Le Crépuscule d’un Règne : Entre Méfiance, Solitude et Crise de Confiance

Paranoïa + + + : Denis Sassou Nguesso testé positif, alerte maximale !

Le Crépuscule d’un Règne : Entre Méfiance, Solitude et Crise de Confiance

Serge Armand Zanzala,

À la tête du Congo-Brazzaville depuis près d’un demi-siècle, Denis Sassou Nguesso traverse une période de turbulence extrême. Vieillissant, isolé, contesté de l’intérieur comme de l’extérieur, l’homme fort de Brazzaville apparaît de plus en plus comme un chef d’État en perte de repères, acculé par les réalités politiques, sociales et géostratégiques qu’il ne semble plus maîtriser. Au fil des semaines, son comportement devient erratique, ses déclarations alarmistes et ses décisions dangereusement imprévisibles. Derrière les murs du pouvoir, c’est la panique. Et dans les coulisses, la crainte d’un effondrement brutal du système Sassou hante les esprits.

La solitude d’un roi déchu

Depuis quelques mois, les rumeurs les plus alarmantes circulent dans les couloirs du pouvoir : Denis Sassou Nguesso serait dans un état de confusion avancée. D’après des sources bien informées, il parle seul, ressasse ses craintes de trahison, et voit des ennemis partout, y compris parmi ses plus fidèles collaborateurs. Son obsession : sa propre survie physique et politique.

La phrase suivante, rapportée par un parent, résume l’angoisse présidentielle : « Si vous continuez ainsi, j’irai me reposer au Maroc pour longtemps. »

Mais derrière l’apparente volonté de repli se cache une stratégie de diversion : pendant qu’il évoque un exil potentiel, le président renforce les dispositifs militaires et fait appel à des mercenaires étrangers pour consolider son pouvoir.

Perte d’autorité et fracture interne au sein du clan présidentiel

Le climat de méfiance atteint aujourd’hui les plus hauts sommets de l’appareil d’État. Le président n’est plus écouté, ni même craint. Ses décisions, parfois prises dans la précipitation, sont contestées, freinées, voire ignorées par des membres de son entourage. Le Parti congolais du travail (PCT), autrefois pilier du régime, rejette désormais l’idée d’une succession dynastique, alors que le président continue de vouloir placer un membre de sa famille à la tête de l’État en 2026.

Plus grave encore : certains de ses plus proches parents ou membres de son gouvernement osent désormais le contredire ouvertement. À l’instar du ministre Pierre Oba, qui l’a rappelé à la réalité lors d’une réunion confidentielle où Sassou tentait d’opposer les ressortissants du Nord aux Bakongo : Si révolution il y aura, elle ne viendra pas que des Bakongo, mais de tous les Congolais.

Cette remarque, d’une rare audace, illustre l’épuisement de la loyauté clanique et l’effondrement de l’unanimisme tribal qui a longtemps protégé le régime.

Mais au-delà de la fracture politique, la vérité sur ses crimes de sang, désormais exposée sur les réseaux sociaux, affaiblit davantage le président. Plusieurs documents, vidéos, témoignages et dossiers exhumés par des militants et des lanceurs d’alerte circulent librement sur les plateformes numériques, ébranlant le mythe de l’homme fort et réveillant les douleurs des populations meurtries.

Face à cette situation, certaines voix, au sein même du Nord, lui proposeraient de se retirer progressivement du pouvoir et de choisir un dauphin acceptable parmi les filles et fils originaires du Nord, en particulier de la région de Makoua, pour tenter de reconstruire une unité régionale fragilisée.

Cependant, les noms avancés peinent à faire l’unanimité : l’ombre du clan, les intérêts divergents et les rancunes accumulées au fil des ans rendent tout consensus difficile. La désignation d’un successeur issu du Nord ne garantit plus la stabilité. Elle risque même d’accentuer les tensions, tant la société congolaise réclame désormais une véritable alternance, au-delà des origines régionales ou ethniques.

Une spirale d’isolement sur la scène internationale

Sur le plan international, Sassou Nguesso n’est plus l’allié incontournable qu’il prétendait être. La France, son partenaire historique, a tourné la page. Emmanuel Macron lui demande clairement de quitter le pouvoir et d’organiser un dialogue national inclusif.

De son côté, l’administration américaine considère désormais Brazzaville comme une zone à risque, sous influence de réseaux suspects, et associe le régime à des activités potentiellement liées au terrorisme.

À cela s’ajoute une vigilance accrue des ONG internationales de défense des droits humains, qui menacent de rouvrir les dossiers enfouis : Crimes contre l’humanité ; Crimes économiques ; Répressions sanglantes de manifestations pacifiques ; Gestion opaque des ressources naturelles.

Les réseaux de lobbying qui, par le passé, orchestraient les opérations de blanchiment d’image du régime, refusent désormais de travailler avec lui.

Le chantage ethnique : une vieille arme qui ne prend plus

Dans un réflexe de survie politique, Denis Sassou Nguesso a tenté de relancer le spectre du conflit ethnique. Il a convoqué à huis clos plusieurs personnalités originaires du Nord pour leur délivrer un message glaçant :  Si je tombe, les Bakongo viendront vous massacrer jusque dans vos villages.

Mais ce discours ne prend plus. Non seulement il est dépassé et dangereux, mais il est désavoué par ses propres cadres. Les Congolais, aujourd’hui, sont fatigués des divisions instrumentalisées. Ils aspirent à un changement de système, et non à une guerre entre communautés.

Militarisation accrue et géopolitique explosive

Face à l’effondrement de ses alliances internes et à l’hostilité croissante de la communauté internationale, Sassou choisit la fuite en avant. Il militarise le territoire, fait appel aux mercenaires russes du Groupe Wagner, et renforce les dispositifs de surveillance, en particulier autour de Mpila, où un obus aurait récemment explosé non loin de sa résidence, sous une pluie battante qui s’abattait sur la ville.

Mais cette stratégie est à double tranchant. En plaçant les mercenaires russes face aux forces américaines du Groupe Black Water, déployées en soutien à Kinshasa, Sassou transforme la frontière entre les deux Congo en un théâtre de tensions géopolitiques majeures.

Au lieu de favoriser une coopération entre Brazzaville et Kinshasa, deux capitales séparées par un fleuve mais unies par l’histoire et les défis communs, le président joue la carte du conflit latent.

Vers une sortie incertaine : exil, implosion ou transition ?

Tout indique que la fin d’un cycle politique est proche. Mais comment ce cycle va-t-il se refermer ? Sassou acceptera-t-il de quitter le pouvoir pacifiquement ? Ira-t-il vraiment se « reposer » au Maroc ou s’agit-il d’un écran de fumée ? Ou bien tentera-t-il une dernière manœuvre de répression brutale pour rester en place ?

Le peuple congolais, lui, observe, attend, et s’organise. Des mouvements citoyens, des jeunes, des cadres civils et militaires, préparent activement l’après-Sassou, dans un climat de plus en plus tendu. Si le régime s’entête à ignorer les appels à la transition, l’explosion sociale ou militaire pourrait survenir à tout moment.

Conclusion : une page d’histoire est en train de se tourner

L’histoire retiendra peut-être cette période comme celle où un pouvoir absolu, usé par le temps et par ses propres contradictions, a fini par s’auto-détruire. Denis Sassou Nguesso, jadis stratège, aujourd’hui isolé, est en train de perdre pied, non seulement face à l’opinion publique, mais aussi face à ceux qui, longtemps, ont tiré profit de sa longévité.

Il ne s’agit plus seulement de remplacer un président. Il s’agit de reconstruire une nation, de déminer des décennies de peur et de division, et d’ouvrir la voie à une transition démocratique réelle, inclusive et durable. Le Congo-Brazzaville est à la croisée des chemins.

Il est encore temps d’éviter le chaos.

Serge Armand Zanzala, Écrivain, chercheur, citoyen engagé, Directeur de La Société Littéraire, Initiateur du projet Kongo Ya Sika

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