Devant l’ONU, DSN parle de paix et de développement… mais ignore la misère, la répression et l’avenir volé du peuple congolais. Ça suffit !

Milos Le Paraclet HEMILEMBOLO

.Devant l’ONU, DSN parle de paix et de développement… mais ignore la misère, la répression et l’avenir volé du peuple congolais. Ça suffit !

Paris, le 27 septembre 2025

« Il ne peut y avoir de paix durable sans développement, et inversement. La pauvreté, les inégalités, le chômage des jeunes et l’exclusion sont les terreaux des frustrations, de l’instabilité et de l’extrémisme violent. » Extrait du discours de DSN, devant la tribune des Nations Unies, le 24 septembre 2025.

DSN parle de paix et de développement… mais ignore la misère, la répression et l’avenir volé du peuple congolais. Ça suffit !

Quand le président du Congo affirme à la tribune des Nations Unies que « il ne peut y avoir de paix durable sans développement » et que « la pauvreté, les inégalités, le chômage des jeunes et l’exclusion sont le terreau des frustrations, de l’instabilité et de l’extrémisme violent », il énonce une vérité universelle. Mais dans sa bouche, ces mots relèvent d’une profonde contradiction politique.

Voici un homme qui depuis 42 ans concentre le pouvoir et dirige un pays immensément riche en pétrole, en forêts et en minerais, mais où la majorité de la population survit dans une pauvreté chronique. Le chômage massif des jeunes, qu’il cite comme cause d’instabilité, n’est pas une fatalité naturelle : c’est la conséquence directe de décennies de mauvaise gouvernance, de corruption systémique et d’une absence de vision pour diversifier l’économie nationale.

Un paradoxe qui crie injustice

Le paradoxe est flagrant : celui qui dénonce à l’international les inégalités et l’exclusion est le même qui, sur le plan national, a entretenu un système où les richesses profitent à une élite proche du pouvoir, tandis que les jeunes, majoritaires dans la population, sont réduits à l’exil, à la débrouille ou à l’oisiveté forcée.

Ce discours donne l’image d’un président détaché des réalités de son propre pays, préférant s’adresser au monde sur des enjeux globaux plutôt que de reconnaître les défis urgents qui écrasent les Congolais et Congolaises. C’est une posture qui cherche à faire croire que « tout va bien » au Congo, alors que les chiffres, les témoignages et la vie quotidienne disent tout le contraire.

Un président sourd aux appels du peuple

Le président reste, à ce jour, sourd aux cris et aux souffrances des Congolais, aux appels au dialogue d’une partie de l’opposition en vue de trouver des solutions à la crise multidimensionnelle que traverse le pays depuis bientôt plus d’une décennie.

L’actualité du Congo reste dominée par les détournements massifs de fonds publics, l’insécurité persistante — avec le phénomène des bébés noirs et des koulunas —, le manque criant d’eau potable, d’électricité, ainsi que l’absence de politiques publiques en matières d’emploi et de santé.

Une hypocrisie environnementale révélatrice

Par ailleurs, alors qu’il se présente à la tribune mondiale comme un ardent défenseur de l’écologie, Denis Sassou Nguesso reste incapable d’assumer une politique cohérente et ambitieuse en matière d’environnement. Le Congo, riche d’une biodiversité exceptionnelle et de ressources naturelles uniques, est loin d’être une référence en matière de protection du climat et de gestion durable des ressources.

L’écologie ne se réduit pas à de beaux discours ou à quelques déclarations internationales : c’est une vision stratégique, une politique à long terme et un changement profond des modes de gouvernance. Elle implique :

· Une politique publique claire : stratégies nationales de transition énergétique, protection des forêts, développement des énergies renouvelables.

· Des infrastructures adaptées : centres de tri, filières de recyclage, traitement des déchets, accès universel à l’eau potable et à l’assainissement.

· Une mobilisation citoyenne : éducation environnementale, participation active des communautés locales et promotion d’un changement de mentalité.

Or, sur le terrain, la réalité est cruelle. Nos villes croulent sous les déchets : pas de déchetteries, absence de centres de tri, filières de recyclage inexistantes. Cette pollution urbaine croissante menace la santé des populations et met en danger la survie même de nos écosystèmes. Dans le silence officiel, la dégradation de l’environnement progresse, faute de volonté politique réelle.

C’est là toute l’ampleur de l’hypocrisie : vouloir apparaître comme un défenseur du climat à l’échelle internationale tout en laissant son propre pays s’enfoncer dans la pollution, sans politique durable ni plan d’action concret. Cela traduit une vision superficielle, où l’écologie devient un outil de communication, un argument diplomatique, plutôt qu’une politique structurelle.

La transition écologique ne se décrète pas : elle se construit sur des actes, des lois, des budgets et une mobilisation collective. L’absence d’une telle politique au Congo révèle que l’écologie, pour DSN, reste avant tout un discours destiné aux grandes tribunes, et non un projet concret pour les Congolais.

Cette contradiction est une insulte morale au peuple congolais : parler de paix et de développement, tout en laissant nos villes se noyer dans les déchets et nos forêts dépérir, démontre que l’écologie du régime de Brazzaville n’est pas une priorité réelle, mais un instrument de façade.

Hypocrisie d’un discours international

Parler de développement et de paix alors que son pouvoir étouffe toute alternance politique et démocratique, muselle l’opposition et prive les jeunes d’emplois et de perspectives, c’est une insulte au peuple congolais. C’est comme mettre le feu dans sa propre maison, puis accuser les flammes d’avoir détruit les murs.

Ce discours, loin d’être porteur d’espoir, illustre surtout le fossé entre la rhétorique officielle et la souffrance quotidienne du peuple congolais. Après plus quatre décennies de règne, DSN ne peut plus accuser le hasard, ni les circonstances, ni l’histoire : la pauvreté des jeunes Congolais, l’absence de développement et le désastre environnemental sont le résultat de choix politiques délibérés — les siens. La responsabilité lui incombe entièrement.

Une stratégie de diversion

Les paroles de DSN, je cite  : « Nous vivons une période marquée par des tensions accrues, des menaces multiples et des fractures profondes. Et pourtant, jamais le monde n’a eu autant besoin d’unité, de coopération, de dialogue… »

Son discours sonne comme une façade. Comment parler d’« unité » et de « dialogue » quand, dans le Congo qu’il dirige depuis plus de 40 ans, l’opposition est muselée, l’espace démocratique rétréci, et la répression politique devenue système ?

Les emprisonnements arbitraires de figures politiques de l´opposition comme Okombi Salissa et Jean-Marie Mokoko, le décès de Parfait Kolelas dans des conditions obscures, illustrent parfaitement la réalité : l’unité ne se décrète pas, elle se construit sur la justice et la liberté politique — éléments absents aujourd’hui.

Inviter au dialogue à l’échelle internationale tout en enfermant ses opposants au plan national est une posture hypocrite. Loin de réduire les fractures, ce régime les creuse en instaurant la peur et en verrouillant l’avenir politique du pays.

Justice ! Liberté ! Changement !

Parler du multilatéralisme et de « l’humanité que nous avons en partage » relève d’une hypocrisie cruelle : dans le Congo d’aujourd’hui, la fracture profonde vient du monopole du pouvoir. Ce n’est pas la communauté internationale qui divise, c’est un régime qui confisque le pouvoir et refuse toute alternance.

La vérité est simple : si le Congo est aujourd’hui fracturé, si les jeunes sont privés d’avenir, si nos villes s’enfoncent dans la misère et la pollution, c’est parce qu’un homme et son clan ont confisqué la destinée du pays pendant plus de 40 ans.

Justice ! Liberté ! Égalité des chances !

Un espace démocratique ouvert, un changement réel, maintenant.

Nous refusons que l’avenir du Congo soit le prolongement de 42 ans d’oppression.

Nous exigeons un nouveau contrat social, la fin du pouvoir du PCT-État et le départ sans condition de Sassou.

Ça suffit ! Assez de mensonges, assez d’injustice, assez de souffrance ! Le Congo doit changer, et il changera !

Milos Le Paraclet HEMILEMBOLO

 

Paraclet Milos Hemilembolo, secrétaire national chargé des relations internationales de la Convergence Citoyenne — parti de l’opposition congolaise — membre de l’Internationale socialiste et de l’Alliance progressiste, et président de la LJCC, dénonce avec force le discours de Denis Sassou Nguesso prononcé à la tribune des Nations Unies, le 24 septembre 2025, dénonçant l’hypocrisie d’un pouvoir sourd aux souffrances du peuple congolais

 

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