UN PROJET DE COUP D’ÉTAT AU CONGO-BRAZZAVILLE…PAR FACEBOOK EVENTÉ ET DÉJOUÉ PAR LE PROCUREUR DE LA RÉPUBLIQUE

Félix Bankounda-mpele
Ce n’est pas un gag ! On aura tout vu, tout entendu, tout subi au pays du DESPOTISME NOIR ET INFERNAL ! C’est le procureur de la République en personne, surnommé par les Congolais “Petit procureur”, en raison de son acharnement, de sa pugnacité, non pas à exercer son métier de façon indépendante, non pas à se saisir de la situation des proches de Sassou-Nguesso poursuivis dans plusieurs capitales occidentales (USA, France, Portugal, Suisse, Grands Bretagne notamment) pour blanchiment massif d’argent, mais plutôt à traquer les opposants non-choisis au pouvoir de Brazzaville, essentiellement dans le contexte électoral. Car, au pays de la dictature flamboyante, la compétition politique est réduite à un coubertinisme électoral cru (cf notre réflexion : “Congo : au paroxysme du coubertinisme électoral”, in Mediapart, 17 septembre 2017), depuis le retour criminel au pouvoir de Sassou-Nguesso en 1997, accompagné et installé par des forces financières et militaires étrangères.
Puisque “l’homme fort” ne peut absolument gagner aucune élection et que, selon de nombreux Congolais et de manière sérieuse, même un candidat-chien le battrait à plate couture, un authentique marché économiquo-politique, illustrant parfaitement ce que le politoloque français Jean-François Bayard avait si bien appelé “la politique du ventre”, a été mise en place, pour assurer la pérennité du despote au pouvoir. Autrement dit, globalement, ce ne sont pas des entreprises politiques (partis politiques) qui se trouvent au Congo mais des entreprises économiques déguisés en partis politiques ! Et, le procédé n’est pas très compliqué : lesdits partis politiques ne se réveillent qu’au moment des consultations électorales, et doivent évidemment être sélectionnés par le pouvoir en place et ses relais, après avoir convenu au préalable et en coulisses bien entendu de la comédie à jouer. L’on comprend aisément le lourd risque couru par les partis ou personnalités qui ne rentrent pas dans le moule méticuleusement construit par les ‘experts’ du pouvoir en place, déjà classés dans la terminologie bien orientée d’ “opposition radicale”, c’est-à-dire susceptible de muter en conspirateurs contre l’ordre établi ! Et, le piège plane toujours, se reproduit quasiment à chaque consultation électorale, comme une épée de Damoclès. Pour bien contrôler les ‘choisis’ et mettre sous pression les éventuels candidats incontrôlables, tout en suscitant ou réanimant toujours le sort/souvenir de ceux qui ont été des candidats réfractaires : la poursuite pour atteinte à la sûreté de l’État, puis la prison, quand ce n’est pas carrément le risque de se retrouver à quelques mètres sous terre ! Toutes ces hypothèses sont bien illustrées, depuis le retour de son excellence le despote, et sont en réchauffement, à moins d’un an de la nouvelle farce électorale !
Tout de même, on s’attendait à tout, sauf à une conspiration par le biais de Facebook ! C’est ce qu’annonce clairement, sans rire, le procureur de la République Oko Ngakala dans cette déclaration solennelle : “un projet d’appel à l’insurrection pour le 10 juillet avait été publié sur Facebook par les précités…” !
Qu’avons-nous fait à la nature pour tomber si bas, pour suivre et subir frénétiquement pareilles ignominies !
Suivez-le sulfureux procureur, s’il vous plaît…




























































































































































































































































































































































































































































































