DÉCLARATION DE LA FOC SUR LES VIOLENCES POLITIQUES EN RÉPUBLIQUE DU CONGO
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66 ANS D’INDÉPENDANCE – 66 ANS D’INTOLÉRANCE – 66 ANS DE VIOLENCE
FOC
Fin 2025 et début 2026, le Président Denis SASSOU NGUESSO a reçu successivement, la visite de deux anciens Chefs d’État à Brazzaville: Joachim CHISSANO du Mozambique et Nana AKUFO ADO du Ghana. Symbole de la vitalité de l’alternance politique dans ces deux pays africains. Au Congo, notre pays en revanche, sur cinq anciens Présidents de la République, aucun n’a connu une retraite paisible.
Marien NGOUABI et Alphonse MASSAMBA DÉBAT ont été assassinés, tandis que Fulbert YOULOU, Joachim YHOMBY OPANGO et Pascal LISSOUBA, chassés du pouvoir, jugés, condamnés et contraints à l’exil, sont décédés à l’étranger, et inhumés sans hommages de la Nation.
Même les trois officiers des FAC ayant assumé, à l’occasion de certaines crises politiques, les fonctions de Chef d’État par intérim (il s’agit du Colonel David MOUNTSAKA en Août 1963, du Capitaine Augustin POIGNET en juillet-août 1968 et Alfred RAOUL de septembre à décembre 1968), ont connu tour à tour, le sort cynique des arrestations et condamnations à de lourdes peines, avec des années d’emprisonnement ferme à la maison d’arrêt de Brazzaville, suivies de l’exil pour Augustin POIGNET.
Dans cette atmosphère de violence sans limite, les hommes d’église et les artistes, n’ont pas été épargnés, tels le Cardinal Émilie BIAYENDA en mars 1977 et le musicien Franklin BOUKAKA, lâchement assassinés.
Ainsi, l’intolérance et la violence politiques, ont rythmé sans répit, les 67 ans d’indépendance de notre pays. La Conférence Nationale Souveraine (CNS) a estimé à plus de 3.000 le nombre de victimes de l’intolérance et la violence politiques, en 27 années de gouvernance du monopartisme, de 1964 à 1991.
Comme si ce bilan macabre ne suffisait pas, il a fallu que de 1993 à 1998, trois guerres civiles meurtrières, toujours sur les enjeux du pouvoir d’État, portent à plus de 400.000, le nombre des victimes de l’intolérance et la violence politiques. Les violences politiques ont ainsi fauché la vie à près d’un dixième de la population congolaise, en un demi-siècle d’indépendance du Congo.
Hélas ! La fin tragique du mandat de cinq ans du Président Pascal LISSOUBA, par le déclanchement de la deuxième guerre civile du 5 Juin au 25 octobre 1997, et le retour au sommet de l’État par les armes du Général Denis SASSOU NGUESSO, n’ont pas arrêté l’intolérance et la violence politiques dans la gouvernance du pays.
Car depuis lors, chaque échéance électorale de l’élection présidentielle, au lieu d’être comme dans toutes les véritables démocraties du monde, des moments de ferveur et de saine compétition, offerts au peuple pour choisir celui qui va présider à son destin pour un temps déterminé, est devenue pour notre pays, l’occasion d’opérations militaristes d’exécutions sommaires de citoyens, par des troupes fanatisés et motivés, aux ordres de politiciens en mal de légitimité et de suffrages.
En effet, la décision de changer la Constitution en 2015 en vue d’un troisième mandat et une présidence à vie au sommet de l’État pour le Président du PCT, sera le point de départ de ces nouvelles formes de violences politiques, avec des victimes à Brazzaville, Pointe-Noire et particulièrement dans le 3
Département du Pool, totalement dévasté. De 2016 à 2021, chaque élection présidentielle a fait des victimes au sein de la population congolaise.
Un rebelle au nom de Frédéric BITSANGOU, alias Pasteur NTUMI, sorti de nulle part avec une milice armée on ne sait comment et par qui, sur les cendres des NINJAS du feu Président du MCDDI, Bernard KOLELAS, sert d’alibi à ces opérations militaristes du pouvoir contre les populations civiles du Pool, VICTIMES RÉSIGNÉES d’un véritable martyr, voire génocide.
Pendant que le Pasteur NTUMI, traité pourtant à une époque comme un rebelle, ayant défié armes à la main la République, jouit de sa liberté de mouvement, de tous ses droits politiques et civiques, deux citoyens, Jean Marie Michel MOKOKO, ancien chef d’État-Major des FAC, et André OKOMBI SALISSA, ancien Ministre, tous les deux candidats à l’élection présidentielle de 2016, arbitrairement condamnés à 20 ans de réclusion, sont à leur dixième année d’enfermement à la maison d’arrêt de Brazzaville.
C’est plutôt le rebelle, accusé des toutes les forfaitures dans le Pool, qui bénéficie de la magnanimité du Président du PCT, Président de la République. Dune telle logique, eh bien, comprenne qui pourra!
Aujourd’hui, à deux mois de l’échéance de l’élection présidentielle, les mêmes actes d’exactions contre les paisibles populations ont repris sur l’ensemble du territoire national, et particulièrement au Pool où le Pasteur NTUMI est une fois de plus le prétexte.
Avant de recourir à l’alibi de NTUMI, le prétexte de lutte contre le banditisme des ” BEBES NOIRS ” et autres ” KULUNAS ” a servi de point de départ. Dès lors il est légitime de porter un regard interrogatif sur diverses questions qui demeurent en suspens:
La première question évidente que soulève ces opérations militaristes d’une cruauté inouïe avec des exécutions sommaires, à bout portant en public des jeunes sans défense, est de savoir pourquoi tout un gouvernement en charge de la destinée du pays, ne s’est pas tout d’abord attaqué aux causes de cette délinquance juvénile, notamment la faillite scolaire et de l’emploi, avant de s’attaquer avec autant de brutalité aux effets ? Au demeurant, ces jeunes sont les victimes résignées des échecs accumulés pendant un demi-siècle de règne du PCT dans les domaines socio-économiques !
La deuxième question est de savoir pourquoi la mise en oeuvre de ces massacres des jeunes maintenant, à la veille d’une échéance politique sensible de l’élection présidentielle en mars 2026, alors que ce phénomène remonte à plus d’une dizaine d’années ?
La troisième question que posent ces massacres à grande échelle des jeunes est de savoir pourquoi les structures de la police et de la gendarmerie, compétentes dans la gestion et le traitement des problèmes de maintien de l’ordre et de sécurité intérieure, ont-elles été dessaisies, de ces opérations, pour les confier à un corps formé et équipé pour la sécurité du Président de la République ?
La quatrième question est celle de savoir ce que veut réellement le Président de la République, Denis SASSOU NGUESSO, dont les derniers discours ne cessent de marteler sur “LA PAIX ” ?
Mais de quelle PAIX donc, quand celle-ci est mise à mal par la DGSP, sa garde personnelle ?
Aujourd’hui, ces opérations militaristes destinées au départ, pour traquer des délinquants, les bébés noirs et autres kulunas, s’étendent aux traques des cyclomoteurs détruits et brûlés, à la démolition des domiciles des présumés familles des bandits, et comme par hasard, aux affrontements avec les milices de Monsieur NTUMI dans le Département du Pool.
Finalement, la paix invoquée par le pouvoir dans un tel contexte d’ordre coercitif et de militarisation à outrance de l’espace civil serait-elle une paix des cimetières?
Le Président du PCT, au sommet de l’État depuis 42 ans, cherche-t-il une chose en faisant son contraire en même temps, c’est à dire la PAIX et la GUERRE CIVILE, et à quel dessein ?
Il est contradictoire de parler de concorde nationale quand les instruments de l’État sont perçus comme des vecteurs de violence et d’intimidation envers les citoyens.
À l’instar des polices politiques historiques, l’omniprésence d’un appareil sécuritaire occulte, brise le contrat social et installe une peur systémique au sein de la population.
Partout où se mènent ces opérations macabres, les victimes se comptent par dizaines, sinon par centaines de morts.
À ces victimes, s’ajoutent les sans-abris dont les domiciles sont détruits, et surtout les populations des zones de violences dans le département du Pool,
contraintes de se réfugier dans les forêts, les savanes ou dans les villages voisins, à la frontière de la République Démocratique du Congo (RDC).
Pendant qu’au nom de l’ordre et de la sécurité, des jeunes de nos villages et quartiers, sont traqués et sommairement exécutés par la DGSP, sans procédure requise d’un État de droit, des citoyens sortis du néant, parce que proches parents, associés politiques ou en affaires du Président de la République, s’enrichissent en toute impunité, par le pillage en centaines, sinon en milliers de milliards de FCFA, du Trésor public.
Cette discrimination et cette injustice, entre les citoyens véreux qui pillent le trésor public d’une part, et tous les autres, condamnés à la misère et à la pauvreté d’autre part, n’interpellent-t-elles pas le Président de la République dans ses discours sur la PAIX ?
Face à ce climat de terreur volontairement mené dans le pays par la DGSP, la Fédération de l’Opposition Congolaise (FOC):
en appelle directement à la responsabilité de Monsieur le Président de la République, sous l’autorité duquel relève et opère ce corps; exige que soit mis fin et sans délai, à ces opérations qui prolongent dans notre pays, un climat de plusieurs décennies d’intolérance et de violence, contraire aux discours récurrents sans effet sur la paix et le vivre ensemble.
Au regard des faits, il est clair que le prix de la ” PAIX CHÈREMENT ACQUISE “, est en réalité une pseudo stabilité maintenue par l’effroi et la terreur absolue. Elle ne saurait être qualifiée de paix véritable ; elle n’est que l’absence de conflit ouvert, obtenue par l’étouffement des libertés fondamentales.
Lorsque la garde personnelle d’un dirigeant s’affranchit des cadres légaux pour opérer de manière arbitraire, la sécurité nationale s’efface au profit de la survie d’un régime.
Le Congo, notre pays, ne peux donc vivre en paix que si le PCT et son Président, détiennent sans fin, et contrôlent le pouvoir d’État. Le peuple congolais, usé et fatigué par près d’un demi-siècle de violences politiques et de promesses non tenues, demande au PCT, que sa dignité et la vie de ses enfants sacrifiés par la faillite socio-économique soient préservées.
C’est pourquoi la Fédération de l’Opposition Congolaise (FOC) en appelle à la conscience et à ses responsabilités devant la Nation, du Président Denis SASSOU NGUESSO, pour épargner au peuple des violences supplémentaires, en vue de son maintien au sommet de l’État, reitère, concernant l’élection présidentielle de mars 2026, ses exigences en deux points essentiels, à savoir:
La libération sans conditions des prisonniers politiques Jean Marie Michel MOKOKO et André OKOMBI-SALISSA, assortie d’une loi d’amnistie générale garantissant le libre retour en sécurité de nos compatriotes, arbitrairement condamnés ou contraints à l’exil à l’étranger pour leurs opinions politiques ;
1. La tenue d’un DIALOGUE NATIONAL INCLUSIF (pouvoir, opposition et société civile) dont découlera une véritable réconciliation nationale, une transition consensuelle et des élections libres, transparentes, équitables et démocratiques, unique gage pour la relance de la reconstruction d’un Congo dans L’UNITÉ, LE TRAVAIL ET LE PROGRÈS.
En conclusion, la Fédération de l’Opposition Congolaise (FOC), interpelle solennellement et personnellement, Monsieur le Président de la République, face à sa conscience et ses responsabilités devant le Peuple, la Nation, l’Histoire, pour que l’échéance de l’élection présidentielle de mars 2026, ne soit pas qu’une simple marche triomphale des militants fanatisés et motivés du PCT pour son maintien à la magistrature suprême, quoi qu’il en coûte, mais plutôt un haut moment pour lui, au terme de 42 ans de règne, de créer les conditions d’un large consensus national, en vue de la réconciliation du CONGO avec lui même, avec son peuple et avec son droit au développement et au progrès socio-économique, à l’épanouissement culturelle et au rayonnement international.
Brazzaville, le 20 janvier 2026
Pour le Bureau Politique de la FOC
LE PRÉSIDIUM




































































































































































































































































































































































































































































































