DÉCLARATION DE LA FÉDÉRATION DE

L’OPPOSITION CONGOLAISE (FOC)

EN CETTE FIN D’ANNÉE 2025

 

FOC

 

La Fédération de l’Opposition Congolaise (FOC) présente ses meilleurs vœux au peuple congolais pour la nouvelle année 2026.

Mais, avant d’épiloguer sur les perspectives de cette nouvelle année 2026, un coup d’œil rétrospectif sur l’année 2025 s’impose. Car les perspectives s’avèrent

être de simples spéculations intellectuelles, si elles ne se fondent pas sur un bilan sans complaisance du chemin parcouru les douze mois écoulés.

Oui, notre beau pays, le CONGO, a célébré le 15 août dernier le soixante-cinquième anniversaire de son indépendance.

Il sied de noter que sur ces 65 années d’indépendance nationale, la Parti Congolais du Travail (PCT) totalise, jusqu’à ce jour, 52 ans au pouvoir, avec l’unique parenthèse de 5 ans, de 1992 à 1997, du règne de l’UPADS, sous la présidence de Pascal LISSOUBA. Sur les 52 ans au pouvoir du PCT, le Président Denis SASSOU NGUESSO cumule, a lui tout seul, 42 ans au sommet de l’État.

Pour commencer, il est édifiant de rappeler ci-après les réalités qui prévalaient dans d’autres parties du monde, à la même époque où notre pays accédait à la souveraineté nationale, en août 1960.

* La CHINE, aujourd’hui deuxième puissance économique, technologique et militaire du monde, avait encore plus de la moitié de sa population qui croupissait dans la misère en 1960.

* Le JAPON, aujourd’hui une des grandes puissances économiques, sortait de sa terrible défaite militaire de la deuxième guerre mondiale, avec deux villes,

Hiroshima et Nagasaki, littéralement rasées par la bombe atomique en 1948.* Le VIETNAM, aujourd’hui puissance économique émergente, ployait encore sous le feu des bombes, pendant la guerre de sa libération contre les puissantes armées impérialistes française et américaine.

* Les ÉMIRATS ARABES UNIS, aujourd’hui en pleine modernisation, avec des villes de rêve comme DUBAÏ, ABU DABI… étaient de simples campements perdus dans le désert.

  1. SOIXANTE-CINQ ANS DE RENDEZ-VOUS MANQUÉS ET ESPOIRS DÉÇUS

Pendant que plusieurs Nations en Afrique et dans le monde ont pris avec détermination le train en marche du développement économique et du progrès social, le Congo notre beau pays, a accumulé en 65 ans d’indépendance, plusieurs tares et rendez-vous manqués avec l’espoir. Toutes les occasions, même les plus prometteuses, ont viré au cauchemar :

  1. Le 15 août 1960, avec la proclamation de l’indépendance et l’instauration de la gouvernance du pays par des élites nationales, sous l’autorité du premier Président de la République, Fulbert YOULOU.
  1. Les 13, 14 et 15 août 1963, avec la « Révolution des trois glorieuses journées », ayant accouché d’une première période de 28 ans de parti unique, dont 5 ans avec le Mouvement National Révolutionnaire (MNR)

et 13 ans avec le PCT. Soit 28 ans de gestion de l’État, fondée sur la violence et les règlements de comptes politiques, dont le nombre de victimes innocentes a été évalué par la Conférence Nationale Souveraine (CNS) de 1991 à plus de 3.000

  1. Le 1er octobre 1990, avec la restauration du multipartisme et la convocation en avril 1991 de la CNS qui, au terme de trois mois de débat, restauration de la Nation et la République, dans le cadre d’un processus de démocratisation des institutions et de réhabilitation de l’État de droit.
  2. Le 31 août 1992, avec la fin du processus électoral, au terme duquel le pays se dote d’institutions (Conseils locaux, Parlement et Président de la République), auxquelles on accède par voie démocratique.
  3. Enfin, le rendez-vous manqué de la deuxième élection présidentielle démocratique de juillet 1997, arrêtée net par une guerre civile meurtrière et dévastatrice, qui éclate le 5 juin, entre les partisans du Président Pascal LISSOUBA, démocratiquement élu en juillet 1992 et ceux du Président du PCT, Denis SASSOU NGUESSO, battu dès le premier tour de l’élection présidentielle de 1992.

Cette guerre civile se termine, après cinq mois de combat, en octobre1997, par la victoire militaire des partisans du Président du PCT et son retour au pouvoir, tandis que le Président Pascal LISSOUBA, chassé du pouvoir, était contraint à l’exil à l’étranger, jusqu’à sa mort. Revenus au pouvoir par les armes en octobre 1997, le PCT s’emploie, depuis 28 années supplémentaires, à restaurer et consolider au Congo un monolithisme de fait, en imposant par la force, un processus électoral dévoyé, ayant permis de reconduire Monsieur SASSOU NGUESSO à la présidence de la République quatre fois de suite, en 2002, 2009, 2016 et 2021.

Présentement, tout est mis en œuvre pour qu’en mars 2026, la réélection dès le premier tour du candidat du PCT ne soit qu’une simple formalité.

  1. SOIXANTE-CINQ ANS DE FAILLITE DANS TOUS LES DOMAINES

À trois mois de l’élection présidentielle de mars 2026, le PCT en campagne électorale anticipée, tient un discours d’autosatisfaction béate, pourtant démenti sur tous les plans par une triste réalité, dont la caractéristique essentielle est la faillite et la ruine flagrantes dans tous les secteurs vitaux.

Il est évident que ce discours plein d’arrogance et d’assurance sur le bilan prétendument positif de la gouvernance du PCT, est le fait d’individus sortis du néant, mais propulsés dans les sphères juteuses du pouvoir, où l’enrichissement illicite en toute impunité, les privilèges et autres avantages financiers et matériels, les éloignent chaque jour des réalités de misère au quotidien vécues par de l’écrasante majorité des Congolais, toutes ethnies et catégories sociales confondues.

Car comment comprendre les discours sur le bilan prétendument élogieux du PCT au terme d’un demi-siècle de gestion chaotique du pouvoir d’État, quand la faillite et la ruine n’épargnent aucun secteur vital dans les domaines :

– De L’ÉDUCATION, des cycles préscolaire, primaire, secondaire et supérieur avec l’université Marien NGOUABI complètement en ruine, et l’université Denis SASSOU NGUESSO jamais achevée.

– De la SANTÉ, avec des établissements sanitaires sous-équipés, évoluant avec un personnel démotivé, qui accuse plusieurs mois d’arriérés de salaires. La succession des grèves dans la plupart des hôpitaux sonne l’alarme d’un secteur vital totalement à l’abandon…

– De L’ALIMENTATION et de la CONSOMMATION, où la main mise étrangère contrôle toutes les étapes du processus allant des importateurs grossistes aux petits détaillants sur les étagères du marché jusqu’à la moindre boutique du quartier.

Aucun secteur des boulangeries, des pâtisseries, des boucheries, des poissonneries, et autres aliments de base, n’échappe au monopole des affairistes étrangers.

– Des INFRASTRUCTURES routières et autres voies de communication, dont l’inexistence ou la dégradation paralyse l’accès à plusieurs localités, dont certaines sont enclavées depuis plusieurs décennies.

– Des chemins de fer CFCO et COMILOG, en ruine totale tant au niveau des gares, équipements, ateliers et dépôts divers qu’à celui des ouvrages de franchissement (ponts, viaducs, tunnels…). Il faut se rappeler que le CFCO au sein de l’Agence Transcontinentale de Communication (ATC), fût l’un des premiers chemins de fer de la sous-région d’Afrique centrale, infrastructure moteur du développement et de l’intégration des pays membres de la CEMAC. Le pont route/rail sur

le fleuve Congo, prévoyait la liaison stratégique de la capitale de la RDC, Kinshasa, avec le port de Pointe-Noire. Pendant qu’ailleurs en Afrique, les chemins de fer, en pleine modernisation, évoluent vers les lignes de TGV, au Congo, le CFCO est laissé en état d’abandon et de délabrement indescriptible.

– Des EXPLOITATIONS PÉTROLIÈRES, GAZIÈRES, MINIÈRES, FORESTIÈRES, livrées aux mains des sociétés étrangères sans contrôle.

– Le processus d’industrialisation du pays, accompagné par le

développement de grandes exploitations agropastorales, engagé sous la présidence d’Alphonse MASSAMBA DÉBAT de 1963 à 1968, a subi le même sort de faillite généralisée que les autres secteurs vitaux.

– Les transports aériens également concédés aux sociétés étrangères, après la liquidation à dessein des sociétés nationales AIR CONGO et LINACONGO.

– L’état de croissance désordonnée et non maîtrisée des villes, et

particulièrement des métropoles de Brazzaville et de Pointe-Noire dont les infrastructures et équipements de base ne répondent plus du tout aux besoins des populations.

– Les secteurs vitaux et essentiels de l’électricité et de l’eau potable n’ont pas été épargnés par la faillite. Aujourd’hui, les populations, même des deux grandes métropoles urbaines de Brazzaville et de Pointe-Noire sont privées, sinon épisodiquement desservies en d’eau potable.

Plusieurs activités socio-économiques sont impactées et déstabilisées par les pénuries chroniques d’eau courante, de courant et de carburant.

– Le domaine sensible de sécurité publique a été marqué depuis plusieurs années, notamment dans les grandes villes, par les activités crapuleuses des bandits baptisés ” BÉBÉS NOIRS ” ou ” KULUNAS “.

Plus d’une décennie durant, les services de police et de gendarmerie, ont curieusement affiché une attitude de complaisance à l’égard des violences infligées aux paisibles populations des quartiers populaires par ces bandits.

Il a fallu attendre la période sensible prélude à l’élection présidentielle de mars 2026, pour que le Président de la République en fasse une préoccupation personnelle, en envoyant des éléments de la Direction Générale de la Sécurité Présidentielle (DGSP) éradiquer ce banditisme qui prospère depuis plusieurs années.

Sans que l’on établisse clairement les manquements des services responsables du maintien de l’ordre et la sécurité publique, la DGSP, s’est lancée dans une véritable opération de gangstérisme d’État, en se livrant à des expéditions punitives contre des jeunes présumés être des Kulunas, froidement et publiquement abattus, en violation de toutes les procédures dignes d’un État de droit.

Désormais les exécutions sommaires publiques de jeunes prétendus bébés noirs sont suivies de la démolition des domiciles de leurs parents.

Comportement irrationnel de la Présidence de la République, alors qu’au sein du gouvernement, existe deux ministres, de l’Intérieur et de la Justice, disposant des services compétents, garants de la sécurité, du maintien de l’ordre et de la sanction des délits et crimes, conformément à la Constitution et à la loi.

Une fois de plus, la démonstration est faite, du fonctionnement hors norme de ” l’État PCT “. Comme on peut le constater, à travers ce constat sur l’état de faillite et de ruine de plusieurs secteurs vitaux de la vie quotidienne des Congolais, tant dans les villes que dans les campagnes, on est en droit de se demander de quel bilan positif se targuent les oligarques du PCT, après un demi-siècle de règne.

Sous d’autres cieux, en Afrique et dans le monde, des gouvernements patriotiques, consciencieux et responsables, ont offert à leurs peuples de véritables raisons d’espérer en un avenir radieux, par des réalisations d’infrastructures et équipements de très haute qualité.

En un demi-siècle de règne sans partage, le PCT, après avoir détruit les espoirs suscités par les réalisations des deux premières décennies de l’indépendance, sous Fulbert YOULOU, Alphonse MASSAMBA DÉBAT voire Marien NGOUABI,

jusqu’au aux années 80, est déterminé à s’arque-bouter au pouvoir, quoi qu’il en coûte au pays et surtout aux générations futures.

III. PERSPECTIVES ET CONCLUSIONS

Ainsi, de la proclamation de l’indépendance le 15 Août 1960 au déclenchement de la guerre civile du 5 Juin 1997, cinq rendez-vous historiques ont ponctué l’évolution politique de notre pays.

Cinq rendez-vous historiques en 65 ans d’indépendance qui, au lieu de combler les espoirs du peuple congolais en un avenir prospère, l’ont plutôt ruiné et enfermé dans un funeste destin dont les uniques rétributions sont les tragédies, drames et les violences récurrentes, les échecs des différents planset projets de développement socio-économiques pourtant annoncés à grande pompe par les gouvernements successifs, les luttes fratricides et sans répit des différentes forces politiques, clientélistes et tribalo-ethniques, en vue de la conquête, du contrôle ou de la conservation du pouvoir d’État.

Dans ces luttes fratricides autour du contrôle du pouvoir, le Congo est un des rares pays où, en plus des 3.000 victimes des violences politiques, un sort tragique a été infligé aux cinq anciens Chefs d’État.

En effet, deux ont été assassinés (NGOUABI et MASSAMBA DÉBAT), trois sont morts en condamnés en exil, sans honneurs de la Nation (YOULOU,

YHOMBY OPANGO et LISSOUBA), auquel il convient d’ajouter Émile BIAYENDA, l’unique Cardinal catholique que le Congo n’ait jamais connu, également assassiné.

Pendant qu’au Congrès en cours du PCT, les oligarques de ce parti affichent une autosatisfaction béate dans leurs discours, tels des individus vivant les réalités d’une autre planète, aucun domaine vital n’est à l’abri de la faillite.

Au regard de l’analyse ci-dessus sur l’état de faillite et de ruine de plusieurs secteurs vitaux au Congo, l’intérêt supérieur de la Nation, impose l’exigence de beaucoup de discernement dans la recherche des voies et moyens de sortir notre pays de l’impasse où l’ont plongé plusieurs décennies de mauvaise gouvernance du PCT.

La Fédération de l’Opposition Congolaise (FOC), considère comme irresponsable, l’obstination du PCT à vouloir faire de l’élection présidentielle de mars 2026, une simple formalité pour reconduire à la présidence de la République, comme aux précédentes élections, Monsieur Denis SASSOU NGUESSO.

Dans un monde en pleine mutation et confronté à des défis majeurs, susceptibles d’être à l’origine de la disparition de certains pays en tant qu’État/Nation, l’obstination à la conversation du pouvoir par une minorité, quoi qu’il en coûte, contre la volonté de l’écrasante majorité du peuple est mortelle et suicidaire.

Il est encore temps que dans un élan patriotique, se ressaisissent ceux qui au PCT, aiment le Congo, pour que se dégage un large consensus des forces vives de la Nation, en vue d’une réconciliation nationale et d’une réponse collective à la crise multidimensionnelle, qui menace l’avenir immédiat du Congo et partant des générations futures.

C’est pourquoi la Fédération de l’Opposition Congolaise (FOC) ne s’associera ni de loin, ni de près à une parodie d’élection présidentielle en mars 2026, d’avance pipée, susceptible de conduire notre pays à l’impasse, face aux multiples défis qui menacent son existence en tant que État/Nation.

Soixante-cinq ans d’indépendance, dans l’intolérance, l’exclusion, la corruption, l’enrichissement illicite, la violence politique, la gestion familiale, clanique, tribalo-ethnique et clientéliste de l’État, etc., ont créé trop de rancœur et de frustrations au sein du peuple, pour que l’élection

présidentielle de mars 2026 soit, comme les précédentes, une simple formalité pour reconduire le Président du PCT au sommet de l’État.

Il n’est pas trop tard pour nos compatriotes au pouvoir, à l’opposition et dans la société civile, de l’intérieur comme de la diaspora, de se tendre les mainspour sauver le navire Congo de la dérive.

Au terme de 42 ans de règne au sommet de l’État, le Président Denis SASSOU NGUESSO, dans un élan patriotique, peut encore se ressaisir et rejeter les flatteries de ses courtisans, déterminés à s’accrocher aux énormes privilèges accumulés sans mérite, en toute impunité, au sein d’un pouvoir usé et à bout de souffle.

La Fédération de l’Opposition Congolaise (FOC) vous interpelle solennellement pour qu’ensemble, nous sauvons le Congo de 65 ans d’indépendance introuvable.

 

Pour atteindre cet objectif de sauver le Congo par un large consensus au sein des forces vives de la Nation, la Fédération de l’Opposition Congolaise (FOC) réitère ses trois exigences formulées à plusieurs reprises ces dernières années

  1. La libération sans conditions des prisonniers politiques, Jean-MarieMichel MOKOKO et André OKOMBI-SALISSA, arbitrairement enfermés voici une dizaine d’année dans les geôles de la maison d’arrêt de Brazzaville ;
  2. L’adoption par le Parlement, d’une loi d’amnistie générale, garantissant le retour au pays, de tous les compatriotes, contraints à l’exil par condamnation, menaces ou poursuite pour leur engagement ou leurs idées politiques ;
  3. La convocation, pour la réconciliation nationale et l’apaisement retrouvés, d’un DIALOGUE NATIONAL INCLUSIF, en vue d’un large

consensus sur la reconstruction d’un Congo uni et prospère d’une part, et sur l’organisation au terme d’une période de transition à convenir, d’élections libres, transparentes et démocratiques d’autre part.

La Fédération de l’Opposition Congolaise (FOC), présente ses meilleurs vœux patriotiques et fraternels d’espoir, de bonne et heureuse année 2026 au

 

Peuple Congolais.

Brazzaville le 31 décembre 2025.

 

Pour le Bureau Politique de la FOC

LE PRÉSIDIUM

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