Jeunesse congolaise entre engagement et exclusion, le choix est clair.
CONGO- BRAZZAVILLE : ETAT MALADE QUI REFUSE DE SE SOIGNER.
Jean-Claude BERI
Ce mercredi 22/11/2023, l’appel au recrutement de 1500 jeunes pour servir dans les différents corps de l’Armée, avait suscité une ferveur populaire auprès d’une couche de la population affectée par un chômage endémique. Partie d’un mensonge édité au somment de l’Etat, le gouvernement et son président en se basant sur le mot 2024 -2025 année de la jeunesse, a transformé cette ferveur pour l’emploi en un « drame organisé systémiquement pour assassiner les jeunes »
Bien que DAC PRESSE encourage toute initiative du gouvernement visant de subvenir aux besoins quotidiens du peuple, notamment par la dématérialisation des processus de recrutement et la multiplication d’opportunités de travail afin de garantir le plein emploi de la jeunesse. C’est la couche la plus touchée et la plus meurtrie au Congo-Brazzaville. C’est aussi une bombe à retardement si l’on ne s’y intéresse pas à temps.
Les jeunes constituent le groupe social le plus important en Congo et constituent donc une bombe à retardement si nous continuons à les exclure des questions aussi importantes. Soit à les utiliser à des fins égoïstes ou encore les fanatisés pour servir de chair a canons, comme on l’a vu avec « les bébés noirs ». C’est une histoire « d’engagement et d’exclusion »
Engagement exclusion.
Le phénomène de l’engagement signale la nécessité de repenser nos notions et nos façons de voir et de faire autour de la question de la citoyenneté. Une société qui se préoccupe de l’inclusion et de la participation de ses citoyens dans le développement des communautés et des institutions devrait investir dans deux vecteurs fondamentaux. Le premier a trait à l’éducation de l’exercice de la citoyenneté et le deuxième, à la nature des organisations et des institutions sociales où peut s’exercer, dès la première enfance et jusqu’à l’âge adulte, la citoyenneté. D’une part, les apprentissages, d’autre part, les contextes. La contribution de la famille et de l’école peut représenter un atout majeur dans la prévention de l’itinérance si on débarrasse nos politiques sociales, aussi bien celles qui touchent la petite enfance que celles qui affectent les enfants et les adolescents, du double langage de la compassion verbale et de l’exclusion économique et sociale. Armer de cette prérogative les gouvernements successifs de Mr SASSOU NGUESSO s’est malicieusement investi dans l’art de la destruction systématique de l’engagement de jeunes
Regardez comment ils ont géré l’intégration ou insertion des jeunes dans la vie sociale entre 2000_2025. Un vrai fiasco saupoudré de termes comme unité, solidarité… A la fin on se rend compte que ce n’était que du bluff politique. Une stratégie pour renflouer les cases des jeunes choisies, voulues pour remplir les cases manquantes d’une politique de la jeunesse verrouillé pour le bas peuple et déverrouiller pour le peuple d’en haut.
Les auteurs s’emploient d’abord à définir l’exclusion dans l’orbite sociologique congolais. Sur cette base, ils proposent ensuite d’élargir la notion de citoyenneté en distinguant la citoyenneté abstraite attribuée au Ninja et e autres ressortissants du Sud et la citoyenneté pratique attribuée systématiquement, sans aucune référence, aux enfants d’un clan qu’on nous impose comme un clan de référence.
Sur la lancée, ils se forcent d’inclure cette dernière à la lumière de l’entrée dans la vie adulte pour démontrer que la citoyenneté prend également forme dans le sillage de l’insertion sociale, démontrant qu’ils sont compétents, or ce ne sont que des déchets intellectuels animés par une voracité voire un accaparement de biens du peuple.
Après un rapide état des lieux, l’engagement l’insertion et l’exclusion des jeunes diplômés sont illustrées par les résultats d’une enquête sur leur insertion professionnelle et sociale conduite à dix ans d’intervalle d’échec sur échec. Ils viennent passablement nuancer les thèses mises de l’avant par les gouvernements pour expliquer les ratés du travail salarié. Ces résultats génèrent enfin l’hypothèse selon laquelle l’exclusion s’exprime par des conditions et des valeurs qui font l’impasse sur le droit de cité.
Transformer un jeune sortis droit de l’université et en plus vous lui livré entre ses ains le droit de se prendre des stupéfiants a sa guise, c’est lui montre le chemin de la destruction irréversible de s’imprégner d’autres valeurs sociales communément admises par la communauté scientifique mondiale. SASSOU a fabriqué depuis 2000 des jeunes zombifiés comme lui avec un sens aigue à la violence et a la destruction. Le Congo est malade de ses dirigeants incompétents et structurellement déficient mentaux. Comment on est arrivé à mettre dans le prisme de jeunes que l’éducation est un perd temps, mieux vaut voir un parrain bébés noirs qui te montrera comment piller, tuer, voler et brutaliser les paisibles gens sans être inquiéter. C’était la loi des bébés noirs que nous décrions tous ici.
L’angoisse et la désorientation ont été démultipliées par ce que j’appelle une « bulle langagière structurée et communicationnelle » développée par les grands médias autocratiques audio-visuels en direct et en continu, et les réseaux sociaux qui fonctionnent à la réactivité et à l’émotionnel orientée. Les « événements » chocs, recouverts d’emblée d’un flot ininterrompu de commentaires et de polémiques tournent en boucle à l’infini. La mort des jeunes dans un commissariat (Affaires CHACONA) le drame d’Ornano, et le fusillade gratuits et en public des jeunes présumément qualifiés de bébés noirs sont la des signes marquant d’un ETAT MALADE QUI REFUSE DE SE SOIGNER.
Ce mode de fonctionnement donne le tournis et finit par décourager l’envie même de démêler le vrai du faux et d’agir sur le monde. Le recul réflexif et critique, l’autonomie de jugement et l’engagement responsable dans la cité sont rendus plus difficiles dans ces conditions. Il n’y a nulle fatalité en l’affaire pourvu que l’on fasse l’effort de penser par soi-même en se dégageant du maelstrom ambiant.
Le complotisme développe une représentation imaginaire où rien ne serait dû aux aléas de l’histoire mais répondrait à un projet concerté de forces occultes qui manipulent et dominent les populations. Pour faire valoir sa fantasmagorie, il s’appuie sur des réalités : méconnaissance des origines exactes du virus sanguinaire de ce pouvoir, gestion chaotique de la crise, contradictions entre leaders, prédominance d’un clan sur l’autre ….
Quiconque réfute ses présupposés se voit alors accusé de nier les faits en question. La critique et les arguments rationnels, pour nécessaires qu’ils soient, ne suffisent pas pour venir à bout du complotisme. Ce dernier se développe sur fond de désorientation sociale et de ressentiment. La cohérence entre la parole politique et les actes, la victoire contre l’éducation et la vision d’un avenir positif discernable me semblent des conditions indispensables pour le contrer efficacement, en sachant que l’irrationnel, comme le pratique ce pouvoir au sommet de l’état, sera à mon sens, la recherche de boucs-émissaires qui prospèrent dans les périodes critiques de l’histoire comme celle que nous vivons.
Par-delà les grands discours, elles engagent une éthique personnelle en situation qui s’est formée au cours d’un parcours de vie et de formation. Je ne crois pas que « plus rien ne sera jamais comme avant », mais il importe de s’appuyer sur ceux qui affrontent l’épreuve du réel en sachant faire preuve de discernement, en ayant le souci des autres et de la collectivité. Ce sont les véritables élites et les forces vives du pays. « Développer l’esprit critique », « partager le patrimoine culturel », « former des élites issues du peuple », ces orientations de l’éducation populaire me paraissent plus que jamais d’actualité. C’est ce que nous développons au sein de DEVELOPPER AUTREMENT LE CONGO. Pour cela nous voulons une jeunesse indignée, en colère, mais debout, prête à s’engager pour une société plus juste, plus démocratique en 2026…
Jean-Claude BERI































































































































































































































































































































































































































































































