Lors d’une cérémonie solennelle à Dakar, les autorités françaises ont restitué leurs dernières installations militaires au Sénégal, marquant la fin d’une ère sur fond d’insécurité au Sahel
Le général français Pascal Ianni, qui commande les troupes françaises en Afrique, à Dakar, le jeudi 17 juillet. — © PATRICK MEINHARDT / AFP
«Fier du devoir accompli»
Pour le chef d’état-major des armées du Sénégal, cette cérémonie jeudi marque «un tournant important dans le riche et long parcours militaire entre nos deux pays». «Riche de leur héritage et fidèles à leurs principes, les armées sénégalaises s’engagent à œuvrer à la mise en place effective d’un partenariat efficace, équilibré, fondé sur le respect mutuel et la souveraineté de chaque partie», a-t-il relevé.
Il a souhaité entre les deux armées une «coopération forte et vivante, au service de la stabilité, de la paix et du développement de nos pays respectifs». Le général Cissé a conclu son discours en souhaitant «un bon retour en France à tous (nos) camarades et leurs familles», avant de citer Antoine de Saint-Exupéry, qui vécut plusieurs mois à Dakar: «pour chaque fin il y a toujours un nouveau départ»
Nous devons réinventer nos partenariats dans une Afrique dynamique dont la jeunesse porte beaucoup d’espoir.
De son côté, le général Pascal Ianni a souligné «la relation si spéciale et essentielle pour les pays de la région» entre les armées française et sénégalaise, et s’est dit «fier du devoir accompli». «Nous opérons un changement structurel de notre présence, changement qui n’ôte rien aux sacrifices consentis hier par nos frères d’armes en Afrique pour nos intérêts respectifs, notre sécurité commune et des valeurs partagées lorsque la France est intervenue à plusieurs reprises à la demande de ses partenaires africains», a-t-il rappelé.
«Nous devons réinventer nos partenariats dans une Afrique dynamique dont la jeunesse porte beaucoup d’espoir, et cela passe par une vraie transformation de notre approche à l’égard des pays africains et de nos partenaires africains. Nous devons agir différemment et nous n’avons plus besoin de bases permanentes pour cela», a-t-il ajouté.
Méfiance envers la présence française
Depuis 2022, l’armée française a mis fin à sa présence permanente au Mali, au Burkina Faso, au Niger, au Tchad, en Côte d’Ivoire et au Gabon, où la base française s’est muée en «camp partagé» gabono-français axé sur la formation. Ce jeudi marque la fin officielle des Eléments Français au Sénégal (EFS), qui comprenaient environ 350 militaires français ayant pour mission principale de conduire des activités de partenariat militaire opérationnel avec les forces armées sénégalaises.
Mettant fin à 65 ans de présence de l’armée française au Sénégal, le retrait intervient après des retraits similaires sur l’ensemble du continent, les anciennes colonies tournant de plus en plus le dos à la France. — © PATRICK MEINHARDT / AFP
Le retrait français du Sénégal s’est fait dans la concertation, dans un paysage sur le continent africain largement défiant sinon hostile envers la présence française. Face à la prise de pouvoir, par des putschs, de juntes devenues hostiles au Sahel, l’armée française déployée dans la lutte antijihadiste a dû plier bagage, de gré ou de force. Elle dispose toujours d’une base, à Djibouti, qui accueille 1.500 personnes. Paris souhaite en faire un «point de projection» pour les «missions» en Afrique, après le retrait de ses forces du Sahel.

L’armée française quitte le Sénégal et signe la fin de sa présence permanente en Afrique de l’Ouest et centrale

























































































































































































































































































































































































































































































