La fin d’Imboulou et le manque d’électricité : chronique d’une inconscience et d’une incompétence qui* *confondent le bilan Collinet-Sassou
Ghys Fortuné BEMBA DOMBE
Depuis le 17 décembre 2025, une grande partie de la ville capitale est plongée dans l’obscurité comme jamais auparavant. Dans tout le pays, l’instabilité de l’électricité impacte négativement sur la sécurité, politiques et économiques d’un État. La gravité de la situation devrait appeler la convocation d’un conseil de défense et le limogeage de certains hauts fonctionnaires, des sécurates et du Premier ministre qui prend les congolais pour des idiots qu’il pense mentir via son livre bilan.
Seule une turbine sur quatre est en activité à la centrale hydroélectrique d’Imboulou alors que la consommation électrique ne cesse d’augmenter par les jeux de lumières dans les principales avenues. Le Congo s’enfonce dans l’incertitude énergétique totale et partant dans la paralysie tous azimuts. La déchéance d’Imboulou est l’aboutissement d’une dégradation programmée, le fruit d’une stratégie de non-maintenance organisée et d’un système de prédation enraciné au cœur de l’Énergie Électrique du Congo (E2C).
Le scénario de l’attrition volontaire
Depuis des mois, une gestion calamiteuse est décriée à la Centrale d’Imboulou : pièces de rechange jamais commandées, contrats de maintenance laissés en jachère, équipes techniques démotivées. Officiellement, il s’agit d’erreurs de pilotage. Officieusement, ce désordre est voulu. Les preuves : la commission technique interministérielle a été mise en place par le décret n°2025-54 du 5 mars 2025, signé par le Premier ministre Anatole Collinet Makosso (ACM). Cette commission avait pour mission de « réexaminer la convention d’affermage du service public de distribution en vue de la vente de l’électricité en République du Congo ». Dans la foulée, ACM avait chargé Émile Ouosso (ministre de l’Énergie et de l’Hydraulique) d’émettre une note d’application n°0076/MEH/CAB, suspendant provisoirement ladite convention. Les syndicats (FESYTRIM-CSTC et le Collège Syndical de E2C) avaient immédiatement dénoncé le caractère partiel et partial de cette commission et de son décret, exigeant non pas un simple réexamen, mais l’annulation pure et simple de toutes les conventions signées, y compris celles des barrages.
La suspicion d’une « main noire » qui laisserait pourrir le système pour rendre caduque l’affermage. Ce qui se joue derrière Imboulou dépasse des pannes techniques. Il s’agit d’un changement de régime énergétique. Les barrages financés par la dette publique – Imboulou pour environ 170 milliards XAF, Liouesso pour 70 milliards XAF – sont progressivement orientés vers un modèle de concession/affermage avec des sociétés qui ne rassurent pas les Congolais. Ce basculement a été dénoncé parce qu’il s’opère sans inventaire préalable des actifs ni mécanisme d’allocation des coûts. Résultat, l’État socialise les dettes et amortissements, tandis que les opérateurs privés s’approprient la rente d’exploitation. L’Autorité de régulation (ARSEL), censée veiller à l’équilibre, a été indexée d’incapacité d’homologuer les prix de cession et de garantir l’intégration des coûts publics au point de parler d’un hold-up juridique et économique : privatiser la rente, nationaliser les pertes.
La gouvernance par le choc
Le régime d’Imboulou n’est pas un hasard malheureux. C’est une arme politique. Selon certaines personnes, la stratégie est de provoquer un black-out pour créer un sentiment d’urgence, puis présenter la privatisation comme la seule solution viable. C’est ce qu’on appelle la « gestion par la crise », une mécanique cynique où l’abandon de la maintenance devient un instrument de réforme. Cette gouvernance par le choc n’est pas nouvelle au Congo. On la retrouve dans la dette publique, dans les restructurations bancaires, dans la gestion pétrolière. D’autres personnes pensent par ailleurs, c’est une stratégie de nuisance montée de toute pièce par Ondongo, Bouya et Cie qui pillent les 8 milliards de francs cfa des recettes mensuelles via Adou Danga et collabos. Ces pratiques mafieuses appliquées à l’électricité, touchent à l’os. C’est la vie quotidienne de millions de Congolais qui est sacrifiée sur l’autel d’intérêts privés. Les premiers auteurs de cette stratégie de 2015/2016 : Gilbert Ondongo alors ministre des Finances, qui a orchestré avec Jean Jacques Bouya, les passations douteuses et les montages financiers ; Jean Jacques Bouya, alors ministre des Grands Travaux, soupçonné d’avoir piloté les schémas de sociétés écrans et d’être garant des flux BTP utilisés pour couvrir le montage. Ces deux figures de la famille Sassou n’ont jamais été interpellés dans cette faillite ! L’ingénieur Léon Ibovi, qui aurait dû piloter tout ce projet, a été voué aux gémonies, humilié alors qu’il avait raison. Le réseau oligarchique caché dans l’ombre citait Denis Christel Sassou Nguesso, pourvoyeur des premières injections financières via des offshores alimentées par la SNPC. Anto Sassou, protégée par ACM et présente comme l’ombre politique et familiale derrière le montage, depuis Abu Dhabi ; et enfin Paul Obambi, président de la Chambre de commerce, concessionnaire du barrage de Liouesso et créateur d’ENERGAZ, décrit comme vitrine d’intérêts sino-congolais (CGGC, lié à Bouya avec la facilitation de son cousin, Bruno Jean Richard Itoua qui avait englouti des milliards de fcfa dans la fameuse centrale électrique qui ne sert à rien. Tous ces Kulunas en col blanc n’ont jamais été interpellés par le petit Serges Oboa comme le faisaient le vaillant colonel-Secrétaire Général, Marcel Ntsourou et le chef adjoint des assassinats du beach, Amiral Hilaire Moko. Pareil pour Christian Yoka en sa qualité de ministre des Finances, qui aurait dû lancer une recapitalisation populaire d’E2C. Les ministres Andely et Ondaye auraient eu ce cran, mais ils ont été vite chassés du gouvernement par les apprentis menteur qui nous parlent de bilan positif que nous scruterons prochainement.
Prélude d’y revenir, il sied de dire que, E2C, gagnerait en copiant le modèle de délestage ukrainien ou de la France avec 80% des artères non éclairées, pourvu que les agents soient animés d’une fibre patriotique. ACM qui a appris maladroitement à mentir devrait l’humilité de revoir sa copie des réformes d’électricité. Et doit comprendre sans électricité pas d’eau ni de développement
(A suivre)
Ghys Fortuné BEMBA DOMBE

























































































































































































































































































































































































































































































































