Congo-Brazzaville : Collinet Makosso expose son incapacité.

𝗖𝗼𝗻𝗴𝗼-Brazzaville  : 𝗖𝗼𝗹𝗹𝗶𝗻𝗲𝘁 𝗠𝗮𝗸𝗼𝘀𝘀𝗼 𝗲𝘅𝗽𝗼𝘀𝗲 𝘀𝗼𝗻 𝗶𝗻𝗰𝗮𝗽𝗮𝗰𝗶𝘁𝗲́

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𝗚𝗵𝘆𝘀 𝗙𝗼𝗿𝘁𝘂𝗻𝗲́ 𝗗𝗢𝗠𝗕𝗘 𝗕𝗘𝗠𝗕𝗔

Avant de s’envoler pour un long périple qui le conduit dans cinq pays, le premier ministre Anatole Collinet Makosso (ACM) a signé la circulaire n°250002/PMCG-CAB à destination des membres du gouvernement. Cette circulaire interroge le plan administratif dans le contexte institutionnel et stratégique de la fin du mandat 2021–2026.

Un acte d’injonction managériale tardif dans un cycle de pouvoir finissant. Voilà comment on peut qualifier la circulaire de ACM qui demande aux ministres de transmettre, au plus tard le 30 août 2025, un bilan consolidé des actions menées par leur département sur la période 2021–2026. Si, en apparence, il s’agit d’une exigence de redevabilité administrative classique, le timing et la formulation révèlent une crispation du centre exécutif dans un contexte de fin de cycle politique.

En effet, le délai imparti (40 jours) à la veille des échéances électorales affirme une volonté de centralisation et de recentralisation du récit gouvernemental. ACM, dont la légitimité est affaiblie par une incapacité de pilotage de l’appareil gouvernemental, tente ici de reprendre la main sur le pilotage stratégique de l’action gouvernementale à travers une opération de synthèse descendante. Cette requête, bien qu’habillée du langage administratif, fonctionne comme une convocation de légitimité. ACM somme chaque ministre de démontrer sa performance passée comme condition de survie politique future. Il s’agit d’un acte à la fois bureaucratique et politique, visant à établir les contours d’une narration de réussite collective dans un contexte de grande incertitude institutionnelle. Or, nombre de personnes pensent qu’ACM a fait allégeance à plus d’un clan pour conserver son poste depuis 2022. Mais cela ne s’avère plus suffisant face à l’évolution de la situation socio-économique. Sa gouvernance a suscité un rejet dans les milieux du pouvoir clanique. Seule la corde tenue par le trio Sassou-Mvouba-Anto maintient le pendu Makosso désormais.

𝗨𝗻𝗲 𝘁𝗲𝗰𝗵𝗻𝗼𝗰𝗿𝗮𝘁𝗶𝗲 𝗱𝗲 𝗹’𝗶𝗹𝗹𝘂𝘀𝗶𝗼𝗻 𝗲𝗻𝘁𝗿𝗲 𝗮𝗯𝘀𝗲𝗻𝗰𝗲 𝗱𝗲 𝗰𝗿𝗶𝘁𝗲̀𝗿𝗲𝘀 𝗲𝘁 𝗮𝗯𝘀𝗲𝗻𝗰𝗲 𝗱𝗲 𝗺𝗲́𝘁𝗵𝗼𝗱𝗲𝘀

La circulaire requiert la production d’un bilan des « activités principales réalisées », des « résultats effectivement obtenus » et des « objectifs atteints ». Or, non seulement aucun référentiel d’évaluation, aucune grille méthodologique, ni critère d’impact, d’efficience ou d’alignement stratégique n’ont été précisés, mais, pire que cela, le passage au budget-programme en 2024 souligne l’inanité d’une telle approche. Cela traduit une forme d’auto-évaluation libre, où chaque ministre produira probablement un document à visée plus narrative que décisionnelle, dans un contexte de grande hétérogénéité des capacités administratives entre ministères. L’évaluation n’est pas ici conçue comme un outil de pilotage rationnel, mais comme un instrument de production symbolique d’un « bilan de gouvernance » à usage interne ou international (BAD, FMI, BEAC, etc.). Cette méthode entretient l’illusion d’une Primature évaluatrice, alors que dans les faits, la culture du résultat reste embryonnaire dans la sphère politico-administrative congolaise. Aucun mécanisme de contre-vérification, de redevabilité croisée (ex. : audit croisé entre ministères ou benchmarking intersectoriel) n’est prévu.

𝗨𝗻 𝗴𝗲𝘀𝘁𝗲 𝗱’𝗲́𝗰𝗿𝗶𝘁𝘂𝗿𝗲 𝗽𝗼𝗹𝗶𝘁𝗶𝗾𝘂𝗲 𝗮𝘂 𝘀𝗲𝗿𝘃𝗶𝗰𝗲 𝗱𝘂 𝗳𝘂𝘁𝘂𝗿 𝗿𝗲́𝗰𝗶𝘁 𝗽𝗿𝗲́𝘀𝗶𝗱𝗲𝗻𝘁𝗶𝗲𝗹

L’aspect le plus stratégique de la circulaire réside dans son utilité pour le pouvoir. En exigeant des bilans ministériels couvrant la période complète du mandat 2021–2026, ACM prépare les fondements d’un topo présidentiel, qui servira de socle à une potentielle reconduction du régime ou à la légitimation d’une transition autorégulée.

Ce que le texte ne dit pas, mais que la temporalité suggère, c’est que la compilation de ces bilans ne vise pas à guider des réformes, mais à construire un récit d’achèvement, à finaliser un cycle narratif du régime Sassou, où les « résultats » des ministères seront agencés dans l’espoir de démontrer la stabilité, l’efficacité et la continuité. Dès lors, la circulaire est un instrument d’écriture du pouvoir, une mise en archive anticipée du régime en quête de justification historique. Elle ne vise pas à piloter l’action publique, mais à produire un effet de clôture – un « dernier mot » institutionnel. Ladite circulaire ne doit pas être lue comme une simple procédure administrative. Elle constitue un acte stratégique de mise en forme symbolique du pouvoir, dans un contexte de fin de règne marqué par la fragilité des équilibres internes de la majorité à travers ses clans structurateurs et la nécessité de produire une mémoire espérée légitime de l’action gouvernementale.

La Primature, à travers son injonction bureaucratique, annonce en creux la dérive d’un État vers une gouvernance de l’écrit performatif, où l’acte de rapporter devient plus important que l’acte de transformer. Consécration de la politique-spectacle loin des besoins réels du social, les rêveurs du pouvoir n’acceptent pas que, y compris pour M. Sassou lui-même, l’heure de tourner la page soit arrivée. Ce périple qui coûtera énormément  d’argent ne devrait pas l’être si le pays était géré selon les règles de l’art. Les fanatiques retorqueront, qu’ACM va négocier les fonds et faire du lobbying… Faux, le Congo n’a pas de problèmes d’argent mais plutôt, de technicité, de patriotisme, de conscience professionnelle. Comment un État en crise peut-il par exemple inviter plusieurs chefs d’États et autres pour les festivités de l’indépendance ? Trouver l’erreur ! Pour sauver le Congo, il faut des mesures fortes :

▪Renouvellement de l’appareil technocratique; -Rapatriement des fonds planqués çà et là, comme le proposait le conseil épiscopal des évêques ;

Rigueur budgétaire ;

▪Réduction de 40% des émoluments des ministres, parlementaires, des membres des institutions et des conseillers ;

▪Payement des émoluments de tous les citoyens en banque ; -suppression des dépenses de prestiges;

▪Etc.

𝗚𝗵𝘆𝘀 𝗙𝗼𝗿𝘁𝘂𝗻𝗲́ 𝗗𝗢𝗠𝗕𝗘 𝗕𝗘𝗠𝗕𝗔

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