“Il y a une élection formelle mais vidée de son fond”

République du Congo

“Il y a une élection formelle mais vidée de son fond”

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Jean-Noël Ba-Mweze

16/03/202616 mars 2026

Timo Roujean de la fondation Konrad Adenauer analyse la présidentielle au Congo-Brazzaville. Une élection dont la victoire de Sassou Nguesso paraît acquise.

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La réélection de Denis Sassou Nguesso semble acquise, mais la constitution l’empêche en principe de se représenter pour un nouveau mandat en 2031.Image : Roch Bouka/REUTERS

Quelque 2,5 million d’électeurs étaient appelés aux urnes hier (15.03) pour choisir parmi sept candidats, dont le président sortant, Dénis Sassou Nguesso, qui brigue un cinquième mandat. Un scrutin qui semble joué d’avance, puisque Dénis Sassou Nguesso fait face à six candidats peu connus ou sans réelle assise politique.

Les principaux partis d’opposition ont quant à eux boycotté ce scrutin, estimant qu’il ne remplit pas les conditions d’une électionlibre et transparente. Avec ses 82 ans d’âge, dont 40 ans cumulés au pouvoir, Denis Sassou Nguesso devrait se diriger vers un nouveau mandat. Un manque de suspense qui semble-t-il n’a pas motivé les foules à aller voter.

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Timo Roujean : Il est clair que l’élection du président est quasiment garantie. Les oppositions majoritaires n’ont pas participé ou ont boycotté ou n’ont pas été éligibles aux élections.

“Il est clair que l’élection du président est quasiment garantie”

Malgré le fait qu’il y a eu six candidats oppositionnels ou concurrents au président qui se sont mis en place contre Denis Sassou Nguesso, on pourrait dire qu’il y a une élection formelle mais vidée de son fond. Ça veut dire qu’on n’attend pas de miracle et on n’attend pas non plus des surprises de l’élection. Je pense que sa réélection est assurée. Sassou se sert depuis plusieurs années d’un narratif de stabilité. Ça veut dire la stabilité pour la paix et la prospérité du pays. On pourrait dire qu’il incorpore cette stabilité. C’est en tout cas ce qu’il dit aux électeurs et à ses citoyens.

DW : Et avec ses 40 ans au pouvoir, Denis Sassou Nguesso brigue un cinquième mandat, mais la jeunesse congolaise semble ne pas être au programme pour diriger le pays. Pensez-vous que Denis Sassou Nguesso prépare vraiment sa succession ?

Timo Roujean : Jusqu’à présent en termes de succession, on n’a pas vu de personnes brillantes ou de jeunes se cristalliser à ses côtés. Ce qui est sûr, c’est qu’avec une grande croissance démographique, son prochain mandat sera sûrement aussi sous pression ou sur un jugement. Un scrutin de la jeunesse qui a du mal à se retrouver dans cette économie qui ne décolle pas véritablement dans d’autres secteurs que le secteur pétrolier.

DW : Certains observateurs affirment qu’il n’y avait pas d’engouement dans les bureaux de vote. Selon vous, qu’est ce qui pourrait l’expliquer ?

Timo Roujean : Bon, je pense que certains citoyens savent déjà de ce qu’ils ont à faire. Dans un régime où vous avez l’impression que votre vote ne compte pas, ou que votre vote n’a pas véritablement le potentiel de changer le résultat de l’élection, les gens se désintéressent, ne sont peut-être pas tellement pressés à rentrer dans les bureaux de vote et de se jeter les uns sur les autres. Beaucoup de citoyens font leur devoir en tant que citoyens et ils vont aux élections. Mais est-ce qu’ils croient que, à travers ces élections, il peut y avoir un changement ? Je doute.

Jean-Noël Ba-Mweze Correspondant à Kinshasa en RDC pour le programme francophone de la Deutsche Welle@ba_mweze

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