République  du Congo

16 avril 2026, Au  Stade  de la Concorde  de  Kintélé,

Puisse le Président Denis Sassou Nguesso,

Allier symboles et  actes de la Concorde Nationale

 

 

 

OUABARI MARIOTTI

 

Declaré  vainqueur par la Cour Constitutionnelle  à l’élection  présidentielle des 12 et 15 mars 2026, le Président  Denis Sassou Nguesso  sera  investi,  selon  la règle, le  16 avril  2026. En  présence  de nombreux invités,  particulièrement des Chefs  d’Etat  et de Gouvernement  étrangers,  la cérémonie  d’investiture se deroulera  en  banlieue Nord de Brazzaville, au Stade  de la Concorde  de Kintélé.

En choisissant de prêter  serment  de Chef d’Etat  au Stade de la Concorde de Kintélé,  j’ose croire que le Président Denis Sassou Nguesso caractérise le lieu de l’événement  comme symbole de l’unité  et de la cohésion des Congolais  ainsi que  de leur  force collective. La  concorde nationale  reposant, par  principe, sur des valeurs  d’unité, dans la diversité, la solidarité et le respect mutuel. Etant, par ailleurs,  une  des  clés  du développement du Congo,  de la  stabilité et de  la prospérité des Congolais.

Il ne fait pas de doute  que  les  Congolais qui s’empresseront  le 16 avril  2026  pour  participer  à  l’événement  soient  mus  par  un désir ardent. Celui   de voir  leur  pays connaître  un changement  en profondeur,  au moment où le  Président Denis Sassou  Nguesso entame  un  nouveau mandat. Des Congolais fiers  d’être  un peuple  uni par une  histoire   et une  culture  communes. Mais, fort  préoccupés  par  l’amélioration de leurs  conditions de vie,  l’affermissement  des valeurs de justice, la  répartition équitable des richesses nationales, au regard d’immenses  ressources  dont  recèle le pays et  les retards  que celui-ci  accuse  dans sa modernisation.

Des  Congolais, par ailleurs, soucieux  de ce que  leur nation  a  traversé,  depuis son indépendance,  en août 1960, des périodes  de turbulence. Cependant, toujours  à  même  de résister  à la destruction  de  cette  nation par un sursaut national.

Aujourd’hui, la République du Congo fait   face à de nombreux défis. La pauvreté, les inégalités, l’insuffisance d’infrastructures de base, la corruption,  les  détournements des fonds publics et  autre non compatibilité  de l’administration  étatique avec l’ère  du temps  sont autant de freins au développement  du pays.

Du  Président  Denis Sassou Nguesso, au Stade de la Concorde de Kintélé,  face aux Congolais,  venus des arrondissements de Brazzaville,   représentants  symboliques de  l’ensemble  du  peuple congolais,  il est  attendu des annonces.  Des annonces  concrètes aux fins de  donner un sens  réel  à  la symbolique  de son investiture  dans une complexe  sportif bâti  pour  symboliser la concorde nationale.

Et, en  terme d’annonces du Président Denis Sassou Nguesso,  ce sont des  actes  à  poser pour  matérialiser  la  concorde nationale.  Au compte de ces actes, tels   lancer  un  programme de développement des infrastructures pour les communautés locales et  l’aménagement  équilibré  de l’arrière  pays. Aussi,  étudier les modalités  de la  création d’un fonds pour la réconciliation et la cohésion sociale.  Travailler des  initiatives  pour promouvoir la culture et le dialogue intergénérationnel. Equiper  en  structures  étatiques  les  chefs-lieux  de département  qui ne le sont  encore  pour un développement harmonieux de l’ensemble  des régions. Achever  des chantiers laissés  à  l’abandon issus des municipalisations  accélérées dans les zones concernées.

La concorde nationale est une des clés  de la  réussite  des Congolais. Elle  leur  permet  de s’unir, de partager leurs  forces et  leurs ressources. Bien plus,  grace à  elle,  les Congolais,  sûrs  des normes  de  solidarité qu’ils partagent,  elle leur permet de travailler ensemble pour un avenir meilleur commun. Le  rééquilibrage du développement sur le territoire national est une nécessité pour assurer une croissance harmonieuse et inclusive.  D’autant  que  les disparités régionales sont un frein à la cohésion sociale et à la stabilité du pays.

En rééquilibrant les équipements et les infrastructures  sur l’ensemble  du territoire, sans céder  aux relents partisans, il peut être   créé des opportunités égales pour tous les citoyens, quel que soit leur lieu de résidence.  Ce  qui  permet  de réduire les inégalités, promouvoir la solidarité nationale et  renforcer l’unité du pays. Un impératif  majeur pour construire  un avenir commun et prospère pour tous les Congolais.

L’experience  de la vie politique  a démontré que les   déséquilibres  du développement  urbain  et  régional placent les parlementaires  issus des secteurs  en retard,  dans des postures politiques  gênantes,  face à  leurs collègues  des  zones   où  les projets  d’infrastructures  ont été  réalisés. Ces déséquilibres  sont susceptibles  de  créer des tensions politiques et mettre les élus locaux dans des situations délicates. Aussi  est-il  crucial  de  reconnaître que les déséquilibres  régionaux  et  urbains ne sont pas seulement un frein au développement, mais aussi un obstacle à la solidarité nationale. Et les  parlementaires  se disant lésés  sont souvent contraints de défendre les intérêts de leurs électeurs face à des collègues  dont les  suffragants  ont  bénéficié de notables d’investissements.

En rééquilibrant le développement sur l’ensemble  du territoire, les pouvoirs  publics  créent un environnement politique plus apaisé  créant  à tous les élus  les voies et moyens d’œuvrer  ensemble pour l’intérêt général, plutôt que de se concentrer sur des intérêts locaux.

Existent,  également,  dans la logique  de la concorde  nationale,  les cas  douloureux  bien connus de trois personnalités nationales. Ce sont  les Ministres  Benoît Koukebene et André Okombi Salissa  ainsi  que le Général  Jean Marie Michel Mokoko, tous  sous le coup de lourde condamnation  par les tribunaux  congolais. La  demande de remise en liberté  de ces  figures  est  persistante  sur l’étendue  du territoire national.

Le  Président  Denis Sassou Nguesso,  de par les pouvoirs  qui lui sont conférés,  sortant de leur emprisonnement ces  trois  compatriotes,  donnera à  la concorde nationale tout son sens.  Point  très sensible,  ces  trois figures nationales recouvrant  la liberté,  serait un   geste fort pour incarner la réconciliation nationale.  C’est  même un  acte de générosité et de sagesse, démontrant l’engagement du Président Denis Sassou Nguesso en faveur de la réconciliation et de la cohésion nationale. Un signal fort de l’attachement  du Président Denis Sassou Nguesso  à l’unité du pays, permettant ainsi de tourner la page sur des divisions passées et de construire un avenir commun.

Dans cet élan  d’humanité  du Président Denis Sassou Nguesso, puisse  ne  pas  être oublié  le  triste sort du jeune Fred Makita, agent   municipal  à  Dolisie, détenu dans une prison congolaise, pour un double grief de délit d’opinion  et d’outrage à Magistrat.

La  concorde  nationale, c’est  aussi offrir aux citoyens  les mêmes  chances. Elle passe également  par l’équité, dans l’accès aux services de base. L’accès à l’eau, à   l’électricité et aux moyens de transport est un droit fondamental pour tous les citoyens. Il est temps de mettre fin aux pénuries  permanentes  sur ces  produits  qui affectent certaines villes et de garantir à tous les Congolais les mêmes chances d’existence  dans des conditions décentes. En investissant dans les infrastructures de base,  le  Congo  améliore la qualité de vie de ses  citoyens et renforce la cohésion nationale.

Sur  cette lancée, il  pourrait  être  annoncé  la création d’un fonds pour soutenir les initiatives locales de développement. En finir avec  l’irrégularité  du paiement des  traitements  des agents des secteurs para étatiques,  les pensions des retraités, des bourses d’étudiants et des  droits des travailleurs  des entreprises  publiques  liquidées. C’est un impératif de justice sociale et de concorde nationale.

Il est pénible  de vivre la situation  de ces  citoyens qui ont, soit  contribué à  l’essor  du pays,  soit   s’investissent  dans  son  avenir,  être laissés dans l’incertitude financière. En garantissant le paiement régulier de ces  différentes prestations, l’Etat  congolais leur offre une certaine dignité et leur permet de vivre décemment. Et,  pour aller plus loin, il pourrait être  ausculté les possibilités  de  l’augmentation des montants des pensions et des bourses pour suivre l’évolution du coût de la vie.

L’accès  aux soins de santé est un droit fondamental pour tous les Congolais. Il convient  d’accélérer  la mise en place de la Couverture Maladie Universelle. Celle ci  est aussi  un impératif de concorde nationale.  En raison du cout  élevé  de cette opération,  il  conviendrait  d’examiner la possibilité  d’établir  un système de son  financement durable. Ainsi, à  tous les citoyens,  pour  garantir  l’accès aux soins de santé de qualité, il est  procédé  à  la  réduction des inégalités pendant  que se   renforce  la solidarité nationale.

Parallèlement  au FIGA, faire renaitre  un type  requalifié de l’ancienne Banque Nationale  de Développement du Congo,  liquidée   en son  temps. Une initiative à  même  de  procéder  à  des prêts financiers aux  petites et moyennes entreprises (PME) congolaises.  Par ces crédits  qui seraient accessibles et adaptés,  on  stimulerait l’économie locale,  ce qui créerait  des emplois et   permettrait d’encourager l’entrepreneuriat et  augmenter les possibilités  de gagne-pains  pour résorber  le chômage  en milieu  jeune.

L’excellence et l’équité dans l’éducation  est un voeu général. Etudier la  possibilité  de la réouverture  progressive des internats dans  tous les  lycées du pays  et  mettre en place un système de bourses pour les meilleurs élèves des lycées et collèges. Cela permettrait  de soutenir les élèves talentueux, quel que soit leur milieu social, et de leur offrir les mêmes chances de  réussite.

Les actes pour asseoir solidement la concorde  nationale, telle  que comprise ici, en appellent,  ipso facto, à  la réduction  du train de vie de l’Etat.  Solution  numéro un  pour diminuer la dette publique  en vue de  laisser la place aux réformes  stimulant la croissance économique.

Tout ceci,  ci-dessus longuement  débité,  il va sans dire  qu’il ne s’agit  pas  dans  cette  tribune  d’un projet  qui viendrait brouiller les cartes du programme   du  Président  Denis Sassou Nguesso. Mais, d’un filet de  propositions  destinées à renforcer  des valeurs  souvent ignorées qui  exaltent  davantage  la concorde et la cohésion  nationale. Et  le 16 avril 2026,  serait pris  à  temoin, devant  l’histoire,  le Stade de la Concorde  de Kintélé.

Paris  4 avril 2026

  Ouabari Mariotti 

Ancien  Ministre  de la Justice

République du Congo

 

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