Bouya, Itoua, Mboulou et Ondongo : le quatuor maléfique de la paupérisation et l’insécurité des Congolais

Bouya, Itoua, Mboulou et Ondongo : le quatuor maléfique de la paupérisation et l’insécurité des Congolais

Après sa vadrouille en Chine en compagnie de quelques membres du Gouvernement, M. Sassou a regagné le Congo, les traits tirés, le sourire amer, contrarié non seulement pour avoir ramené une gibecière plus ou moins vide, mais aussi à cause des tensions et des rivalités au sein de l’appareil politique, sécuritaire, et des conflits dans le clan familial pour la succession au trône.

Pendant ce temps, les Congolais et l’économie du pays agonisent en scrutant en vain les cieux chinois d’où descendrait la manne.

Les attentes placées sur le séjour du chef de l’État congolais en Chine ont été infructueuses parce que les pillards qui l’avaient précédé n’ont pas assez puisé dans leurs réserves pour réinjecter dans les tuyaux obligés d’aller ailleurs. En lieu et place, c’est la guerre de succession qui préoccupe les esprits et chaque membre du clan se voit pousser les ailes et brandit sa puissance érigée sur la base des rapines. Chacun s’est servi à l’Épicerie nationale, le Trésor public l’a asséché allègrement pour se constituer un trésor de guerre. Si, partout ailleurs, les services de sécurité et judiciaires se distinguent par la discipline, la rigueur, par leur neutralité et leur statut apolitique, au Congo, ils sont en collusion ouverte avec les politiciens, et mettent sous le paillasson les textes et les lois de la République. Conséquences, rupture des équilibres internes des services de sécurité. Des écuries s’affrontent de plus en plus au nez et à la barbe des autorités qui affichent une incompétence notoire. Chacun des membres du clan s’est constitué une écurie qu’il entretient grâce aux moyens colossaux accumulés sur le dos du peuple. On les qualifie souvent « d’axes » en raison des logiques de regroupements claniques et lignagiers qui les caractérisent.

Les grands axes

Le premier est l’axe Grand Nord qui a toujours vu la suprématie politique comme une congruence de tous les groupes ethniques du Nord (Mbochi-Tékés-Bomitaba-Likouba-…).Idem pour les ressortissants de Boundji (Lekoundzou, Nonault, Odzali Martin de la ligne Foura-ansit, Gokana malgré son cœur, croit bouiller la voie du général Mondjo, nommé CEMG par décret n°2002-341 du 18 août 2002 qui avait trahit Ntsourou,…), Ngoko (Dabira, Dambenzé et…), Ewo (Ota William, Obara…), etc.

Le second axe, jadis le plus fort et central, est celui de Gamboma-Ollombo-Sainte-Radegonde. Il est le cœur administratif et politique réel qui a su un temps agréger autour de lui. Porté par Emmanuel Ngouélondélé, Moundélé-Ngolo, Pierre Oba, Otto Mbongo, Elenga Ngamporo… Il a souffert des rivalités internes qui ont conduit à l’élimination de nombreux d’entre eux. Cet axe est tenu actuellement par des pseudo-chrétiens, des pseudo-Francs-Maçons et des pseudo-Kani qui ne respectent pas leurs serments, le cas de Pierre Oba, Bruno Jean Richard Itoua (BJRI), Pierre Ngolo, Ludovic Gatsé, Ngatsé Nianga Mbouala, Jean Claude Gakosso, etc. Axe revigoré par le mariage de Bongo Junior via Joujou qui vient de prendre OAGC et 60 % des parts d’AGC, acte qui fâche des ressortissants de Boundji et de Makoua notamment, Gokana qui observe tout depuis la France où il est planqué.

L’axe Bokouélé, le plus fortuné et le plus hégémonique. Il repose sur la dette morale de l’octroi au Président Sassou du Kiébé-Kiébé après la mort de Pierre Anga en 1986 et la rupture avec le pouvoir Koyo. Porté par Jean-Jacques Bouya, Serge Oboa, passé de capitaine à lieutenant-colonel de guerre en 1999, cet axe est actuellement le plus dangereux. À la tête d’une fortune colossale qu’on estime à plus de 42 000 milliards de francs CFA en espèces et en biens immobiliers dissimulés çà et là, leur héros JJB qui voulait remplacer le général Florent Ntsiba en 2022 comme directeur de cabinet du président, attend son heure. Ses réseaux économiques qui dominent les Douanes (Guénolé Mbongo), les Impôts (Itoua), les Finances (Yoka Christian), le Trésor (Yoka Raymond), le Plan (Ngatsé Ludovic), la Santé (Pr Bouya), le port de Pointe Noire (Bouya Eugène Rufin), le Pétrole (Ominga Raoul) s’étendent aujourd’hui partout : les universités, l’Armée, la Magistrature, les ministères, le parlement sont des espaces de placement des affidés et ceux qui sont redevables depuis 2009. Les fruits sont mûrs.L’axe Oyo-Obouya est celui de Jean Dominique Okemba, lui aussi nommé général et conseiller par décret nᵒ 97-14 du 12 décembre 1997 puis SGCNS suivant le décret nᵒ 2002-372 du 3 décembre 2002, s’appuyant sur Jean-François Ndengué, Philippe Obara, Raymond Zéphyrin Mboulou et son directeur de cabinet qu’il avait imposé à ce dernier, etc. Reste puissant, il est dans tous les voyages de M. Sassou. Nᵒ 2 de la GLNC, la plupart des dignitaires lui vouent soumission. En 27 ans, JDO a tissé des toiles orbitales d’administration militaire, civile, politique et financière où il a positionné ses pions. Kiki Sassou et Cie tentent de se débarrasser desdites toiles mais en vain. Il gère les renseignements. L’éjection de Ndengué, bien qu’il ait encore la mainmise sur la moitié des policiers, aura créé un choc qu’il n’arrive pas à supporter. Putatif parent de M. Sassou par Poroporo, sa légitimité réelle est sujette à caution et en effraie plus d’un. Il est pointé du doigt pour avoir fait sauter brutalement Bonaventure Engobo, suspecté de préparer un coup d’État avec la combinaison des angolais, des officiers Dabira, Ata Mathieu…(à vérifier).

L’axe FROLIBABA (Alliance des Tékés) est le plus diffus, le plus caché mais aussi le plus expérimenté. Mené par le général Florent Ntsiba, il a su chaque fois que le feu se rapprochait trop près, couper les branches les plus en vue. Le lâchage du colonel Ntsourou et d’Okombi Salissa ne trompe pas. Il a seulement permis à plusieurs personnalités de Lékana, Djambala ou Ewo de comprendre que l’ambition portée par Ntsiba n’a jamais été que pour lui-même et personne d’autre. L’épée de Damoclès que M. Sassou fait peser sur lui l’incite à prendre des risques, allant jusqu’à se dévoiler. Le placement du colonel Juste-Florent Ngouloubi Ntsiba à l’Office central du renseignement de la Gendarmerie nationale (OCRGN) comme chef du pôle « Sûreté de l’État » (décret du 18/07/2025), celui d’Héliodore Francis Alex Ngouloubi à l’Agence de développement de l’économie numérique (ADEN), son beau qui gère les dossiers extérieurs de Défense, etc., lui permettent aujourd’hui de croiser les renseignements cyber et humains. Une documentation qui permet anticipation et action le moment venu avec le budget qu’il gère. L’axe Kigali qui s’impose est dirigé par la première ministre bis, Françoise Joly. Ces axes sont enjolivés par Pierre Mabiala, les sinistres Rigobert Maboundou et Claude Alphonse N’Silou qui lorgnent le poste de Collinet Makosso, Samba Malanda qui tente de distraire la diaspora alors que les vraies situations politiques, sanitaires, éducatives, économiques sont à régler depuis Brazzaville. Étant donné que les mêmes causes produisent les mêmes effets, la confusion devient totale. Faudrait -il, sans doute, revisiter l’architecture sécuritaire et spirituelle afin d’éviter au Congo le chaos qui le guette. Enfin, nous prions les personnes qui attendent les preuves de nos allégations sur BJRI de prendre leur mal en patience. ( À suivre )

Ghys Fortune BEMBA DOMBE

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *