Congo : recompositions explosives du pouvoir sécuritaire et coups tordus dans la course à la succession

 

 

Ghys Fortuné BEMBA DOMBE

 

Les luttes claniques à la succession de Denis Sassou-Nguesso s’intensifient, au moment où la santé déclinante de ce dernier handicape la gestion de l’État, y compris dans le domaine sécuritaire qu’il maîtrisait jadis. Notre article du 30 janvier alertait sur les rivalités internes. Les faits récents confirment un malaise profond : la sortie fracassante du colonelle Aline Olga Lonzaniabeka, précédé du décret de sa rétrogradation qui a circulé sur la toile et non démenti par la hiérarchie ni par le Nihiliste Moungalla, interroge. Un cas rarissime qui ouvre la boîte de Pandore des rivalités mortelles au sommet.

Le 1er février, la colonelle Lonzaniabeka a brisé son devoir de réserve en allant sur les réseaux sociaux via quatre audios virulents. Loin d’un simple recours personnel, ces déclarations révèlent une toile de fond stratégique majeure : des affrontements pour le contrôle sécuritaire autour du président. On sait que dans les régimes autoritaires, les crises internes se règlent par arbitrage opaque, neutralisation discrète et silence stratégique, plutôt que par transparence publique. Trois scénarios, non exclusifs, éclairent cette séquence explosive.

L’arbitrage discret de M. Sassou pour pacifier sans bruit

Traditionnellement, ce rôle revenait à Anatole Collinet Makosso, titulaire d’un DEA égyptien en diplomatie et expert dans la résolution de conflits, mais préoccupé par le spiritisme et autres, il a échoué et même abandonné le Pool natal de son épouse où samedi 31 janvier 20h36, la DGSP a encore fait des blessés et tué le civil Dro à Mabouba sans raisons. Ici, le centre présidentiel (la famille Sassou) opte pour une désescalade administrative : déplacer les acteurs exposés, ajuster les chaînes de commandement et geler les tensions par dilution. L’objectif ? Assurer l’obéissance sans justice formelle. Louzaniabeka pourrait ainsi obtenir une affectation latérale ou une mission technique, neutralisant sa menace tout en évitant une victimisation publique. Mais ses audios publics ont définitivement contredit cette logique, forçant M. Sassou à choisir entre deux autres voies radicales.

L’offensive informationnelle de JDO pour recentraliser

JDO, pilier du pôle renseignement et sécurité rapprochée via le Conseil national de sécurité (CNS), aurait orchestré une contre-attaque. Les accusations de Lonzaniabeka – tramadol, viols, subversion contre le président – serviraient de courroie de transmission pour tarir les rumeurs contre lui, identifier les fuites numériques (via l’ANSSI de son neveu Conrad Oboulhas Tsahat) et réaffirmer son monopole informationnel. Ces accusations viseraient à marginaliser l’État-major de l’armée (général Guy Blanchard Okoï) et son rival Général Ngatsé Nianga-Mbouala soutenus par Pierre Oboa, Bruno Jean Richard Itoua, Pierre Ngolo et Cie, renforçant le CNS et la loyauté des cercles mbochis d’Oyo autour de lui.

Une purge instrumentalisée par le centre

  1. Sassou combinerait les deux pour une neutralisation chirurgicale : utiliser la crise pour écarter des figures jugées encombrantes (forte aura militaire, appartenance à des réseaux franco-internationaux, efficacité opérationnelle prouvée), sous couvert de restructurations légales ordinaires (limite d’âge, rotations). La vérité, M. Sassou voudrait intensifier sa coopération avec la Russie après sa présidentielle (c.f plusieurs dépêches des services spéciaux occidentaux). Sa peur, est de se faire doubler par : Nianga Mbouala qui a encore des milliers d’elements à la ( GR – DGSP) et le français Guy Blanchard Okoï en accointance avec Denis Gokana mécontent depuis que Joujou Sassou l’a arraché le  bifteck. La nomination du prochain gouvernement dans 69 jours (ou ACM se bat de rempiler devant Maboundou, Mabiala, N’Silou, etc .), activera ce processus, sacrifiant des pions périphériques sans admettre des abus ou exagérations. Ces hypothèses dessinent la volonté de permanence d’une gouvernance clanique où les crises se règlent par confrontation et non par vérité. La dissidence sera ainsi écrasée ou recyclée pour préserver la cohérence du pouvoir, sans adversaire dangereux. On entre dans la phase de la veillée d’armes avant la confrontation finale qui devrait aboutir à l’interpellation des généraux Ngatsé Nianga Mbouala avec motif de détournement de fonds et débarquement d’Okoï et Cie de leurs responsabilités. Prélude d’y revenir, il sied de dire, que, la colonelle Aline a trahit son serment militaire et ses obligations et devrait être mise aux arrêts de rigueur car :

– Partir en formation sans l’aval de sa hiérarchie, est un acte de rébellion doublé d’une désertion de poste

– Rencontrer la hiérarchie militaire française (le Contrôleur général de l’armée) sans l’aval de l’attaché militaire ou l’ambassadeur du Congo en France, est susceptible d’être qualifié d’acte d’intelligence avec les adversaires assimilable à la haute trahison

– En tant qu’officière supérieure des renseignements, dotée d’une grande culture, elle ne peut ignorer que tout stagiaire en France doit impérativement contacter l’Office de gestion, des étudiants et des stagiaires (OGES) pour diverses formalités.

– Certes, nous compatissons aux persécutions sur Aline, mais pointé Nianga-Mbouala 10 ans après, ressemble à l’arbre qui cache la forêt.

Nous reviendrons sur cette affaire et sur le secteur du numérique sans oublier la CCDB après la déclaration de candidature de M. Sassou le 7 février 2026 à la présidentielle sans enjeux.

 

Ghys Fortuné BEMBA DOMBE

 

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