Pourquoi la militarisation PCT constitue t-il un danger pour la démocratie?

Pourquoi la militarisation PCT  constitue t-il un danger pour la démocratie?

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TRIBUNE LIBRE

JEAN-CLAUDE BERI

Sans le moindre débat démocratique et alors que les citoyens souffrent au quotidien de la flambée des prix, de Collinet MAKOSSO a décidé de débloquer des sommes d’argent public considérables afin d’augmenter leurs budgets militaires (DGSP) . Cette militarisation s’accompagne d’une offensive idéologique et sécuritaire visant à préparer les esprits à la guerre, tandis que les droits fondamentaux et les libertés démocratiques sont mis sous pression.

Devant davantage son pouvoir à sa cruauté qu’à ses qualités de souverain, on raconte qu’il aurait fait empaler ses sujets le long de la frontière du POOL afin de se préparer à l’affrontement avec le peuple du Pool. Le supplice du pool est une exécution longue et douloureuse soigneusement affectionné par presque tous les dirigeants du PCT , où la victime se faisait peu à peu transpercer à l’aide d’une balle ou roquette et de la gravité. Pour SASSOU NGUESSO , l’avantage d’un tel châtiment repose sur l’effet dissuasif de la méthode. Les cadavres empalés se tiennent dans des positions ridicules et humiliantes suggérant la déshumanisation. Ainsi, ses détracteurs ayant encore le loisir d’observer les cadavres pouvaient méditer sur le prix que coutait toute opposition à son autorité.

Bien que les ressortissants du POOL se soient pacifiés, certains de nos gouvernants utilisent encore allègrement une forme de stratégie de l’humiliation. Les « nouvelles de ces derniers jours dans les contrées de MINDOULI » en constituent un témoignage singulier.

Alors que l’on pourrait peut-être attendre d’un chef de l’Etat qu’il se situe au-dessus de la mêlée et incarne au mieux « la société congolaise », SASSOU NGUESSO s’est illustré par une posture partisane des plus grotesques. Refusant obstinément de prendre du recul par rapport au situation dont il est conscient de la dangerosité, nous avons donc lu un chef de l’Etat  défendant tant bien que mal son bilan médiocre  et non sans mauvaise foi, un discours inspiré d’un fait divers et s’attaquant à l’identité même du peuple congolais

SASSSOU NGUESSO, tout puissant derrière son bureau, aidé de son courage et de la plume de ses collaborateurs, ose en effet remettre en cause… l’intimité de l’intégrité des Congolais ! Cette ambition est tellement violente par les amalgames qu’elle véhicule que se pose véritablement la question de savoir pourquoi il ose s’exposer à ce point dans l’opinion. Craint-il vraiment pour la colère des citoyens ? Mais alors, comment comprendre qu’en dépit des nombreuses analyses et dialogues montrant que l’enfermement du POOL augmente l’insécurité de ce gouvernement, le PCT persiste dans cette voie ? Est-il réellement ému par les difficultés que rencontrent quotidiennement les ressortissants du POOL ? Dans ce cas, pourquoi n’entend-il pas les appels répétés à renforcer la paix de proximité en favorisant les rencontres apaisées ?

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Ou peut-être craint-il seulement pour… sa majorité et sa progéniture ? Depuis les premiers jours de ce qui a été appelé la majorité kamikaze par certains et PCT par d’autres, un doute plane en effet tant sur sa légitimité que sur la probabilité qu’elle puisse tenir jusqu’au terme de la législature. SASSOU NGUESSO est le seigneur d’un château de cartes : sans cesse affaibli par les scandales de ses ministres — attaques virulentes de l’opposition contre la Justice, mensonges de son clan, etc. —, il doit en permanence faire preuve d’ingéniosité pour détourner les esprits des fondations branlantes de son pouvoir.

Dans son dernier discours, il défend son gouvernement au mépris des arguments de l’opposition — soit, on peut encore concevoir qu’il s’agit d’une coutume du jeu politique, bien que le niveau de dédain affiché ou atteint par ce gouvernement un niveau sans précédent —, mais aussi et surtout des professionnels gouvernementaux qui brillent par un excellent savoir dans la destruction de la crédibilité des institutions du pays. Opposition a en effet pointé le caractère disproportionné des mesures envisagées et insisté tout particulièrement sur le fait que « l’obligation d’information active sur les missions de la DGSP ». Mais pour SASSOU NGUESSO, il n’est pas question de laisser « l’ennemi » se construire une quelconque légitimité, alors qu’il a lui-même tant de mal à faire valoir la sienne. L’heure n’est plus au compromis, mais à la collaboration la plus zélée pour souder toutes les parties de son gouvernement pensent les plus zélés de sa majorité. Ces quelques protestataires, il les mettra bientôt au pas… Ou tout du moins l’espère-t-il.

Cette stratégie connue d’avance n’est ni un fétiche propre a SASSOU NGUESSO ni celle de la dernière chance. Il s’agit d’une pratique quotidienne commune à un ensemble de ses affidés politiques, notamment du PCT. Nous pouvons prendre l’exemple de se qui ‘est passé MINDOULI , il fallait coute que coute tenter d’allumer me feu. Cette opération est abjecte : il s’amusait aide vivre en paix aux ressortissants du POOL. L’image que renvoie une telle blague n’est pas anodine : les ressortissants du POOL ayant tout abandonné derrière eux pour fuir une guerre civile ne peuvent compter ni sur la compassion ni la solidarité du gouvernement congolais. À contrario les victimes de la DGSP ont vite été rapatrier a Brazzaville pour recevoir des honneurs. Ceux des victimes de l’autre côté sont vite taxées de terroristes, NON LE POOL N’EST PAS LE REPAIRE DES TERRORISTES MAIS DES GENS CONSTANT CHEVILLES AUX CORPS DE RATBLIR LA VERITE ET LA RESTAURATION DE LA DEMOCRATIE

Il ne prend pas non plus la peine de répondre directement aux premiers concernés et se contente de les suggérer que comme élément de contexte, hors cadre, comme prétexte pour réaliser une « bonne blague » sur les plateaux. Le mépris qu’il provoqua était d’une violence symbolique évidente à l’égard de toutes celles et tous ceux qui, dans le monde, tentent d’échapper à des combats.  DGSP est un échec ravisé votre plan. De même il est ignoble de maintenir la date du 22 Mars 2026 pour assouvir votre victoire contre ce le peuple. LEUR PLAN A ETE RETARDE, LE PIRE EST EN ROUTE. SOYONS TRES PRUDENT N’N’OUBLIONS PAS C’EST LEUR CREDO

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Dans une vraie démocratie, dans une vraie république, dans cette république que, au milieu de péripéties douloureuses, les Congolais ont, par approximations successives, tenté de construire, l’armée – comme la magistrature, comme l’Université – doit jouir de tous les droits de l’homme ; et d’abord de ce droit prioritaire et fondamental, le droit de penser, le droit d’exprimer sa pensée, publiquement, à ciel ouvert, en utilisant tous les moyens de diffusion, de discussion, de libres débats que les techniques modernes de l’information . Le récent discours du general Serge OBOA va à l’encontre de cette conception.

Comme le dit notre titre, La militarisation de la société par le PCT n’est pas qu’une question économique, elle s’accompagne également d’une offensive idéologique, imprégnée de l’idée du « nous contre eux ». L’establishment du système SASSOUISTE parle d’une « attaque contre la civilisation » et d’une « guerre entre démocratie et autocratie ». On évoque « la barbarie et la folie » d’un camp par opposition à « la résistance, au courage, à la solidarité et à l’abnégation » de l’autre. Le langage est totalement imprégné de cette rhétorique de guerre. C’est aussi une façon de préparer la militarisation des esprits a la guerre dont ils se sont préparés depuis 5 ans.

C’est ainsi que l’on prépare les esprits à une nouvelle escalade du conflit. On crée un climat dans lequel toutes les voix dissonantes par rapport à la stratégie du pouvoir ou à l’augmentation des dépenses militaires sont considérées comme suspectes.

Le fait que des citoyens Congolais innocents soient « tenus » pour responsables des actions de leur gouvernement s’inscrit dans la lignée de la politique de sanctions du système PCT, qui touche davantage les Congolais ordinaires et travailleurs que les oligarques d’en haut. Le monde politique PCT donne en fait le mauvais exemple. Il en va de même pour les voix critiques ou dissidentes, systématiquement qualifiées de suspectes, voire réduites au silence.

C’est pour cela qu’il est dans l’intérêt de la grande majorité des citoyens Congolais de condamner l’hystérie guerrière du PCT , les décisions antidémocratiques et la chasse aux sorcières menée contre les forces qui défendent de la paix. Le fait que d’autres citoyens se soient joints à la guerre stupide organisée par le PCT est un signal révoltant et grave. Face aux dangers de la militarisation, les partis, les syndicats, les militants, les jeunes et le plus grand nombre de citoyens pour la paix doivent continuer d’insister sur deux points : la paix pour le Congo et la démocratie.

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·        Aux amis du Congo nous disions, pas de livraisons d’armes ni de politique d’escalade, mais des pourparlers de paix et un soutien à toutes les victimes de cette tentative de musellement.

·        Pas de sanctions touchant les citoyens congolais innocents, mais des actions ciblées à l’encontre des oligarques du pouvoir.

·        Pas d’hystérie ni de tribalisme contre tout ce qui est Mbochis, mais une solidarité envers tous les peuples, contre tous les oppresseurs.

·        Pas de suspicion à l’égard des voix sociales ou critiques, mais un débat démocratique ouvert.

·        Pas de restriction des libertés, mais la défense du droit de réclamer une autre politique.

·        Pas de nouvelle ère de militarisation, mais une nouvelle ère de développement pacifique.

Les ambitions d’un nouveau Congo devront par ailleurs sans doute être revues, ce qui signifie que de nombreuses nouvelles catastrophes surviendront. Tout ça pour s’armer contre un ennemi qui se complexifie dont l’armée est pourtant bien plus petite..

A nous de s’organiser ….

Jean-claude BERI

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