République du Congo
Présidentielles congolaises des 12 et 15 mars 2026.
OUABARI MARIOTTI
De l’élu des sept candidats en lice, quel qu’en soit son camp, les Congolais voudraient un changement profond pour réparer la République.
La campagne électorale pour le scrutin présidentiel des 12 et 15 mars 2026, en République du Congo, lancée le 28 février 2026, tire à sa fin.
Des sept candidats dans la course, MM. Vivien Romain Manangou, Mabio Mavoungou Zinga, Denis Sassou Nguesso, Anguios Nganguia Engambe, Dave Mafoula, Melaine Destin Gavet Elengo et Joseph Kignoumbi Kia Mboungou, celui de la majorité présidentielle, M. Denis Sassou Nguesso mène une campagne à l’américaine. Celle ci est marquée par l’épaisseur et la splendeur de ses manifestations à chaque étape du candidat Denis Sassou Nguesso, sur le territoire national pour délivrer son message. Un style de campagne très médiatisé, axé sur la communication. Il va sans dire qu’il est coûteux. Le candidat Denis Sassou Nguesso ayant misé sur les grands meetings pour toucher le maximun de Congolais.
Dans les villes que sillonne le candidat Denis Sassou Nguesso, son équipe de campagne a mis en avant sa personnalité, ses réalisations, au cours des mandats précédents du Président sortant qu’il est, ainsi que les valeurs nationales partagées que le candidat défendrait pour créer un lien émotionnel entre les électeurs et lui. Les réseaux sociaux sont utilisés pour diffuser des messages qui ont fini par devenir viraux.
Il découle de cette stratégie de campagne de M. Denis Sassou Nguesso, à la fois candidat à un nouveau mandat et candidat à sa propre succession, que celui-ci y a lourdement investi. N’en reste pas moins vrai que vit dans des conditions précaires, avec leur cohorte d’indices de dénuement, voire de pauvreté, la majorité des Congolais qui voient se dérouler, sous leurs yeux cette campagne fastueuse.
D’où le côté interrogateur de cette campagne. Cela, dans la mesure où l’on se demande si M. Denis Sassou Nguesso, probable prochain locataire du Palais Présidentiel du Plateau, à Brazzaville, saura se donner les moyens moraux et politiques pour se défaire des mécanismes, procédés, méthodes ou autres pratiques précédentes sur lesquelles il s’est appuyé pour diriger jusqu’ici le pays. Et c’est là un gros défi pour le Président Denis Sassou Nguesso.
C’est dire qu’en cas de victoire de M. Denis Sassou Nguesso, l’exigence qui s’impose à lui de se remettre en cause aux fins de sortir des blocages de mauvaise gouvernance qui l’ont enfermé pour diverses causes et autres intérêts particuliers qui se bousculent, sans cesse, autour de lui.
En clair, si le Président Denis Sassou Nguesso l’emporte, il aura une responsabilité énorme pour répondre aux attentes des Congolais. Devant vraiment se pencher sur les problèmes de gouvernance et de développement pour insuffisances du passé.
La question n’est pas juste de gagner les élections, mais de les légitimer et de rétablir la confiance entre le Président réélu et son peuple. Et la solution résiderait dans un plan à deux versants. D’une part, la totale et sans réserve compréhension des difficultés que vivent les populations, aussi bien des villes que de l’arrière pays. De l’autre, la mise à jour d’un vrai plan pour améliorer les choses, en replaçant l’Etat dans ses droits et sa légitimité. Tel en finir avec toutes ces incohérences administratives et financières qui rendent opaque la gouvernance du pays.
Que reviennent, sans exception, les bulletins de paie pour les travailleurs de toutes les institutions de la République aux fins de les fiscaliser. En finir avec l’archaique paiement des salaire en espèces d’autant qu’il comporte des risques de fraude. Que les fonds publics n’aient qu’une trésorerie, le Trésor Public, et non les banques privées. Réinstituer la plaque minéralogique jaune pour les véhicules non militaires et rouge pour la force publique. Tant de véhicules, propriété de l’Etat circulent en mode banalisée. Et encore, et encore, bien d’autres réformes urgentes. Telles celles de l’ex SNE et SNDE, la CRF aux fins de fluidifier la paiement des pensions, ECAIR. Tant d’autres, aussi bien sans incidence financière que financière si la nécessité s’en fait sentir.
Parallèlement à ces reformes qui ne sont que des mesures visant le rétablissement en bon état de l’existant, il conviendrait de renforcer les institutions et les mécanismes de contrôle pour garantir une vraie transparence et une alternance pacifique au pouvoir le moment venu. Cela, tout en veillant à l’affirmation de l’importance de la responsabilité du gouvernement envers les citoyens. Egalement renforcer les médias indépendants et la société civile pour qu’ils puissent continuer à faire entendre la voix des Congolais et pousser pour des changements positifs.
Tout ceci dit, au soir du 15 mars 2026, tout devra être mis en place pour le que candidat élu soit dans l’obligation morale et politique de donner du crédit et légitimer sa victoire. Dans le cas du candidat Denis Sassou Nguesso, il sera de son intérêt de se réinventer pour répondre au mieux aux défis actuels du pays.
Nul dirigeant qui aime son pays ne peut l’aider à progresser s’il ose négliger le moindre de ses compatriotes. Ce n’est point d’aimer son pays qu’il convient de se glorifier. C’est de créer les conditions optimales pour que ses compatriotes vivent convenablement.
Paris 11 mars 2026
Ouabari Mariotti
Ancien Ministre de la Justice
République du Congo



































































































































































































































































































































































































































































































































