Le Congo a le choix d’une sortie salutaire, si le peuple décide…

 

Jean-Claude BERI

 

 

Le Congo passe d’une élection a une élection sans presque aucune interruption enchaînant les mêmes difficultés voire les mêmes  dérives gouvernementaux. La « série noire » a commencé en mars 2002, avec des mobilisations populaires contre la dégradation du niveau de vie et l’incurie de la classe politique. Ensuite, il y a eu l’explosion de « la chasse a l’homme » , tous les lissoubistes devraient disparaitre. De 2002 à 2024 plus de la moitié des intellectuels congolais sont en exil. Enfin, l’échec innommable de la « municipalisation accéléré »  confirme la percée de l’idéologie vorace et de pillage a grande échelle de l’économie congolaise

La chute du régime de Pascal LISSOUBA en Octobre 1997, et l’imposition d’une dictature féroce ont conduit le Congo vers un horizon inédit, avec l’élection d’un homme revanchard, après plus de quatre mis d’une guerre civile inutile et dévastatrice.

Le Congo valait-il un tel bourbier causé par un homme qui prenait des airs de petit Néron pour lequel le pouvoir valait bien l’embrasement des Grands Lacs. La crise congolaise, devenue juste avant la fin de la guerre un véritable bourbier, se nourrissait des délires les plus inattendus. Les singuliers contours de ce conflit, de même que le contexte qui l’a nourri, ont amené la communauté internationale à afficher une sorte de « compréhension » à l’égard de Sassou Nguesso, adversaire armé d’un président qui rappelait jusqu’à plus soif qu’il avait été « démocratiquement élu ». Une telle attitude des nations fera date dans la mesure où elle fixe, de manière informelle, le principe selon lequel une élection, fut-elle démocratique, ne constitue pas un blanc-seing accordé à un homme pour justifier tous ses égarements. Quoi que même lâché par la communauté internationale est arrivé à réécrire son passé avec une page blanche posthume que « la démocratie c’est le pouvoir du peuple par le peuple »

Un champ politique en pleine recomposition

Le redéploiement du jeu politique ne peut se faire sans remettre en question la relation l’hyper omniprésence du PCT avec le pouvoir, mais aussi celle qu’entretient la base du mouvement ethnique clanique narguant toute la société congolaise privé de de tout ,.

Les poolois (ressortissants du POOL) disent-ils sont des « revenants » : leur statut a longtemps été celui d’un groupe marginalisé, une sorte d’adjuvant à un Pacte national (1960) forgé par l’intransigeance a la colonisation et surtout la lutte pour la libération, ce qui leur vaut les peines les plus détestable politiquement, seulement faut l’admettre on ne peut réussir a faire grand choses sans l’adhésion de poolois.

On l’a vu avec les projets phare de la « municipalisation accélérée »  BOUYA qui s’en vante de n’avoir laissé aucune région à la traine confirme son incompétence et son état de déchet politique s’il est incapable de constater l’état de délabrement en matière d’infrastructure des régions comme la LIKOUALA, La SANGHA et le POOL pour ne citer que ceux-là. il a le droit neanmoins de se vanter d’avoir une route imaginaire de plus d’un milliard 500 millions

Une nouvelle conscience nationale des Congolais est en train de naître Ils voient qui est embauché et sous quel critère ? Qui est recruté dans l’armée avec la recommandation de qui ? Qui part en stage de perfectionnement avec l’aval de qui ?  La ligue du NORD ou précisément la ligne D’OYO a transformé les mentalités des Congolais pour en faire des poulets d’Hitler. « Venez   je vous déplume vous n’aurez pas d’autre choix que de me suivre » Grave erreur. Car son nouveau plumage ne ressemblera pas a l’ancienne.

Les peuples du Sud revendiquent un changement politique, tandis que les seconds apparaissaient comme les garants d’un modèle ancien. Rivaux durant la guerre, certains ténors de l’opposition sont devenus des marchepieds) sous l’impulsion de leurs parrains respectifs leur garantissant le ventre et quelques broutilles d’honneurs. Pendant qu’ils laissent le rôle de gestionnaire de l’État Congolais avec la présidence du Parlement, et au second, la mission de poursuivre la diversion d’une lutte auquel ils n’y croient plus

Un énorme chantier économique et social en perdition

Le Congo de SASSOU est un État failli qui a connu un effondrement économique multiforme : Le Congo a enregistré une dette publique par rapport au PIB de 19,30 % du produit intérieur brut du pays en 2024. La dette publique par rapport au PIB au Congo a atteint en moyenne 63,25 % du PIB entre 2000 et 2024, atteignant un niveau record de 185,40 % du PIB en 2001 et un niveau historiquement bas de 19,30 % du PIB en 2018.

Une Banque centrale incapable d’aider les agences privées face à leur déficit de liquidité, un pays en cessation de paiement depuis mars 2020 et des dégâts aux infrastructures civiles, et donc aussi aux moyens de production dus à l’explosion de la corruption et a la mauvaise gouvernance puis à la guerre silencieuse  de 2023-2024 contre les opposants radicaux . Avec pour conséquences une chute de la monnaie nationale, une érosion de la production, un chômage en hausse (estimé à 61 %), une inflation à trois chiffres entraînant une explosion de la pauvreté (80 % de la population) et des pénuries de carburants, de médicaments, d’électricité et d’eau. Les Congolais connaissent des angoisses quotidiennes qui ne se limitent pas à celles des arrestations intempestives. Seulement cette pression et faillite économique porte un nom. ? SASSOU NGUESSO ET SON SYSTEME.

Les racines de cette crise majeure trouvent leur origine dans le système économique familial  mis en place dans l’après-guerre civile de 1997.  Ce système nécessitait un afflux constant de fonds ou des recettes fiscales pour éviter la dépression. Or, bien que la croissance ait atteint en moyenne 5 % par an jusqu’en 2021, la politique budgétaire expansionniste (endettement) était excessive et a creusé une dette publique immense, qu’aucune recette soutenue n’est venue combler. Par ailleurs, l’afflux de capitaux a entraîné une perte de compétitivité. Cette croissance s’est ensuite effondrée à 1 % en moyenne depuis l’intronisation de la politique de l’éternisation du pouvoir. En outre, les taux d’intérêt élevés, cœur de ce système familial, ont peu créé d’emplois et n’ont pas favorisé l’investissement dans l’économie réelle. Les exportations se sont affaiblies au fur et à mesure que le taux de change est devenu surévalué.

Sauvetage politique ?

Au lieu d’ajuster le modèle économique « SASSOU » arrivé au bout de sa logique de guerre de 1997, pousse les élites de la ligue d’OYO  de poursuivre la spirale de l’endettement pour s’assurer une rente qui leur permettait d’alimenter leurs réseaux clientélistes avec le contrôle de ministères. Or cela s’est fait aux dépens des épargnants Congolais : les banques privées, détenues par des familles liées aux dirigeants régnants sur place , ont continué d’investir dans la dette publique, rendue attractive par son taux d’intérêt, alors que les leaders Mbochis  au pouvoir attiraient des clients (et des entreprises) par des contrats juteux financés avec l’argent public. Ce système financier s’apparentait à une pyramide de Ponzi, où le rendement élevé des investissements était assuré par de nouveaux apports et non par une activité économique productive générant de réels bénéfices. La croissance exponentielle de la dette publique annonçait un ajustement inévitable, qui s’est traduit par un effondrement financier lorsque les principaux investisseurs ont décidé de retirer leurs mises, provoquant ainsi un retrait massif de capitaux. Le lobby des banquiers congolais, avec le concours de certains acteurs politiques, s’est ainsi ligué contre toute action visant à le rendre responsable de cette crise et, surtout, des pertes subies par les épargnants.

Au dela des tous ces faits de mauvaise gouvernance, de vol et pillage, de traitement inhumain des opposants, se pose désormais la question d’une sortie, que semble offrir le renouveau politique. Si les plans de relance et de réformes n’ont pas manqué dans l’histoire Congolaise récente, aucun n’est parvenu à convaincre les Congolais et les internationaux notamment en raison de blocages persistants liés au fonctionnement même du système : un mélange de népotisme, de clientélisme e et de fétichisme et surtout de corruption institutionnalisée, que les élites de la ligue d’OYO préservent comme une garantie de ressources intraétatique. Le système croit de cette manière devoir contraindre tout le monde a négocier avec eux.  « L’absence d’une stratégie crédible et financièrement viable pour le système bancaire continue d’entraver la croissance et la reprise des dépôts, tout en donnant lieu à une économie de plus en plus basée sur l’argent liquide et informel, avec des risques accrus d’activités illicites. » Les banques ne prêtent pas d’argent pour investir et ne permettent pas aux épargnants d’accéder à leurs avoirs : pour les contraindre, la balle est dans le camp du peuple celui-ci doit se réveiller et commencer à réclamer son du. Toute action politique prématurée n’engagerait encore le Congo vers des méandres obscurs.

Une géopolitique en mutation

L’équilibre des pouvoirs sur lequel s’est forgé l’ordre Congolais de l’après-guerre civile a connu une mutation géopolitique en deux temps : le premier a été la fin de l’imperium français, et le second, l’affaiblissement de l’« axe de la résistance » en 2024, dont le l’opposition a constitué la pièce maîtresse et du PCT  l’acteur phare, une fois le régime de sassou éclipsé par son dérive  interne. La chute de SASSOU NGUESSO, parachève l’étiolement militaire du dispositif de fronts multiples érigé autour d’OYO, notamment en entravant l’approvisionnement militaire du PCT par voie terrestre. La polarisation politique de ces deux dernières décennies a révélé la tendance des acteurs de l’axe d’OYO à vouloir utiliser leurs appuis extérieurs, qu’ils soient français, américain, Israélien ou Russe, au risque d’être pris à leur propre jeu : devenir les hommes liges de cet état contaminant politiquement et de son système infecté de tous les maux. Il y a fort à parier que, de ce point de vue, rien ne change en profondeur, même si le rapport de force en surface a basculé en faveur du camp « pro-occidental » à la suite de la déconfiture de leur plan militaire avec le RWANDA, L’ANGOLA…..D’ou la panique du système qui montre les singes d’un effritement et surtout d’une incapacité de prévoir la garantie du pouvoir en 2026. Le système est en panique.

Or l’éventualité d’une guerre inter congolais, dont la brutalité serait inimaginable s’éloigne et restreint les calculs du régime. Martin MBERI , un homme versatile mais politiquement aguerri  a vivement souhaité la tenue d’un dialogue et l’avènement d’une transition apaisé, ce discours que le système a compris comme une trahison l’a lâchement empoisonné. On est obligé de se taire et de détourner les yeux pour vivre au Congo. Cela ne doit plus durer.

Si les conséquences sociales restent difficiles à mesurer, on peut toutefois dégager deux axes de tensions à venir. Sur le plan intérieur, la destruction de pans entiers des structures économiques et sociales de la communauté économique du sud, la plus touchée par le conflit, a laissé des milliers de familles sans logement, sans travail et sans repères. Le risque serait de mépriser cet important segment de la population Congolaise sous prétexte d’être armée jusqu’au dent, faisant ainsi le jeu d’un soutien politique avec la France renouvelé, pourtant l’exemple américain du RWANDA en 2024 a montré les fruits délétères. Outre l’accroissement de ce fossé entre communautés du SUD l’enjeu externe susceptible de s’articuler à cette problématique interne est celui de l’attitude franco-française. Comment les élites au pouvoir réagiront-elles face à la continuation des opérations de pompage sans restriction du pétrole ponctuelles, voire d’une nouvelle occupation au détriment de la souveraineté Congolaise ? Comment ce laisser-faire occidental à l’égard du peuple souverain ne pourrait-il pas endommager la relation avec les partenaires occidentaux et les communautés congolaise entre elles ? Autant de points d’interrogation qui, au-delà des péripéties du jeu politique congolais, vont marquer en profondeur le Congo en 2026.

 

Jean-Claude BERI

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