Congo : 10 archétypes de Premier ministre pour le dernier quinquennat de Sassou

Ghys Fortune Bemba Dombe
*La nomination du prochain Premier ministre, qui marquera le début du dernier* *quinquennat de Denis Sassou Nguesso, suscite encore des spéculations. Effleurée dans notre édition n°004 de Worldpress7 et sur les réseaux sociaux, la question mérite un zoom : quels profils pour gérer un pouvoir politiquement verrouillé, mais économiquement asphyxié ?*
Dette publique à 97,2% du PIB, tensions de liquidités, dépendance aux hydrocarbures et déficit budgétaire en hausse, selon le FMI pour 2025-2026. Ainsi se décline le mal congolais que nous avons relevé maintes fois à travers nos publications, depuis la nomination de Christian Yoka. Le contexte post-électoral est en surchauffe. Rien ne rassure les congolais même si M. Sassou a été réélu avec 94,82% des voix , il est de notoriété publique que le scrutin a été très contrôlé avec une marginalisation de l’opposition, et cerise sur le gâteau, une coupure d’internet et de communications locales, certes plus courte par rapport aux scrutins précédents mais continue d’agiter certaines gens. Le taux d’abstention est visiblement élevé à Brazzaville malgré les chiffres officiels de participation.
Ces 10 archétypes ne se limitent pas à des CV : ils esquissent 10 façons de manager la contradiction congolaise, entre verrou politique et urgence économique. Après la prestation de serment de M. Sassou le 16 avril 2026, les noms des trois favoris pour la Primature et 20 noms pour les ministères seront dévoilés. D’ici là, voici les profils clés, ramenés à quatre logiques vitales : stabiliser les finances, transformer les structures, gérer le système ou contenir la crise. L’idéal ? Un technocrate crédible, accepté par le noyau du pouvoir, réformateur sans rupture.
*Le Technocrate de stabilisation*
Profil rigoureux pour l’urgence macroéconomique. Exemple : un “Comptable de l’État” comme Jean-Baptiste Ondaye, en concurrence au poste de directeur de cabinet du président de la République avec Florent Tsiba ou Gilbert Ondongo (impliqué dans des affaires comme celle de Moshi Hojeij et les privatisations dans le programme économique de M. Sassou P.13 qui établi le bradage des entreprises). Atouts du prétendant au poste : discipline budgétaire, crédibilité FMI. Faiblesse : austérité sans ancrage social.
*Le Banquier systémique, “Architecte du nexus”*
Maîtrise le lien vulnérable banques-Trésor, signalé par le FMI. Rigobert Roger Andely incarne ce rôle : expert en liquidités et refinancements. Atout : risque systémique contenu. Risque : État subordonné à la finance, économie réelle oubliée.
*Le Réformateur institutionnel, “Chirurgien de l’État”*
Attaque les organes défaillants – SIGFIP, contrôle des dépenses, anticorruption. Hervé Assah Matsika (Kongo) est le prototype. Stratège écouté par M. Sassou, mais affaibli par les intrigues de Tsiba et Bouya que M. Sassou a relevé lors de son dernier voyage ou ce dernier n’avait plus embarqué dans le jet. Pertinence maximale face à une crise institutionnelle. Coût : menace les rentes du pouvoir.
Plusieurs figures résistent et continuent leur course à fond tel que nous le voyons chez Anatole Collinet Makosso qui continue à sillonner ici et là pour remercier les électeurs alors que l’heure est au travail. Idem pour Castanou qui vient de tenir une conférence dans le cadre de l’action citoyenne à Radison Blu en compagnie des professeurs agrégés Serge Lenga et Bernard Gazo, et de Luc Missidimbazi. N’Silou, Mabiala, Maboundou, Mikolo et autres sont sur le starting block.
Bref, la course est effrénée vers les promontoires et les charlatans se frottent les mains pour diverses sollicitations. Il reste que pour sauver le Congo, M. Sassou doit prendre des bonnes décisions pour ce début du quinquennat sauf s’il veut perdurer à satisfaire les intérêts de son clan, sa famille, ses amis, du Pct ou de ses partisans au détriment de ceux du peuple.
Prochainement nous allons faire de la prospective en publiant les trois noms des candidats qui se bousculent au portillon de la primature et vingt cinq de ceux qui auront le strapontin ministériel. La vague bleue aura t-elle des étrennes en la personne de Digne Elvis Okombi-Mopap, bien positionné pour l’image des masses?
Si Ondaye et Andely ne peuvent pas figurer en pôle position de premier ministre au nom de la géopolitique, ils peuvent, cependant, équilibrer l’équation en acceptant plutôt des maroquins ministériels.
À moins que M. Sassou tranche par l’exemple en nommant un chef d’État-Major ou un ministre de la Défense Kongo, et un financier du même bord, libérant la Primature, chose délicate avec la peur et le tribalisme qui l’habitent. (A suivre).



















































































































































































































































































































































































































































































































































