Congo-Brazzaville : une fête d’indépendance sous perfusion populiste

Photo Nelson DIELE

 

BM

Au Congo-Brazzaville, le pouvoir vacille, enlisé dans une crise économique sans précédent. Les causes sont connues : une corruption galopante, une gestion opaque des recettes fiscales, et une élite dirigeante qui semble plus préoccupée par ses privilèges que par le sort du peuple. Le pays s’effondre lentement, pendant que les lobbies autour du président s’enrichissent. Même le Premier ministre, Anatole Collinet Makosso, et son entourage semblent avoir succombé aux délices du système. À croire que la corruption est devenue un mode de gestion de l’État.*

Pourtant, en pleine débâcle économique, le pouvoir a choisi d’ignorer les signaux rouges. À l’occasion des célébrations de l’indépendance, des milliards ont été engloutis pour organiser une fête que l’on a voulu “populaire”, dans une tentative désespérée de démontrer la supposée popularité du chef de l’État. Cette mise en scène masque mal une réalité de plus en plus insupportable et constitue un mépris et une humiliation pour le peuple.

Voici ce que les Congolais vivent au quotidien :

– Des coupures d’électricité récurrentes ;

– Une eau impropre à la consommation quand elle est disponible ;

– Un système de santé au bord de l’effondrement ;

– Un taux de mortalité jamais atteint dans l’histoire récente du  pays ;

– Un chômage massif et endémique, surtout chez les jeunes ;

– Une insécurité inquiétante, surtout dans les centres urbains.

Pendant que l’on distribue des pagnes et des billets de cinq mille francs pour animer les rues des quartiers nord de Brazzaville, les pensions des retraités ne sont pas payées, et même les agents de la présidence et du Sénat attendent leurs salaires. Le peuple observe, abasourdi, humilié, souvent silencieux, parfois résigné

Plus grave encore : les abus policiers sont devenus la norme. L’humiliation des populations, au lieu d’être l’exception, est désormais le mode de gestion du quotidien.

Face à ce tableau, on s’interroge : s’agit-il d’une faillite ou d’un sabotage ? D’une négligence ou d’un mépris assumé ? Le sentiment d’abandon est profond. À ce rythme, le destin du peuple congolais semble rejoindre celui du peuple d’Israël opprimé en Égypte. Mais comme dans cette histoire, une délivrance viendra, elle viendra de la lucidité, de la mobilisation, et du courage collectif.

Congolais, il est temps de regarder la réalité en face. Il est temps d’agir ;

Jusqu’à quand allons-nous tolérer l’insoutenable ? Jusqu’à quand allons-nous accepter cette comédie populiste pendant que le pays sombre ? L’heure n’est plus à l’indifférence. Elle est à la prise de conscience collective. Le silence devient une complicité.

L’Histoire jugera.

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