Henri Bouka, Auguste Iloki et Raymond Zéphirin Mboulou auront-ils enfin honte ?

Serge Armand Zanzala

La déclaration de Denis Sassou Nguesso contre le vol et la corruption
Lors d’une déclaration récente, le président de la République du Congo, Denis Sassou Nguesso, a affirmé : « Celui qui a volé devrait avoir honte. Honte au voleur ! Honte au corrupteur et au corrompu.»
Cette déclaration, forte dans son principe, condamne clairement le vol et la corruption. Elle renvoie à des valeurs morales et politiques fondamentales qui devraient guider la gestion des affaires publiques et la vie démocratique d’un pays.
La méfiance persistante autour des élections au Congo
Cependant, pour de nombreux Congolais, ces paroles soulèvent immédiatement des interrogations. Une grande partie de l’opinion publique considère en effet que les élections organisées depuis plusieurs années sous le pouvoir du Parti Congolais du Travail (PCT) n’ont jamais été véritablement libres ni transparentes.
Cette perception alimente une profonde méfiance à l’égard du processus électoral et des institutions chargées de garantir la sincérité du vote.
Le rôle controversé de la Commission électorale nationale indépendante
Parmi les institutions souvent mises en cause figure la Commission électorale nationale indépendante (CENI), dirigée par Henri Bouka.
Selon les critiques formulées par l’opposition et par certains observateurs, les résultats issus des bureaux de vote ne refléteraient pas toujours fidèlement la volonté exprimée par les électeurs. Dans ces accusations, le président de la CENI est régulièrement présenté comme l’un des acteurs centraux d’un système accusé de manipuler les résultats avant leur transmission aux autorités compétentes.
Le ministère de l’Intérieur et la proclamation des résultats
Après leur centralisation, les résultats sont proclamés par le ministère de l’Intérieur, dirigé par Raymond Zéphirin Mboulou.
Pour de nombreux critiques du système électoral congolais, c’est à ce niveau que les résultats contestés seraient officiellement annoncés. Cette situation contribue à renforcer les soupçons d’une organisation électorale qui ne respecterait pas toujours la vérité des urnes.
La Cour constitutionnelle au cœur des contestations
Le processus électoral s’achève devant la Cour constitutionnelle, présidée par Auguste Iloki. Or, cette institution est elle aussi régulièrement accusée par l’opposition de valider des résultats électoraux contestés et de trancher systématiquement en faveur du candidat du pouvoir, en l’occurrence Denis Sassou Nguesso. Cette situation renforce l’impression d’un système institutionnel où les contre-pouvoirs seraient fragilisés.
La question cruciale du taux d’abstention
Un autre élément important concerne la participation électorale. De nombreux témoignages provenant des représentants des candidats présents dans les bureaux de vote évoquent un taux d’abstention particulièrement élevé.
Les chiffres officiels ne sont pas encore publiés, mais les informations recueillies par ces témoins pourraient permettre d’éclairer la réalité de la participation électorale et de mesurer l’ampleur du désengagement des citoyens.
Les témoins des bureaux de vote et les preuves recueillies
La présence de certains citoyens et représentants de candidats dans les bureaux de vote a permis de recueillir des observations directes sur le déroulement du scrutin.
Pour beaucoup, ces témoignages constituent désormais des éléments importants qui pourraient servir de preuves sur la réalité du vote et sur le niveau réel de participation. Ils représentent également une mémoire électorale précieuse pour l’histoire politique du pays.
Une question de dignité et de vérité des urnes
Dans ce contexte, la déclaration du chef de l’État prend une dimension particulière. Si, comme l’a affirmé Denis Sassou Nguesso, «Celui qui a volé devrait avoir honte. Honte au voleur ! Honte au corrupteur et au corrompu.» , le voleur, le corrupteur et le corrompu doivent être dénoncés .
Au moment de la proclamation des résultats de l’élection du 15 mars dernier, les responsables de ces trois institutions électorales choisiront-ils enfin de sauver leur dignité en proclamant les véritables résultats sortis des urnes ?
Ainsi, la question demeure : Henri Bouka, Auguste Iloki et Raymond Zéphirin Mboulou auront-ils enfin honte et auront-ils le courage de respecter la vérité des urnes ? Oseront-ils, au minimum, annoncer avec transparence le taux réel d’abstention et en tirer toutes les conséquences politiques ?
Cela pourrait conduire soit à l’annulation de cette élection afin de l’organiser à nouveau dans des conditions crédibles et transparentes, soit à la convocation d’un dialogue national destiné à restaurer la confiance entre les institutions et le peuple congolais, soit encore à l’ouverture d’une période de transition politique pour refonder les bases du processus démocratique, comme le réclame à cor et à cri Modeste Boukadia.
Du kaolin pour Mbuta Modeste Boukadia : et si l’histoire lui donnait raison ?
Peut-être devrons-nous, dès aujourd’hui, acheter du kaolin ou de la chaux, ainsi qu’un pinceau, pour blanchir symboliquement le visage et tout le dos de Modeste Boukadia, ce Mbuta (Vieux) qui ne cesse, depuis longtemps, d’appeler à l’organisation d’un dialogue national inclusif et à l’ouverture d’une transition politique.
Car, à force de le répéter, certains commencent à se demander s’il ne faudra pas finalement reconnaître que ses appels n’étaient peut-être pas dénués de sens.

Serge Armand Zanzala, Écrivain, chercheur, citoyen engagé Directeur de La Société Littéraire, Initiateur du projet Kongo Ya Sika

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