EXAMEN DE CONSCIENCE EN 100 QUESTIONS À UN PRÉSIDENT QUI S’ÉTERNISE AU POUVOIR

Occasion rare de le confronter à son propre héritage

Par Serge Armand Zanzaladenis christel sassou nguess
Monsieur le Président,
Après tant d’années au pouvoir, vient le temps du regard intérieur. Cette lettre n’est ni un réquisitoire ni un hommage, mais une invitation à la lucidité — un miroir tendu à celui dont le nom s’est confondu avec l’histoire du Congo.
Gouverner longtemps ne suffit pas à bien gouverner.
Le véritable bilan d’un chef d’État se mesure à la dignité de son peuple, à la solidité des institutions et à la prospérité partagée.
Or, face à la pauvreté persistante, au chômage, à la corruption et à la désillusion, une question s’impose : qu’avez-vous fait du pouvoir qui vous a été confié ?
Cette lettre se veut un appel à la conscience et une invitation à réfléchir sur l’héritage politique, économique et moral que vous laisserez à la nation.
Pour accompagner cette réflexion, un questionnaire de cent questions vous est adressé — non pour accuser, mais pour comprendre.
Cent questions pour revisiter vos choix, vos promesses, vos silences, et vous permettre de vous confronter à votre propre héritage, face à l’Histoire et à votre peuple.
À défaut d’une lettre-réponse du Président, La Société Littéraire serait heureuse de recevoir les courriers des Congolais, notamment de ses ministres sous forme de réactions et de témoignages publiés sur notre page. Car nous supposons que la gestion des affaires de l’État a été conduite de manière collégiale.
I. GOUVERNANCE ET POUVOIR (1–15)
1. Le Congo est-il aujourd’hui un État au service de son peuple ou au service d’un clan ?
2. Pourquoi, après tant d’années au pouvoir, la confiance entre gouvernants et citoyens est-elle aussi faible ?
3. Qu’est devenue la promesse de réconciliation nationale après les guerres civiles ?
4. Avez-vous le sentiment d’avoir bâti des institutions solides ou des institutions dépendantes de votre personne ?
5. Pourquoi tant de décisions majeures se prennent encore sans consultation publique ni débat parlementaire réel ?
6. Pourquoi les Congolais ont-ils peur de critiquer leur gouvernement ?
7. Comment expliquez-vous que l’alternance politique demeure impossible après 40 ans de règne ?
7. Qu’avez-vous fait pour garantir une véritable séparation des pouvoirs au Congo ?
9. Pensez-vous qu’un État fondé sur la peur et la loyauté clanique puisse durer ?
10. À quoi sert le pouvoir si le pays reste pauvre et divisé ?
11. Pourquoi la corruption persiste-t-elle malgré les discours de moralisation ?
12. Quelle part de responsabilité assumez-vous dans la faiblesse actuelle des institutions publiques ?
13. Que restera-t-il du Congo lorsque vous ne serez plus là ?
14. Que pensez-vous du fait que tant de Congolais voient votre pouvoir comme une confiscation de la République ?
15. L’histoire retiendra-t-elle votre passage comme une ère de construction ou de stagnation ?
II. ÉCONOMIE ET GESTION DES RESSOURCES (16–35)
16. Comment expliquer que le Congo, riche en pétrole, soit encore si endetté ?
17. Pourquoi les infrastructures publiques sont-elles en si mauvais état malgré des décennies de revenus pétroliers ?
18. Où est passée la richesse nationale ?
19. Pourquoi la pauvreté s’aggrave malgré la croissance annoncée ?
20. À qui profite réellement l’exploitation pétrolière et minière du Congo ?
21. Comment se fait-il que le pays dépende encore presque exclusivement du pétrole ?
22. Pourquoi le pays importe-t-il encore la majorité de ses produits alimentaires ?
23. Quelle politique agricole durable avez-vous mise en place ?
24. Quelle part du budget de l’État est consacrée à la santé et à l’éducation comparée aux dépenses militaires ?
25. Le Congo produit-il pour consommer ou consomme-t-il ce que les autres produisent ?
26. Pourquoi les entreprises publiques sont-elles chroniquement déficitaires ?
27. À quand une véritable politique industrielle nationale ?
28. Pourquoi la jeunesse diplômée n’a-t-elle pas d’emploi stable ?
29. Pourquoi l’État peine-t-il à payer régulièrement ses fonctionnaires ?
30. Qu’est-ce qui justifie le recours répété aux eurobonds et à la dette extérieure ?
31. Quelle est la transparence réelle des marchés publics ?
32. Comment justifier la fuite massive des capitaux ?
33. Quelles leçons tirez-vous de la faillite de projets comme la Zone économique spéciale d’Oyo ou de Pointe-Noire ?
34. À quoi sert la dette si elle ne finance pas la production ?
35. Le Congo peut-il encore se développer sans réformes économiques profondes ?
III. SOCIÉTÉ ET QUALITÉ DE VIE (36–50)
36. Le peuple congolais vit-il mieux aujourd’hui qu’il y a quarante ans ?
37. Pourquoi les hôpitaux manquent-ils toujours de médicaments et d’équipements ?
38. Quelle explication donnez-vous à la mortalité maternelle encore élevée ?
39. Pourquoi l’accès à l’eau et à l’électricité reste-t-il un luxe dans certaines régions ?
40. Pourquoi tant de routes construites se dégradent en quelques mois ?
41. Comment justifiez-vous la pauvreté persistante dans les zones rurales ?
42. Pourquoi tant d’enfants sont encore hors du système scolaire ?
43. Quelle est la politique du logement pour les familles modestes ?
44. Qu’avez-vous fait pour moderniser le système éducatif ?
45. Les jeunes femmes congolaises ont-elles aujourd’hui plus d’opportunités que leurs mères ?
46. Pourquoi les Congolais meurent-ils faute de soins accessibles ?
47. Que signifie « développement » si les citoyens n’en ressentent pas les effets ?
48. Le Congo est-il un pays où il fait bon vieillir ?
49. Pourquoi tant de familles survivent grâce aux transferts d’argent de la diaspora ?
50. Quelles réponses concrètes avez-vous apportées au désespoir social des jeunes ?
IV. JEUNESSE, ÉDUCATION ET EMPLOI (51–65)
51. Comment expliquer que tant de jeunes diplômés soient au chômage ?
52. Quelle formation professionnelle prépare réellement les jeunes aux métiers d’avenir ?
53. Pourquoi les universités manquent-elles de moyens et de recherche ?
54. Quelle politique avez-vous mise en place pour retenir les talents congolais au pays ?
55. Pourquoi la diaspora est-elle perçue comme une menace plutôt qu’un atout ?
56. Combien d’emplois durables ont été créés en vingt ans ?
57. Comment justifiez-vous que des diplômés conduisent des taxis pour survivre ?
58. Quelle est la stratégie du gouvernement pour réduire la fuite des cerveaux ?
59. Pourquoi la jeunesse a-t-elle perdu foi en l’avenir national ?
60. Quelle place occupe la méritocratie dans la promotion des jeunes cadres ?
61. Quelle vision avez-vous de l’université congolaise du XXIe siècle?
62. Pourquoi les programmes d’éducation civique ont-ils disparu des écoles ?
63. Que répondez-vous à une génération qui ne croit plus aux promesses politiques ?
64. Le Congo est-il prêt à investir dans une économie numérique et créative ?
65. Quelle trace souhaitez-vous laisser dans la jeunesse congolaise?
V. JUSTICE, DROITS ET GOUVERNANCE ÉTHIQUE (66–80)
66. La justice congolaise est-elle réellement indépendante ?
67. Pourquoi les prisonniers politiques existent-ils encore ?
68. Quelle valeur a la Constitution si elle est modifiée selon les circonstances ?
69. Quelle protection est offerte aux lanceurs d’alerte et aux journalistes ?
70. Pourquoi les crimes économiques restent-ils impunis ?
71. Quelle institution contrôle la transparence du patrimoine des dirigeants ?
72. Le Congo est-il un État de droit ou un État d’hommes puissants?
73. Pourquoi tant de procès semblent écrits d’avance ?
74. Que pensez-vous du classement du Congo dans les indices internationaux de corruption ?
75. Avez-vous conscience que l’absence de justice mine la confiance et la paix sociale ?
76. Quelle est votre définition de la liberté d’expression ?
77. Qu’avez-vous fait pour protéger les droits humains des plus faibles ?
78. Pourquoi la justice coûte-t-elle si cher au citoyen ordinaire ?
79. Pourquoi tant de magistrats et d’avocats fuient-ils le système judiciaire ?
80. Quel sera votre héritage moral dans la mémoire du Congo ?
VI. POLITIQUE ÉTRANGÈRE ET IMAGE DU CONGO (81–90)
81. Quelle image le Congo projette-t-il aujourd’hui dans le monde ?
82. Pourquoi le pays dépend-il autant de l’aide extérieure ?
83. Le Congo est-il encore un État souverain ou un client des puissances étrangères ?
84. Quelle place accordez-vous à la coopération africaine réelle, au-delà des discours ?
85. Pourquoi les relations franco-congolaises semblent-elles toujours inégales ?
86. Quelles retombées concrètes les Congolais tirent-ils de vos nombreux voyages officiels ?
87. Pourquoi les diasporas congolaises sont-elles rarement associées à la diplomatie nationale ?
88. Quelle est la stratégie du Congo face aux transitions énergétiques mondiales ?
89. Comment justifiez-vous la marginalisation du Congo dans certaines institutions africaines ?
90. Quelle contribution réelle le Congo apporte-t-il à la stabilité régionale ?
VII. AVENIR ET RESPONSABILITÉ HISTORIQUE (91–100)
91. Que diront les générations futures de votre gouvernance ?
92. Le Congo que vous laissez est-il plus fort qu’à votre arrivée ?
93. Quelle vision avez-vous du Congo après vous ?
94. Pourquoi ne pas préparer la relève politique de manière apaisée?
95. Qu’avez-vous fait pour unir durablement le Nord, le Sud et le Centre du pays ?
96. Qu’avez-vous fait de la promesse d’un Congo émergent ?
97. Quelle politique de transition écologique avez-vous initiée ?
98. Que ressentez-vous en voyant des millions de Congolais vivre sans espoir ?
99. Pensez-vous avoir gouverné pour le peuple ou pour le pouvoir ?
100. Si vous étiez un citoyen ordinaire, seriez-vous fier du Congo d’aujourd’hui ?
Serge Armand Zanzala, Écrivain, chercheur, citoyen engagé, Directeur de La Société Littéraire, Initiateur du projet Kongo Ya Sika










































































































































































































































































































































































































