“OPERATION KULUNA dit Bébés noirs ” et après ….?

Guy Milex M’BONDZI

Tribune

 

Voici pourquoi il est nécessaire d’avoir une loi sur la machette, d’interdire de façon draconienne la vente des tramadols et du chanvre au Congo-Brazzaville  (Par Guy Milex M’BONDZI)

Par Guy Milex M’BONDZI

Le mardi 28 Octobre 2025, le Ministre d’Etat, Ministre du Commerce, des approvisionnements et de la Consommation, Alphonse Claude N’Silou, a pris une note circulaire suspendant l’importation des machettes au Congo-Brazzaville. Si cette décision a été saluée par une bonne partie de la population, force est de constater que sur les réseaux sociaux plusieurs activistes, deux ou trois journalistes y compris, l’ont critiqué. Depuis, des  réactions fusent de toute part.

Et comme si cela ne suffisait pas, certains ont poussé l’outrecuidance jusqu’à critiquer voire vilipender votre humble serviteur qui, depuis quelques mois, fait – à travers les médias – la proposition d’une loi sur la machette au Congo-Brazzaville. A ce propos, afin d’éviter que les uns et les autres aillent dans tous les sens et d’éclairer la lanterne publique, nous avons jugé bon d’expliquer l’importance vitale d’une telle loi pour le pays.

Mais avant toute chose, qu’il nous soit permis de mettre un terme à cette polémique puérile en rappelant à l’opinion nationale que le Ministre d’Etat, Alphonse Claude N’silou, n’a pas ordonné l’interdiction définitive de l’importation des machettes, mais seulement sa suspension jusqu’à nouvel ordre ; et que dans la même logique, nous n’avons pas, non plus, parlé d’une interdiction définitive, mais plutôt de l’adoption d’une loi qui encadrerait l’importation, la vente et l’acquisition des machettes en République du Congo. Une telle loi fixerait des règles claires et précises à l’importateur, au vendeur et à l’acheteur des machettes ; elle viserait à empêcher que ces outils de travail ne se retrouvent aux mains des personnes malveillantes.

La machette, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, a occasionné et continue de causer (aux mains des jeunes délinquants dits bébés noirs) des crimes, des mutilations, des plaies béantes, des cicatrices, des atrocités de tout genre, et par conséquent ne devrait plus être regardée et aimée comme un instrument innocent, mais comme une arme qui fait des ravages, et traitée comme telle. Figurez-vous que ces dernières années le nombre de citoyens qui sont passés de vie à trépas, c’est-à-dire envoyés sous terre, à coups de machettes, est allé crescendo en République du Congo. Ceci étant dit, la détention et le port de la machette font désormais peur, traumatisent, et sont devenus très dangereux pour les citoyens et les étrangers au Congo-Brazzaville. D’autant plus dangereux qu’il s’agit pour ces jeunes de leur arme de prédilection voire du symbole même du type de banditisme auquel ils font partie et dont ils sont les adeptes.

Pour avoir travaillé à la conscientisation des délinquants par le canal de l’Association Congo Uni, à leur réinsertion sociale et au ramassage des machettes utilisées par ces derniers dans le but de les remettre à la force publique, j’ai personnellement mesuré le lien intime d’un bébé noir avec sa machette ainsi que la difficulté qu’éprouve celui-ci pour s’en séparer. Pour un bébé noir, restituer sa machette ou s’en débarrasser, équivaut à se séparer d’une partie de lui-même. Il y a lieu de s’interroger si cette obsession pour la machette n’est pas devenue un envoutement collectif.

Nos détracteurs soutiennent que les bébés noirs utilisent également les haches, les arrache-clous, etc., chose que nous ne démentons nullement. Cependant, il n’en demeure pas moins vrai que leur arme privilégiée est la machette, c’est à elle qu’ils s’identifient et c’est avec elle qu’ils sévissent la plus part des temps. Et cela est connu. D’ailleurs, dans leurs milieux, ne prétend être bébé noir que celui qui possède une machette, celui qui sait fort bien s’en servir au combat ou qui s’en est déjà servi pour blesser gravement ou tuer.

En considérant tout ce qui précède, ce serait ne rien dire sur la machette ou ne rien faire contre elle, qui serait totalement inadmissible pour un Etat qui se respecte et qui tient à sa dignité. On ne peut pas, d’un côté, être en train de traquer ou tuer les bébés noirs, de détruire leurs habitations familiales, et de l’autre, rester muet sur leur arme favorite, celle qui leur a permis de commettre tant de forfaits.

Inutile de rappeler ce que, du reste, tout le monde sait, qu’à mesure qu’une société évolue ou se dégrade, de nouvelles lois sont prises et il en va de la survie de ladite société. D’ailleurs, il nous faut arriver dans ce pays à un stade où, si les forces de sécurité, lors d’une fouille ou d’une perquisition, tombent sur une machette, il faudrait dans ce cas que de véritables explications soient données ainsi que des documents, autorisant la détention ou le port d’un tel instrument, présentés. Autrement, ce serait la prison. Cette loi proposée ménagerait les agriculteurs qui utilisent la machette à bon escient et leur fixerait certaines règles strictes à respecter.

Sur les réseaux sociaux, il y en a qui également ont évoqué la raison selon laquelle dans la liste de la dote, lors de nos mariages coutumiers, il est demandé une machette à l’époux. Ainsi, disent-ils, suspendre son importation serait préjudiciable à nos us et coutumes. Tout porte à croire que pour nos détracteurs il serait tout à fait logique de continuer à laisser les machettes circuler, de laisser libre court à qui veut s’en procurer de le faire aisément afin de pérenniser une certaine tradition. Quelle irresponsabilité !

Pour votre information, dans le symbolisme, voire la cosmogonie, l’épée (la famille à laquelle appartient la machette), est le symbole de la planète Mars, celle de la guerre. Il est donc en opposition avec la planète Vénus, celle de l’amour, dont le symbole est la Rose, mais aussi le Miroir. Comment donc peut-on encore à ce jour continuer à demander la machette dans la liste d’une dote censée honorer l’Amour ? Curieusement, les mêmes personnes sont surprises que quelques temps ou années plus tard (après la célébration desdits mariages coutumiers), que les époux et les épouses se déclarent la guerre mutuellement, guerre à laquelle s’invite parfois la machette, et que les beaux-parents finissent par leur emboiter le pas. On peut donc, si on le souhaite, remplacer la demande de la machette dans la liste de la dote par celle du miroir en face duquel d’ailleurs, chaque époux et épouse, pourrait mirer sa conduite attentivement. Qui vous a dit que la tradition doit rester statique ? Au contraire, elle peut – et doit évoluer. C’est une proposition que nous faisons à tous les Nzonzis du Congo-Brazzaville.

Pour ce qui est des tramadols, il s’agit d’un analgésique opioïde puissant (un antidouleur) prisé par les bébés noirs. Lorsque ces derniers les prennent, ils se sentent invincibles et ne craignent plus rien, sauf la pluie. Car, celle-ci peut leur emmener à des convulsions et à une perte de connaissance momentanée. C’est sans compter que la dépendance à la consommation des tramadols fait en sorte que lorsque ce produit vient à manquer dans le corps, cela rend le consommateur habituel presque malade. Cette addiction l’entraîne à recourir à des extorsions quand il est sans argent, tout en sachant que la poursuite de tels comportements l’expose à plusieurs dangers, dont la prison. La vente des tramadols à la cité doit donc continuer à être strictement interdite. Aussi, tout contrevenant devrait logiquement aller en prison. Les tramadols sont des produits qui doivent uniquement être vendus en pharmacie à des doses très faibles ; l’acheteur doit en avoir une prescription médicale, donc une ordonnance. Nous profitons de cette tribune pour demander à l’ordre des pharmaciens du Congo, de faire la proposition d’un autre médicament, vendu dans les conditions précitées, capable de remplacer les tramadols sur le marché, question de faire oublier dans l’esprit de ces jeunes délinquants, l’idée de ce produit.

La vente du chanvre, sa consommation et, surtout, à l’intérieur des fumoirs, doivent continuer à être purement et simplement interdite. Tout transgresseur doit être jeté en prison. Car, la consommation du chanvre, des tramadoles, le port et la détention des machettes, fait naître des bébés noirs. Prendre des mesures draconiennes sur ces quatre choses équivaudrait à prévenir et mettre progressivement un terme à ce phénomène, et à favoriser la réinsertion sociale des jeunes moins atteints.

Par Guy Milex M’BONDZI

 

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