Koulouna : lorsque les victimes deviennent des tueurs

Koulouna : lorsque les victimes deviennent des tueurs

La rédaction

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13 novembre 2025 à 01h56

« When Victims Become Killers » , tranche le père du nouveau maire de New-York, Mahmood Mamdani, avec le bistouri de la logique en 2001. C’était à propos du Rwanda. Avec le phénomène Koilouna, l’accident social est arrivé au Congo : le lumpenprolétariat a pris les coupe-coupe.

Lorsque les koulouna deviennent des tueurs, il faut aiguiser son épistémologie pour ne pas prendre les vessies pour des lanternes, les victimes pour les coupables. Qu’on se le dise, la machette efficace qui décapite le crime reste le Droit. Pas la DGPS.

Les bébés noirs travaillent à l’arme blanche ( coupeurs de cannes ou coupeurs de crânes), semant la terreur avec le tranchant de leur haine parce qu’ils sont fabriqués par la crise socioéconomique. Leur forgeron s’appelle « misère », l’atelier de fabrique se trouve à Mpila. Ils sont made in Sassou.

Pillé par un clan, désindustrialisé, déscolarisé, appauvri, spolié , dépecé , cannibalisé , on s’étonne que le Congo accouche de Bébés Noirs, ces « déracinés de la croissance » alors que le pétrole coule à flot.

Souffrez qu’on vous rabâche les oreilles avec avec des théories durkheimièmes sur le suicide d’une société dont les membres s’échappent dans le néant de l’existence pour fuir les dures réalités sociales. La génération T (T pour Transition) surgie en 1990, sous le règne apocalyptique de Lissouba, Sassou et Kolélas n’a rien connu d’autre que « fureur et bruit ». On a semé le vent rn 1992, on récolte le typhon en 2025.

Couteaux entre les dents, les Congolais avide de sang crient « à mort les koulounas ! » alors qu’ils s’agenouillent dans les Eglises de réveil, nombreuses à Pointe-Noire et Brazzaville où on leur dit « Point tu ne tueras ! »

Roger Garaudy justifiait sa formation philosophique multidimensionnelle du fait d’avoir connu deux guerres mondiales, la première et la seconde. La génération T a connu tumulte et meute au point d’atteindre un niveau de haine juvénile ( jeunes de 25 ans en moyenne) jamais connue depuis les boucheries du 18 mars 1977.

Le petit Serge

Le général Serge Oboa, second couteau de Sassou est, selon les propres propos de Marion Mandzimba Ehouango, son « petit ». L’argument (à couper au couteau) est que le Petit Serge aurait eu les mains propres si on ne les lui avait pas salies (CQFD).

Quand on ne veut pas avoir les mains sales, répondit Garaudy à Sartre, il faut les couper. Selon certains, Sassou voudrait salir Oboa qu’il ne s’y prendrait pas autrement. C’est comme ça qu’on élabore des dossiers, depuis le sanglant traquenard fondateur du 18 mars 1977 quand on tailla en pièces Marien Ngouabi.

Politologue, Marion Mandzimba feint d’oublier que son « petit » possède l’ADN d’un faucon. Lui-même jadis chef de cabinet du ministre de la Défense Lékoundzou Iti Ossétoumba, du temps où il était du côté de la cognée , ferma les yeux sur les bombardements du Pool. Le ciel n’est jamais tombé.

Les enfants de Poto-Poto

On est tous natifs de Potal (sic), ça ne fait pas de nous tous des goujats ! Poto-Poto, il est vrai, est comptable des illusions perdues du Congo, de ses splendeurs, de ses décadences et de ses misères. Tracez les itinéraires des acteurs de la trempe de Yhomby, Henri Ossébi, Dieudonné Bantsimba, Roger Menga, Opimba, Zambila, Ferreol Ngassackys.. tout est chaotique, tout est fatras. Les fossoyeurs de la République viennent pour la plupart de l’arrondissement III.

Légitimité

On posa à Adrien Houabaloukou du CDI, sur quelle légitimité fondait-il son statut politique. « C’est quand j’ai lu les mains sales de Jean-Paul Sartre que j’ai eu le droit de m’opposer à l’imposture de Sassou. »

Sixième commandement

L’Episcopat congolais s’est mis en rupture de légitimité humaniste. L’Eglise est incapable d’opposer à Sassou la Loi mosaïque « Tu ne tueras pas. »

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Pourquoi Bafouakouaou ne prend pas modèle sur son homonyme L’Evêque Bienvenu dans Les Misérables de Victor Hugo ! Manamaika plaida pour l’eau du temps où il siégeait dans Le Niari. Mais tant est allée la cruche de la critique à la soupe, elle a fini par se casser.

Oubliée la théologie de la Libération chère à l’Eglise latino-américaine consistant à retenir la main qui frappe par l’épée. Les Congolais n’attendent plus rien du Tabernacle.

Rituel

On rapporte en Zambie un rite de réhabilitation. Le coupable d’un crime est convoqué cinq jour au centre du village où tout le monde lui rappelle tout le bien, même le plus infime, qu’il a fait dans son existence. Cet exercice collectif a pour effet de transformer le bandit. Son casier judiciaire est oublié. Né bon, l’individu redevient bon, grâce à la société. Au lieu de vindicte publique, pourquoi ne pas essayer la cérémonie zambienne chez les koulounas de nos quartiers. Chiche !

Photos

La DGSP se braque lorsqu’on filme ses nuits de cristal, ses exécutions sommaires. Qu’est-ce qui est plus horrible : tuer à bout portant des présumés bandits ou filmer au smartphone les crimes des « justiciers » ?

Quand vous ne voulez pas vos exécutions sommaires prises en images, alors ne les commettez pas !

Sous prétexte d’éliminer le banditisme, vous utilisez les méthodes des bandits. « Œil pour œil, dent pour dent » : à quoi s’attendre avec la loi du Talion si ce n’est une vendetta corse. Aux Etats-Unis, au lendemain des pendaisons, des crimes continuaient de se commettre. Conclusion, si la chaise électrique était dissuasive, L’Amérique serait un l’Eden. Or c’est loin d’être le cas. Bien au contraire.

Pour Robert Badinter, la guillotine n’avait jamais été la solution. Badinter fit mouche. On abolit la peine de mort. Même Sassou ne la mérite pas malgré le tombereau de massacres dont il est coupable et à côté duquel les Bébés Noirs sont blancs comme neige.

Mwana Potal

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