Congo-Brazzaville : l’inconstance et le « girouettisme », le boulet de l’opposition Congolaise.

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Congo-Brazzaville : l’inconstance et le « girouettisme », le boulet de l’opposition Congolaise.

Jean-Claude BERI

Paraît-il que seule la victoire soit belle. La défaite charrie, aussi, son lot d’enseignements. Dimanche soir, les oppositions au PCT -SYSTEME , partisans d’un retour a une vie de réelle   démocratie  ,ne pouvaient pas rêver meilleure démonstration. Leur argumentaire non appuyé et expliqué a causé la perte de la plupart des jeunes des quartiers qui avaient fait le choix de lutter contre Le PCT -SYSTEME  . Ils espéraient sauver leur fauteuil en rognant sur leurs valeurs, ils ont été plombés par ces accords scellés sous l’empire de la peur qui ont déboussolé une partie de leurs électeurs, en même temps qu’ils ont sur mobilisé une classe de vautours qui n’attendaient que ca.

Après le sacre de SASSOU, l’opposition congolaise, tant qu’elle existe encore refusent d’admettre ses erreurs, tout particulièrement d’avoir tendu le bâton pour se faire frapper. L’opposition qui joue avec le PCT et veut diriger le pays l’instant d’après, elle se fourvoie.

Dans une situation aussi grave pour notre pays, ou l’engagement à l’intérêt général est plébiscité, nous devrait jouer collectif (…) C’est le message le plus important que le peuple véhicule depuis 26 ans. Le peuple est conscient de sa force et souhaiterai voir l’opposition conserver une ligne d’indépendance, digne d’une une opposition claire avec le PCT.

Notre combat a perdu toute sa vivacité, son ardeur et surtout sa constance. On est devenu une opposition de survie. L’opposition doit redéfinir l’architecture de leur combat s’elle espère encore pouvoir déclencher un sentiment d’adhésion au mouvement qu’il incarne.

Aujourd’hui Emiettées, fragmentées, réduites à l’impuissance, les oppositions au PCT sont embarquées dans une spirale mortifère. L’élection présidentielle de mars 2026, un nouveau jeu a fait son apparition, celui de l’équivoque. Les joueurs font savoir qu’ils ne seront pas candidats, sauf si on les supplie de faire leur devoir pour sauver une opposition gangrénée.

Une ligne dure sur la gouvernance PCT souvent assumée par MIERASSA, DZON et FOC    qui a valu à ces derniers, au sein de la population, des encouragements appuyés sont restés sans effet sur la réalité. Tout simplement parce que l’essai n’a été concluant. Tout juste une répétition des manœuvres déjà connues.

Le peuple adhère à votre combat celui de la restauration de la démocratie, de sanctionner par les idées fortes le PCT et son système mortifère, il l’a fait ce 15 mars par une forte abstention, mais ne le faisons pas au prix d’approuver la politique des anti-valeurs prônée par SASSOU et son système. Quand l’opposition devient une alliée de fait du PCT, elle se fourvoie.

Au fond, ces oppositions prennent le chemin très exactement inverse de celui que leur montrait Jean Marie Michel MOKOKO : réaliser l’alliance du populaire et du régalien. Elles n’entendent plus les attentes populaires par leur discours économique, leur ignorance de la question majeure de l’insécurité, par le tabou puissant qui recouvre toute question sur les capacités actuelles d’intégration de notre pays, tout en les insécurisant par leur rejet du régalien, cet État perçu comme l’instrument des dominations des minorités. Il n’est pas étonnant qu’elles ne trouvent plus leurs électeurs que chez les derniers nostalgiques et les quelques élites diplômés, qui redoutent que le climat ne leur tombe sur la tête.

Tout en rappelant la “liberté totale de vote” des citoyens, il estime que l’exigence de cohérence des valeurs choisies et acceptées de défendre nous impose d’adopter une position commune”, d’autant que celle-ci a été votée à la quasi-unanimité et inscrit dans notre constitution.

L’opposition, pour moi, c’est le courage qui porte le projet de reconstruction pour redresser le pays. Car nous ne gagnerons pas en renonçant à nos valeurs, celles toujours défendues par le les pères fondateurs de la nation congolaise. Celles qui met en avant un peuple uni. La République sociale, elle, est orpheline, avec son école publique laïque, obligatoire et gratuite, sa sécu, ses congés payés et ses libertés publiques – son universalisme et même son antiracisme : ce bilan plus qu’honorable, il faut bien le déposer, puisqu’il n’y a plus d’héritiers pour le faire fructifier. Le PCT veut tout bruler pour nous imposer une nouvelle philosophie du pouvoir. Accepter d’être gouverné par des cancres qui n’effaçant d’un revers de main tout et surtout en régressant les idées nouvelles dont l’apport leur échappent.

Il faut déconstruire cette fausse certitude que la loi sur la gouvernance imposée par le système SASSOU a une quelconque chance de garantir des lendemains meilleurs. C’est une ouverture vers le chemin d’une régression économique illimitée.  L’opposition devrait être du côté de la solidarité sociale et défendre le caractère non négociable de la protection de la vie humaine.

Ce débat entre des oppositions réconciliables autour d’une stratégie pour gagner dépasse d’ailleurs le seul cas de la compréhension congolaise. Il a par exemple secoué le mouvement en 2015  . On a coutume de dire que les tendances congolaises en matière d’idées, de culture, de politique, de consommation ou de marketing nous arrivent avec cinq à dix ans de retard. Dans cette perspective, la victoire de l’opposition est loin des cinq ou 10 ans.

  • d’abord, la posture de dénonciation morale « usurpatrice  » du PCT ne suffit plus : SASSOU a été élu en toute connaissance de cause ;
  • ensuite, le sentiment de mépris à l’égard des valeurs, conditions de vie et mœurs d’une large partie des classes populaires et moyennes est délétère car il crée un puissant sentiment de revanche à l’égard des élites politiques et culturelles dites « progressistes » il faut s’en méfier
  • enfin, l’importance de la démonstration symbolique des valeurs portées : en échouant à incarner concrètement une vision sur l’économie et les inégalités, notre opposition a  perdu une partie essentielle des classes moyennes et populaires.

Il est temps de solder l’héritage du combat contre SASSOU : la stratégie consistant à acter la séparation du pouvoir de SASSOU avec les classes populaires au profit d’une nouvelle alliance entre « diplômés choisis  » et les  minorités des quartiers populaires » serait un échec politique. Sans même entrer dans un débat philosophique sur la rupture qu’elle signerait pour l’opposition, serait évidente.

Quant à la priorité à la jeunesse que mentionnait également le combat contre le chômage, il sans doute nécessaire idéologiquement, et reste totalement rentable « électoralement » quand plus de la moitié du corps électoral, et le plus participatif, dépasse les 35 ans. Quantitativement, la stratégie de l’opposition ne fonctionne pas : l’addition de minorités ne fait pas la majorité. Elle pousse les partis à une stratégie boutiquière de maximisation de leur « clientèle » électorale, accentuant les logiques de divisions. Elle contraint à antagoniser pour accaparer quelques miettes du gâteau plutôt qu’à faire grossir la part commune. Les mathématiques et la démographie parlent d’eux-mêmes, l’opposition congolaise si elle ne se réadapte pas ne gagnera pas sans (re)parler, ni (re)conquérir aussi les classes populaires, les classes moyennes inférieures et les retraités.

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Jean-Claude BERI

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