Etat.
B.N : N’est-ce pas trop savant tout ça ?
G.M.M : Pas du tout. C’est pratique. Le PCRC s’est doté d’une configuration politique à deux pôles à savoir : un pôle politique et stratégique dont l’objectif est de créer les conditions subjectives et objectives pour la conquête du pouvoir d’une part ; un pôle think tank qui a rédigé un projet de société intitulé ”Renaissance 5G” s’articulant autour de cinq axes : gouvernances institutionnelle, Indice du développement Humain, énergétique et numérique, socio-économique et financière, industrielle et développement durable. Autant, le pôle think tank a atteint son objectif, autant, le « pôle politique et stratégique » s’est heurté à des contingences conjoncturelles et endogènes dans son implantation sur tout le territoire national et l’international.
B.N : Que reste-t-il des conclusions de la convention de l’opposition interne et externe dont vous étiez l’un des initiateurs ?
G.M.M : Le colloque de l’opposition interne et externe que nous avons organisé du 16 au 18 décembre 2025 à Brazzaville s’inscrivait dans l’appel à un dialogue politique inclusif et une transition consensuelle contenu dans une lettre ouverte que nous avons adressée au président de la République Denis Sassou N’Guesso le 2 juillet 2025. Partis politiques, société civile, intellectuels et personnalités indépendantes ont signé cette lettre. C’est dans le suivi de cette lettre que les participants ont rendu public dans un communiqué final nos recommandations au sujet des conditions permissives pour un scrutin présidentiel crédible, les problématiques liées à l’opération DGSP, les dérives autoritaires du régime ainsi que les risques potentiels d’une implosion sociale. Les sacro-saint dialogue, paix, bilan positif etc… dont se targuent le Chef de l’Etat et son gouvernement comme étant l’incarnation n’ont à ce jour eu pour réponse que déni voire mépris du pouvoir, en dépit de la feuille de route que nous avons proposée pour une sortie de crise à travers un compromis politique historique.
B.N : Êtes-vous candidat à la présidentielle ou soutenez-vous un compatriote dans cette course au palais du peuple ?
G.M.M : Présider aux destinées de mon pays, le Congo, est une ambition noble qui m’anime depuis les premiers jours de mon engagement citoyen. Le Congo m’a tout donné, je suis un enfant de la République, la politique s’est imposée en moi comme une vocation, un sacerdoce pour être au service du peuple. En 2015, j’ai été dans la réflexion, la conception et la création de la fédération FROCAD-IDC-CJ3M victorieuse du scrutin présidentiel de mars 2016. Hélas, victoire usurpée de force par le régime PCT parti-Etat. Ce qui m’a conduit à m’exiler pour échapper à la répression qui s’est abattue sur nos cadres et militants. André Okombi Salissa, prisonnier politique, président de l’IDC, dont j’assure avec honneur et loyauté indéfectible la représentation à l’étranger, tout en coordonnant la Dynamique Citoyenne PCRC, croupit en prison bientôt dix ans. Je ne peux oublier mon ami et frère Augustin Kala-Kala, des jeunes tombés à Pointe Noire et Brazzaville, nombreux de nos partisans dont les supplices témoignent de cette répression brutale post-électorale. Aussi, depuis cinq ans, je me prépare à cette échéance électorale, non pas pour accompagner, mais pour faire gagner le Congo, la jeunesse congolaise en particulier à travers notre projet de société Renaissance 5G. Force est de constater que le pouvoir s’est arrangé à dérouler sciemment un agenda criminogène, un déni démocratique notoire en projetant d’organiser un scrutin électoral ni libre, ni transparent, ni équitable, ni juste. Le régime PCT parti-Etat, en dépit d’une ambiance délétère, tente un passage en force comme en 2002, 2009, 2016, 2021.
B.N : Mais le combat politique ne se joue ni ne se gagne à l’extérieur ?
G.M.M : A nos partisans, nos alliés, de l’intérieur comme de l’extérieur, nous avons promis mettre le cap sur Brazzaville, quoi qu’il en coûte, parce que, nous allons quitter les gradins pour rentrer sur le terrain. L’approche qui est la nôtre, consiste à faire converger les colères, les injustices, les frustrations légitimes des Congolais pour délégitimer un scrutin pour lequel le terrain, la pelouse, l’arbitre, les ballons, les maillots des concurrents ou adversaires ainsi que le tableau d’affichage appartiennent au camp présidentiel. Le mode opératoire de cette orientation stratégique et programmatique sera dévoilé dans les semaines à venir.
B.N : Quel regard avez-vous sur l’opération zéro Kuluna et ses effets, notamment dans le département du Pool ?
G.M.M : Rien que la dénomination zéro kukuna interpelle, interroge. Le banditisme urbain, en l’occurrence juvénile ne peut être effacé sans un projet alternatif. Celui-ci requiert la prévention, l’insertion puis la répression dans le cadre des lois et règlements de la République. Par ailleurs, la sécurité des citoyens est une tâche dévolue à l’Etat, une obligation régalienne. Cependant, le phénomène Kulunas, Bébés Noirs est parti de la mégapole Kinshasa dans les années 2012, j’étais à Brazzaville et Poto-poto l’épicentre. Les autorités compétentes ont me semble-t-il, consciemment ou inconsciemment toléré cette situation sans la circonscrire, sinon la canaliser. Quinze ans après, que des crimes, que des pertes humaines que de traumatismes causés par ces jeunes dont la moyenne d’âge se situe entre 15-20 ans. C’est la génération Sassou N’Guesso en réalité, sociologiquement parlant, constat accablant d’une gouvernance qui a failli dans la prise en charge de notre jeunesse qui représente 70% de la population. Constat fait, la prise en charge pour le traitement de ce phénomène est salutaire. Cependant, plus de trois mois après le début de cette opération est salutaire. Trois mois après le début de l’opération, le bilan est mitigé, à terme, contreproductif. Tenez ! Le maintien d’ordre obéit à une doctrine de sécurité dont les renseignements, la pluralité des unités en fonction de la nature de la menace, la police judiciaire en aval. A cela, il faut ajouter les dispositifs de prévention au sein de la famille et de l’école.
Avec l’opération DGSP, l’agenda politique a pris le dessus sur le maintien d’ordre. La direction des opérations de la DGSP n’ayant pas vocation à ce genre de mission, d’où, les exécutions extrajudiciaires, les disparitions, la destruction des maisons et motos sans base légale ni nationale qu’internationale. Le comble, les opérations militaires dans le département du Pool, encore une fois, défraient la chronique avec les larmes et le sang des congolais.
B.N : Qu’est-ce qui vous oppose avec certains compatriotes de la diaspora ?
G.M.M : En tant qu’acteur politique, je ne peux échapper à la controverse, aux critiques ou à l’adhésion à mes idées. Pour vous rassurer, je pense figurer sans fausse modestie parmi les acteurs de la diaspora qui suscitent le plus d’admiration et de soutien à notre combat. Ma constance, mon engagement, ma disponibilité, mon expertise plaident en ma faveur. Malheureusement, les outrances, la calomnie, les mensonges, les insultes etc…sont devenus légion auprès d’une dizaine de nos compatriotes auto-proclamés politiques. En réalité, c’est une espèce en voie disparition, des produits des TIC, souvent sans éducation et incultes qui m’utilisent comme fonds de commerce pour faire des poches à certains oligarques du pouvoir de Brazzaville. Autrement dit, une espèce de cyber mercenaires qui se vautrent dans les conflits d’intérêts au détriment des conflits d’incertitudes. N’accordons pas trop d’intérêts à ce type d’individus. Vous comprenez pourquoi je ne participe pas à cette kermesse de futilités, à ce qui nous éloigne des besoins et attentes des congolais. L’intérêt de mes compatriotes, c’est ma boussole, mon engagement citoyen depuis plus de 30 ans.
B.N : Avez-vous le ressenti d’une présidentielle bien engagée ?
G.M.M : Hélas non. Le scrutin présidentiel est par définition un moment crucial pour une nation. Le rendez-vous d’un homme avec le peuple. En France, ma deuxième patrie, j’ai assisté à sept scrutins présidentiels. Une confrontation majeure de vision, d’idées, la place de la France dans le concert des nations etc. A deux mois d’un scrutin présidentiel, l’UPADS et l’UDH-YUKI de l’opposition dite parlementaire jettent l’éponge dans un scénario digne de la fiction cinématographique la République du Gondwana. Un prétendant à la magistrature suprême en la personne du Révérend Ntumi est traqué par la DGSP. La grogne sociale s’étend, s’amplifie. Les indicateurs macro-économiques de la zone CEMAC font craindre une dévaluation de FCFA. Un parti au pouvoir sort de leur congrès en conglomérat d’écuries sous les étendards tels le Patriarche, le Timonier, Pona Ekolo. Une population appauvrie et misérable telle des zombies dans les rues et avenues des deux grandes villes. Un processus électoral ne répondant nullement au standard international à savoir : corps électoral non fiable ni consensuel, une commission électorale inféodée, des Préfets et Sous-Préfets, une chaîne nationale via son DG tous inféodés au PCT parti-Etat ; bref c’est un abus de langage de parler élection au Congo.
B.N : Comment appréciez-vous les quelques prétendants déclarés nourrissant l’intention comme Dave Mafoula, Destin Gavet, Limbongo Ngoka, Alexis Bongo, Denis Sassou Nguesso, Bedel Sassou ?
G.M.M : En tout bien, tout honneur, le chef de l’Etat sortant, monsieur Denis Sassou N’Guesso avait déjà manqué une sortie par le portique républicain en 2016. Deux mandats après, est-il en capacité de convoquer une dimension d’homme d’Etat, je pense non. Le président Denis Sassou N’Guesso est considéré comme une assurance vie par les écuries au pouvoir, obnubilé par le pouvoir pour le pouvoir, il est un homme du passé et du passif qui restera dans la conscience collective comme l’incarnation de la ruine d’une nation qui se construisait dans l’unité, le travail et le progrès comme l’ont rêvé ces prédécesseurs les présidents Fulbert Youlou, Massamba Débat, Marien Ngouabi, Yhomby Opango et Pascal Lissouba. Pour les autres concurrents, l’histoire, juge implacable, les jugera pour avoir porté leur caution à une forfaiture électorale dont la conséquence est la pérennisation du système PCT parti-Etat. Pour votre gouverne, l’histoire ne retient que celles et ceux qui disent non, le trône humain de Patrice Lumumba lors de la CAN au Maroc doit les édifier.
Propos suscités et transcris par BRAZZA NET liberté : +242 06 662 88 75, ebdimix@gmail.com











































































































































































































































































































































































































































































































