Jean-Claude BERI
TRIBUNE.
DJAMBALA 2026, accueillera le énième dialogue, sous la supervision du Ministre de l’intérieur Zeraphin MBOULOU . Le partenariat entre l’opposition congolaise et le gouvernement de SASSOU dépasse largement le cadre d’une coopération bilatérale cordiale et serait en train de devenir un point de crispation d’une réflexion plus large sur l’ordre national à venir, avance certains observateurs internationaux qui se penchent sur le cas CONGO
Le Congo traverse l’un de ces moments de bascule où l’histoire change de rythme. Un ordre s’achève, sans que le suivant ne soit encore pleinement né. Le XXᵉ siècle, avec ses certitudes, ses institutions et ses équilibres, est définitivement derrière nous. Le XXIᵉ, lui, avance dans l’incertitude, marqué par des tensions multiples et par l’incapacité des cadres hérités de l’après conférence nationale souveraine à répondre à des réalités profondément transformées.
Au Congo-Brazzaville la situation est instable. Le nouveau maître de lieux qui s’est érigée le droit sur tout impose une politique incohérente mais surtout destructrice. SASSOU a réussi à fabriquer une opposition qui se satisfait du peu. Une opposition qui occupe position singulière, dont le maitre mot reste la traitrise. Toutes deux (gouvernement et opposition) appartiennent à cette catégorie rare des « institutions » qui ne cherchent ni l’hégémonie ni la confrontation, mais considèrent la stabilité nationale, la retenue stratégique et le bien-être des intérêts comme des principes cardinaux de l’action publique. C’est là que le bât blesse.
Cette convergence n’est ni conjoncturelle ni opportuniste. Elle s’enracine dans une histoire longue, marquée par la restauration des alliances maffieuses, l’affirmation de l’État-nation et la conviction que la modernité politique repose sur le respect d’un « roi absolu » et le déni du pluralisme et la responsabilité. C’est ce chemin qui a été pris par TSATY MABIALA
Le leadership de l’opposition suppose cependant une clarification supplémentaire. Appartenir en effet à un « parti de gouvernement » ne suffit pas à faire d’un leader politique le chef de l’opposition. Remplir cette dernière fonction conduit plutôt à identifier une classe particulière de leadership, entendu ici comme la « capacité d’un représentant à gérer de façon dynamique des rapports de pouvoir au sein d’un groupe » Or sassou à identifier son homme connaissant son gout pour la corruption et l’appétit des biens matériels, il a mis en route son plan macabre de déstabilisation de l’opposition. Tant que TSATY MABAILA sera le chef de file de l’opposition, il n’existera pas d’opposition crédible au CONGO
Une opposition doit avoir des rapports de force sous des formes nouvelles
Le Congo d’après Conférence nationale souveraine avait une ambition claire : bannir la conquête du pouvoir pour le pouvoir comme instrument légitime de la politique demeure insensée. Cet objectif fut, à bien des égards, atteint par sassou . Mais l’erreur fondatrice des institutions fut de croire que le monde resterait figé dans la photographie mensongère de ses vainqueurs. Même le Conseil de sécurité des Nations unies, incapable de se réformer, incarne cette paralysie. La notion même de sécurité a évolué, les formes de la puissance se sont diversifiées, les conflits ont changé de nature, tandis que les structures censées les réguler sont restées immobiles. Cette dissonance a progressivement vidé le multilatéralisme de sa substance et laissé s’installer des zones de vide stratégique. Le nouvel élan que le peuple et les nouvelles autorités appellent de leurs vœux ne peut s’installer dans la durée sans une modernisation de la vie politique et démocratique qui se traduit par l’estime accordé au sens du combat politique, par le respect des échéances et par la signification des suffrages accordés par le peuple.
Dans ces interstices, les rapports de force ont ressurgi sous des formes nouvelles. Certaines puissances ont tenté de compenser l’absence d’ordre par l’affirmation brutale de leur autorité, confondant leadership et démonstration de force. D’autres ont exploité les failles du système pour avancer leurs intérêts territoriaux ou économiques. À ces dynamiques étatiques s’ajoute un défi plus insidieux encore : celui des acteurs non étatiques, porteurs d’idéologies de suprématie, prospérant sur le chaos et faisant du terrorisme un instrument revendiqué. Le congo, aujourd’hui, en paie un lourd tribut, révélant l’ampleur d’une menace que les outils traditionnels de la gouvernance internationale peinent à contenir et laissant le profit a la Chine et la France devenues adversaire de circonstance jusqu’au moment ou ils trouveront un accord convenable. Souvent c’est le pouvoir qui tire le bénéfice aidé, bien sûr, par des traitres de la trempe de TSATY MABAILA, MUNARI et autres. Des rumeurs persistantes font état de tractations en cours pour que des ténors de l’opposition, autrement dit les hommes politiques que le peuple n’a pas souhaité voir aux affaires ces cinq prochaines années, puissent se retrouver aux plus hauts sommets de l’Etat.
Ceci étant pour aller à DJAMBALA avec un chef de file qui joue clairement son « rôle d’accompagnateur du pouvoir serait suicidaire » ?
Ca serait une grave erreur, comme cela a été démontré les voies précédente d’aller a DJAMBALA, ce serait faire le choix de laisser la voie libre aux manipulations politiciennes de toutes sortes au détriment de la franche confrontation des idées, couronnée par le verdict des urnes. Ce serait ouvrir un boulevard vers les plus hauts sommets de l’Etat aux opportunismes de toute nature. Mais ce n’est pas tout. Si cela devait se confirmer, ce serait, de la part de ces opposants, une façon de contourner les suffrages des électeurs. Une façon de tricher avec les voies communément admises pour accéder aux plus hauts sommets de l’Etat sur lesquels, seuls doivent pouvoir vous y propulser, les électeurs et donc le citoyen. Ce serait faire preuve d’inélégance
Rechercher la retenue plutôt que la domination
Face à cette recomposition, ces catégories d’alliances héritées de la CNS ne suffisent plus à défigurer le Congo. Une distinction plus pertinente s’impose entre le pouvoir qui conçoive la force comme un ultime recours, et l’opposition qui en font un levier ordinaire de politique. Ils partagent une même compréhension exigeante de la modernité : une société libre, respectueuse de la diversité, fondée sur la représentation politique, et consciente que la guerre ne peut être qu’une réponse à l’agression, jamais une solution en soi. En gros obéir aux pouvoir pour garantir sa paix et sa sécurité financière. La politique et le combat pour l’accession à la gestion des affaires de la Nation ne devraient pas être les lieux de la dilution des principes communément admis dans la conduite des affaires de la cité. Or ce pouvoir a transformé cela en une foire aux manipulations et aux bricolages de tout genre au service des plus malins et des plus téméraires, du plus corrupteurs au plus serviable. Ils ne devraient pas être le champ libre laissé aux navigations frénétiques des plus avides et aux chevauchées les plus fantastiques vers les privilèges de toute nature qu’offrirait une position aux plus hauts sommets de la hiérarchie d’Etat.
Nous n’avons pas besoin de DJAMBALA, mais d’une république, pas un royaume.
Aussi, ce serait mépriser le peuple et les électeurs et leur faire injure s’ils devaient se rendre compte, le matin en se réveillant, qu’on leur a imposé aux plus hauts sommets de l’Etat des personnalités, donc des idées, qu’ils n’ont pas voulu voir à ces positions. Le fait d’être porté aux plus hauts sommets par le suffrage universel ne signifie pas, en effet, qu’on a acquis le pouvoir et le droit de s’approprier de l’Etat, il n’autorise pas à gérer l’Etat comme on gérerait sa chose.
Cela ne constitue pas un blanc-seing donné aux détenteurs du pouvoir pour faire tout à leur propre guise. Car, en choisissant la voie des urnes plutôt qu’une autre, le peuple et l’histoire de notre pays ont voulu porter à leur tête non pas des monarques souverains mais, plus simplement, des personnalités appelées à gérer leurs affaires sur la base des principes, des règles, des bienséances et du rythme que ce même peuple et cette même histoire ont, eux même, établi souverainement.
Le combat politique libre et l’alternance démocratique sont faits pour mettre sur un même pied d’égalité tous les citoyens dans la course pour l’accession aux plus hautes responsabilités.
Le CONGO , fort de son histoire tragique, a longtemps cru que l’équilibre des puissances suffirait à garantir la paix. Elle a appris, au prix de générations sacrifiées, notamment dans le POOL que cet équilibre ne faisait souvent que déplacer la violence sans l’endiguer. Notre défi est donc d’une autre nature : il ne s’agit plus de rechercher la domination, mais la retenue ; non plus d’imposer un ordre figé, mais de construire des équilibres durables, capables d’intégrer la diversité des trajectoires nationales. C’est le sens que nous accordons au Dialogue.
C’est l’exigence du résultat qui nous oblige à plus de clarté dans nos actions et nos bilans, pour permettre aux citoyens de lire dans l’action des uns et des autres et, au bout du compte, de se faire une idée précise de l’action de ceux à qui les suffrages ont accordé le privilège et le poids des plus hautes responsabilités.
Ils sont faits, surtout, pour que ceux que les électeurs et le peuple ont choisis puissent exercer le pouvoir en mettant en œuvre les idées, les stratégies et les méthodes pour lesquelles ils ont consenti à les envoyer aux affaires pendant un mandat.
C’est en cela qu’ils sont considérés comme les seuls porteurs de la sérénité et de la stabilité nécessaires à l’aboutissement de l’effort de développement. Si c’est de cal qu’on parlera au Dialogue de Djambala , le peuple pourrait vous suivre.
Cela d’autant plus qu’à la lumière de notre histoire démocratique de ces trois dernières décennies, le nouvel élan que nos concitoyens et, depuis près d’un an, les nouvelles autorités, appellent de leurs vœux, ne peut s’installer dans la durée sans une modernisation de la vie politique qui se définit par l’estime accordée au sens du combat politique, par le respect des échéances et de la signification des suffrages accordés par le peuple.
Une modernisation qui ne devrait pas être un luxe que le pouvoir peut choisir de s’offrir ou pas, parce que, tout simplement, la recherche d’un développement harmonieux ne peut faire l’économie d’une modernisation de la vie démocratique. Cela ne signifie pas, pour autant, que pour ces cinq ans, ceux qui n’ont pas été portés à la tête de l’Etat sont bons à jeter, loin de là.
En mettant le pouvoir entre les mains des uns, les électeurs et le peuple ont mis entre les mains des autres et par la même occasion, le rôle capital et indispensable en démocratie du contrôle de la conduite des affaires de l’Etat.
Seule l’alternance démocratique est la solution.
A ce propos, il est plus que temps que nos hommes politiques intègrent le fait que l’opposition n’est pas le banc des ratés du combat politique, qu’elle ne constitue pas un chemin de croix.
Il est plus que temps qu’ils intègrent le fait que depuis l’opposition, autrement dit la place que le peuple leur a accordée, ils ont le devoir de suivre et d’aider activement à la marche du pays en jouant leur rôle, indispensable en démocratie, de contre-pouvoir et de contrôle de l’action des gouvernants.
Ils ont, enfin, le devoir d’apprendre à attendre patiemment le jour où, par la seule voie de l’alternance démocratique, les institutions de la République et l’histoire leur repasseront le plat ; le jour où les électeurs et les citoyens leur redonneront confiance en mettant ou remettant entre leurs mains le pouvoir de conduire, depuis les plus hauts sommets de l’Etat, leurs affaires. Il n’y a pas d’autres alternatives démocratiques et honorables.
Jean-Claude BERI
















































































































































































































































































































































































































































































































