Les élites Congolaises ont-elles trahi le peuple ?

Jean-Claude BERI
Face à l’assistance pernicieuse du dépeçage de la société congolaise en pan bien réglé de toutes les structures économiques et financière du pouvoir en place en aurait dû s’attendre a une percée incroyable de l’Elite intellectuelle congolaise pour mener une révolution sociale. Mais tout ce petit monde converge vers une idée qui peut s’énoncer ainsi : il n’y a de moderne que la fuite en avant libérale. La révolution sociale conservatrice a gagné tous les esprits. Cette convergence est d’autant plus forte que l’élite actuelle court après la réussite sociale pas comme sous un privilège de naissance, ni même d’un rang social, mais d’un modèle culturel unique, qui forme un monolithe idéologique très puissant qui serait dominé par l’argent. Le poisson pourrit toujours par la tête, selon un proverbe chinois qu’aimait citer le président Marien NGOUABI paraphrasant MAO Cette image signifie que lorsqu’ une société ou une organisation humaine fonctionne mal, il faut en chercher la cause dans l’incurie ou l’incompétence de l’élite. (politique et intellectuelle)
Toutes les démocraties sont aussi des oligarchies ; elles ne peuvent fonctionner qu’avec des élites, mais celles-ci doivent être plurielles, ouvertes, contestées. Or le Congo-Brazzaville fait exception. L’arrivée au pouvoir de SASSOU, de la manière que nous connaissons tous a entraîné la disparition des élites conscients et pragmatiques et fait émerger une nouvelle élite bourgeoise, qui a fusionné avec la classe politique ethnocratie feodée avec le monde de l’entreprise. Ceci créant un monde ou la pensée de d’Etat a été supplantée par l’argent et l’estime régionale durant tout le règne de SASSOU comme nous l’observons. .
Elle s’est révélée incapable de moderniser le pays dans l’après-l prédation économique causée et la mondialisation. Essentiellement celle du Nord du pays et plus particulièrement ceux d’Oyo s’en fichent d’être un intello, elle est responsable de l’extinction de la croissance, du chômage de masse, de l’explosion de la dépense et de la dette publiques. Plus elle bloque l’économie et la société, plus elle revendique le monopole de la direction du pays, pourtant tout en sachant les limites de leur compétence. Les autres démocraties connaissent aussi une crise de leadership politique. Mais les élites sont diverses et soumises à la concurrence. La mondialisation ne produit donc pas de convergence des élites.
La spécificité Congolaise tient surtout à la détestation des élites envers la nation. C’est un trait fédérateur très troublant alors que, qu’au Ghana et plus proche de nous l’Angola, la crème du pays a le patriotisme chevillé au corps. Il faut se rappeler la tirade du plan de John Mahama pour relancer l’économie en 120 jours. De la suppression d’impôts à la protection de l’environnement en passant par l’amélioration de l’éducation, le président ghanéen élu, John Dramani Mahama, a dévoilé un programme basé sur des réformes structurelles pour relancer l’économie tout en répondant aux préoccupations immédiates des citoyens. Qu’avant_nous fait au Congo-Brazzaville ? Céder un pan aux pilleurs sans compétences, aux pilleurs venus détruire, aux aboyeurs aux belles paroles. Avec l’appui d’un groupe d’élites, John Dramani Mahama présente un programme destiné à répondre aux attentes pressantes des Ghanéens tout en posant les bases d’un redressement durable. Et ça marche ce n’est pas sorcier.
Nous avons les élites aptes et très pertinents pour sauver notre pays qu’on pourrait même dire de « vraie patrie des hommes d’affaires dont les idées innovent ». Il reconnaissait une autre nation que la modèle archaïque villageois de SASSOU. Toutes les élites ne l’expriment pas ainsi, mais beaucoup n’en pensent pas moins. On retrouve un peu dans le projet des 102 jour de John Dramani Mahama les idées innovatrice de Magloire NDOBA, un intellectuel pétrie d’humilité mais dont les idées pourraient remettre le Congo sur les rails.
Le pays a fait des avancées significatives dans la restructuration de sa dette publique et entamé des négociations pour traiter les euro-obligations. Selon le gouvernement, l’accord avec les détenteurs d’obligations internationaux a déjà permis au pays de réduire de 37% sa dette envers les créanciers privés.
Seulement avec une élite sectaire engluée dans la course au profit égoïste il ne serait pas exclu que ces efforts ne soient pas récompensés. Ces élites bien identifiées sont dans la course que « Qui vole plus »
De l’autre coté on assiste à une autre catégorie d’élite qui préfèrent baisser les bras et attendre que le peuple s’ne sortent tout seul. C’est un abandon, un prix au suicide collectif.
La réélection de Trump a été une sorte d’apocalypse au sens littéral du terme : non pas la fin du monde mais la révélation de quelque chose. Le chaos, qui était jusqu’alors l’arme des insurgés, est devenu hégémonique. Et nous avons basculé dans le monde des prédateurs. Comme le disait l’abbé Fulbert YOULOU, « Nous applaudirons des fous ‘’. Nous y sommes on applaudit les prédateurs, les violeurs, les pilleurs et « en enculent les intellectuels voila le Congo de SASSOU
Il y a bien sûr une logique. Mais la science politique des 30 dernières années serait tout à fait capable de l’expliquer. Pour la comprendre, il faut se tourner vers « la révolution du treillis ». Même en lisant Marien NGOUABI, on voit que les prédateurs comme SASSOU et OBA Pierre sont des personnages parfaitement typiques. D’une certaine façon, ils représentent la normalité de certaines culture MBOCHIS qui détruit le Congo. L’exception était plutôt la phase qui vient de se clore, où l’on a cru que les avocats et les technocrates pourraient toujours gouverner la société. Tous deviennent des vendus, chaque élite a un prix pour un séjour triomphal au Congo. Quitte à détourner les yeux devant les massacres, les vols à ciel ouvert, l’assassinat des institutions…
Dès qu’on est bien payés en ferme les yeux et les neurones ne fonctionnent que par pulsions monétaire. Ce n’est pas le peuple qui a trahi mess ce sont les élites qui détournent leur regard devant ce massacre économique et social à ciel ouvert.
Faut le dire, l’enseignement s’intègre, s’ingurgite en amont, c’est-à-dire Facultés des lettres, Sciences Eco et dans les écoles de commerce, gestion et autres. L’ENAM et autre ne sont que des écoles d’application d‘une idéologie faussée a la base. Le modèle de SASSOU NGUESSO est extrêmement formaté et clanisé, les nouveaux directeurs de ces écoles ont amplifié ce travers. Ils ont voulu faire « avec l’éducation », un projet d’endoctrinement. Heureusement la plupart des élites viennent de l’extérieur et auraient un regard différent de cette vision étriquée. Ne pouvant pas intervenir directement sur la réalité ils sont accusés de défaillants. Pour beaucoup ils ne le sont pas.
Le problème dépasse l’éducation ou les grandes écoles. Il est double. D’un côté, l’élite politico-administrative vit dans la nostalgie de l’économie administrée et de la société fermée ; elle ne comprend ni l’économie ni le monde modernes. De l’autre, une nouvelle élite pointe, mais n’a pas accès au pouvoir, et fait le choix de l’exil. L’erreur est là.
Aujourd’hui, nous sommes à nouveau dans un moment où les élites offensives se développent davantage que les élites défensives. Mais la difficulté de la défense est évidente ! Dès lors, nos ‐ petites républiques, nos grandes ou petites démocraties libérales risquent d’être balayées en emportant tout.
Nous sommes en train de vivre le choc de l’humiliation. C’est le choc d’une société congolaise désarticulée qui se réveille avec un nouvel « empereur dictatorial »; un pouvoir très différent, imprévisible et arbitraire lui tombe dessus, et elle se rend compte qu’elle n’était pas maitre de la société. Cette humiliation est actée, et elle est là pour durer. Nous n’allons pas en sortir rapidement. Mais elle pourrait être fructueuse dans la mesure où cela peut nous donner l’envie d’en sortir. En sera-t-on ‐ capable ? Il est trop tôt pour le dire.
Les contextes politiques sont évidemment très différents et ils ne produisent pas les mêmes résultats. Mais, au fond, tous obéissent à la même logique. Quand vous êtes dans un moment machiavélien où le chaos domine, il n’y a plus de règles et ce qui prime est le miracle politique. Le miracle, c’est l’intervention directe de Dieu, qui contourne les règles normales de l’existence sur terre pour produire un fait extraordinaire. La logique des prédateurs est la même. SASSOUI appelle cela « l’éradication des brebis galeuses » : quand les règles ne marchent plus, lui a le pouvoir d’intervenir directement pour produire le résultat qu’il veut. Cette action directe, surprenante et transgressive produit de la sidération., c’est cela qui permet aux prédateurs d’asseoir leur pouvoir. Et c’est la que le devoir d’élites est utile. Ne baissons pas les bras
Les démocrates Congolais ne parviennent pas à s’adapter car invoquer le respect des règles face à des problèmes de substance n’est pas une réponse satisfaisante. Face aux images des prisonniers envoyés de SASSOU, notre passivité reste une réponse politiquement insuffisante le peuple nous le fait savoir.
J’en appelle ici à l’Elite congolaise de la résistance a une vaste inspiration pour se mettre au travail afin d’étudier comment sortir le Congo d’après SASSOU NGUESSO. Comment aller nous récupérer ce qui a été arbitrairement vendue, comment reformer la nation. Car le congolais d’aujourd’hui vit plus pour l’argent que le bien de la société. C’est le rôle de la varie élite. Le Congo se relèvera toujours lorsque ses élites se réveilleront – de tout bord – s’unissent, tendues vers l’intérêt national. Exactement l’ont fait nos pères de la nation, ou NORD et SUD où droite et gauche se sont entendues au nom de la République.
L’élite congolaise acceptent ce spectacle déshonorant d’un effondrement républicain. Tous ces intellos qui ont baissé les bras, ont trahi de fait reculer la ‘République ’c’est la négation car ils en piétinent les valeurs essentielles : la solidarité, l’égalité, la vertu.
Jean-Claude BERI


































































































































































































































































































































































































































































































