Le génie congolais n’est pas mort ?

Jean-Claude BERI
Au-lieu de s’extasier sur ce qui se passe dans ce monde complexe, au lieu de lire le temps avec les mots et les chiffres des autres, pourquoi ne pas commencer par penser que nous avions 54 dialectes dans notre petit pays de 342. 00hm2. Aujourd’hui nous subissons de plein foeut les caprices d’un monde ou l’on ne déteint ni les codes si les armes pour avancer. On veut que les choses bougent dans notre pays « séquestré » par une bande de « ratés congolais » qui croit dominer pourtant ils ne font qu’aggraver la souffrance du peuple par ricochet. 90% de notre population souffre vit le calvaire au quotidien, alors le bonheur ne se trouverait qu’a un mètre.
«Collabo!» On se souviendra sûrement de l’épithète, cinglante et brutale comme une gifle, que DALLA GRAILLE lança dans les années 60-70 a l’endroit ce de mouvement « Obumitri » ((Oligarchie bureaucratique militaro-tribaliste).), afin de dénoncer le troublant silence des militaires face aux exclusions ethniques, les épurations suite a son appartenance régionale et les arrestations parfois allant jusqu’aux tueries de masses.
L’insulte résonne profondément dans la conscience collective des Congolais, marquée par l’expérience des coups d’Etat et son cortège de compromissions avec le pire aujourd’hui. Qui ne s’est jamais demandé comment il se serait comporté s’il lui avait fallu traverser cette période tourmentée ? Pour se convaincre aussitôt qu’il serait tombé du bon côté de l’Histoire. Mais c’est là bien sûr une vision rétrospective qui nous rassure dans les moments de doute, quitte à nous illusionner sur nous-mêmes.
En réalité, quand qu’un peuple vit les choses de près, tout est plus compliqué. Assister presque en direct à un génocide sous l ‘œil complice de la communauté internationale, comme aujourd’hui, face auquel on se sent impuissant et donc un peu coupable est une expérience perturbante s’il en est. Il serait si facile de regarder ailleurs, en se confortant par des arguments de bric et de broc, et de penser à autre chose qu’à un drame un peu lointain qui, aussi terrible soit-il, au fond ne concerne pas ce « nous» pris dans les filets du quotidien. C’est l’intervient Le génie congolais. Tout se déconstruit autour de nous, le congolais est en voie de construction de société de repli sur soi. Rien de qui pourrait nous rapprocher, nous unir, cimenter le socle unitaire du « vivre ensemble » n’est perceptible. Tout est dit dans des phrases immoraux « TO KO TIKA TE » « ON NE LAISSERA PAS » planifiait déjà la mise en place d’une philosophie de domination par la violence et l’abrutissement de l’esprit congolais. Le génie congolais serait cette politique du choix primaire des siens ? Combien d’échecs allez-vous occasionner pour vous en rendre compte que ce n’est pas en choisissant 1000 enfants issus de vos régions qu’on arrivera à éclore le génie congolais. Certes vous avez certainement réussi à mettre sur pied une petite élite formés comme on peut, d’administrateurs initiés au vol et pillage, des cadres tous sorti du même plumage…. « Les oiseaux ne pourraient pas avoir un beau plumage et en même temps être de bons chanteurs »
Comme vous vous rendez compte de cette bêtise. Sur 3000 étudiants tirés des régions du nord et plus particulièrement d’OYO ont été envoyés a l’étranger, CUBA et ROUMANIE pour en faire des cadres médecins. Dites -nous combien ont été recrutés et placés a des postes de responsabilités médicales ? Nombreux sont diplômés et sans emplois, d’autres sont devenus députés par favoritisme, pourtant 12 grands hôpitaux auraient été construit à cet effet ?
Dans la finance on s’empresse de faire partir les plus méritants et compétents a la retraite pour embaucher les cadres du Nord et pire encore conserver les vieux ayant largement dépassés la retraites en fonction pour sécuriser les lignes de pillage toujours orienter vers la ligne du NORD. Le résultat 27 ans de changement de cadre économique et 27 d’accentuation du vol et pillage c’est devenu un sport national.
S’agissant des recrutements dans l’armée c’est le pot aux roses. Il ne sert a rien de se présenter aux annonces faite par l’armée car lorsqu’une annonce est faite c’est la liste est a 97% close. Les parents, les filleuls, les neveux…bref tout le village des nantis est déjà recrutés et ont déjà choisi leur lieu de formation (Algérie, Turquie, Cuba, Afrique du Sud…) Et surtout on remarquera ce sont des oiseaux d’un même plumage. C’est ça le nouveau génie Congolais.
« On a passé du temps à chercher dans nos vies. Un peu de couleur, de soleil quand le ciel était gris. Fallait qu’on se protège. Qu’on évite les pièges. C’est ce qu’on nous a dit. Mais est-ce qu’on a réussi? On s’est déjà tous égaré sur le chemin. Et besoin de quelqu’un qui nous tende la main. Il fallait qu’on nous dise Que rien ne peut nous briser. Si on avance ensemble. Il fallait qu’on se rassemble » Source : LyricFind
Le génie Congolais ou des hommes d’OYO fut donc sans richesse et sans envergure, sans ampleur imaginative, sans équilibre et sans harmonie, ni équité. On est loin des cris d’orfraie, d’hystérie régionalisme comme si le monde entier sourit aux destructions du génie Congolais. On s’aperçoit que même dans sa région cette politique est très discutable. De toute leur énergie la ligue du NORD ne triomphe vraiment que là ou le génie a disparu. Il ne le sait peut-être pas encore que SASSOU et son génie du NORD ont scellé leur pacte de fin. Le vrai Congo du « Vivre ensemble », de la liberté et du partage, de la justice et l’égalité renaitra. Le génie Congolais n’est pas mort. On n’en voit partout à travers le monde des floraisons de jeunes talentueux
Le monde actuel est mû par une compétition permanente où seul le facteur de différenciation est le capital intangible dont la meilleure application pallie efficacement le manque de richesses naturelles. Le monde devient de plus en plus immatériel. Le Congo doit en tenir compte pour opérer plusieurs mutations : celle des mentalités d’abord (abandon de la mentalité d’asservissement), et la nécessité de rester « connecté » avec le reste du monde et compris de celui-ci. En effet, ce que l’on reproche aujourd’hui au Congolais, c’est son incapacité à regarder davantage vers l’avenir. C’est ce qui a fait dire aux observateurs européens, lors de leur multiple séjour a Brazzaville, que le Congo n’est pas suffisamment conscient des grands atouts que regorge son pays. Bien que cette observation soit sévèrement critiquée, il atteste néanmoins de l’attitude de nos voisins vis-à-vis d’un Congo toujours jugée archaïque et insuffisamment engagée dans la course au développement
Le Congo doit se débarrasser de son subjectivisme souvent entretenu par les pouvoirs successifs, c’est-à-dire l’omniprésence de certaines forces du mal, comme la sorcellerie, entraînant la peur des populations d’oser affronter les vraies difficultés sociales.
Beaucoup de congolais fonctionne selon la logique de la peur et ont du mal à libérer des initiatives porteuses de progrès. Il en est de même de la forte religiosité, considérée comme l’opium du peuple.
Le Congo doit désormais promouvoir de nouvelles valeurs à partir de son histoire et de sa culture. « C’est par son “être” que le Congo pourra vraiment accéder à l’avoir. A un avoir authentique ; pas à un avoir de l’aumône, de la mendicité. […] C’est pourquoi l’un des grands problèmes du Congo, c’est la lutte pour l’intergénérationnelle du pouvoir équitable. Pour cela, il faut infrastructures nos cultures. Une culture sans base matérielle et logistique n’est que vent qui passe » (Ki-Zerbo 2003, 80-82).
Jean-Claude BERI




































































































































































































































































































































































































































































































































