• Congo : luttes d’influence, perspectives de remaniement, climat politique sous tension* *et dossier Okombi-Mokoko

    Ghys Fortune BEMBA DOMBE
    À l’approche d’un remaniement très attendu en République du Congo, les cercles politiques et occultes* *congolais, comme les associations du soir, des croyants et autres, sont en ébullition.* *Rivalités de réseaux d’influence, agendas extérieurs pour peser sur les nominations et* *libération des prisonniers à venir, ambitions personnelles et accusations diverses circulent, dans un contexte où l’opinion peine parfois à distinguer faits établis et spéculations.
     Trajectoires, débats sur la place des réseaux d’influence, etc. 
    Depuis l’adoption de la loi Mouebara sur le genre porté par Inès Nefer Bertille Ingani, les discussions se multiplient autour du rôle des réseaux sociopolitiques dans la promotion de certaines figures. Des voix rappellent toutefois que les femmes ont longtemps occupé des positions influentes au Congo : Kangui Elisa, Ngolengo, première parachutiste, Céline Yandza Eckomband, Joséphine Moutou Bayonne, Alice Diabangana, Joséphine Bouanga, Sabine Kinanga Bayetela (ma génitrice et troisième sage-femme du Congo), etc. Mais la montée en puissance de nouvelles personnalités suscite des polémiques, alimentées parfois par des rumeurs difficiles à vérifier ou des accusations établies.
    Plusieurs membres du gouvernement sortant sont au centre de controverses dans la gestion des portefeuilles du commerce, des mines, de la culture, de la justice, des transports, des finances, du pétrole et des communications, marquant l’inefficacité et le manque de transparence de certaines actions.
    Lydie Pongault, par exemple, ministre de l’industrie culturelle, tranche négativement avec les valeurs de son père, syndicaliste chevronné des années 1963, Gilbert Pongault. Récemment, elle a été pointée du doigt sur les réseaux sociaux avec les ” Bouya Girls ” par une dame connue pour son saphisme militant. Leurs aventures supposées avec des maîtresses passées, ministres, avocates ou encore hauts cadres des Finances et du Budget interrogent. Faut-il y voir une influence d’appartenance à une « association du soir » qui bride les pensées et corsète les élans généreux uniquement chez les Africains ? Ou plutôt leurs appétences présumées pour le même sexe ? Même leurs affidées de l’heure, Destinée Doukaga, qui tient à rentrer au gouvernement au point d’aller négocier une thèse au Cameroun alors que ses formations ont été presque inachevées au Congo (en faculté des sciences, en sciences économiques, dans l’armée qu’elle a désertée) et en France, laissent interrogateur plus d’un. Le Cameroun est devenu le pays des thèses à nègres, attirant tour à tour, conseillers du premier ministre, députés et autres qui ont eu peur des fourches caudines des professeurs titulaires de l’université Marien Ngouabi. Tout récemment Doukaga, et avant son ex, Bredin Bissala Nkounkou, qui a décroché sa thèse au Cameroun avec le piston des professeurs Fabien Roch Niama et Jean-Bernard Nkoua Mbon. Il est de notoriété publique que le Cameroun regorge de faux et de vrais et produit des « docteurs Google » qui s’appuient sur l’IA et détruisent le Congo… L’enseignement supérieur y est dévoyé avec des instituts bidons qui naissent comme des champignons.
     Tribus, clans et recomposition régionale des alliances
    Sur le plan régional, la rivalité entre Niari, Bouenza et Lékoumou structure en partie les ambitions de Premier ministre ou de futurs ministres. Dans ce tourbillon géant, Thierry Moungalla siphonne les primes des professionnels de la communication et la RAV, mais lutte à l’émergence de toutes les « sœurs venues à l’association du soir » dont les “girls Bouya” à laquelle il appartiendrait.
    Pierre Mabiala, qui avait fait sa licence en six ans, projeterait une thèse pour gêner ACM, comme si le leadership était synonyme de diplômes. Tous brûlent d’impatience d’être sélectionnés : Arsène Tsaty Mboungou, aperçu dans les encablures de Mpila, Émile Ouosso, qui se voit en parfaite doublure des personnes précitées, soutenu en coulisse par JDO, voit ses chances s’effriter au regard de la mise à l’écart du Deputy VGM GLC Jean Dominique Okemba et de la guerre menée par Rodrigues Nguesso, Julienne Ngouonimba et Ondongo Gilbert pour la privatisation de E2C.
    Plusieurs autres départements comme le Pool ou le Congo-Oubangui sont décrits comme fragmentés, mais dotés de cadres techniques de haut niveau, qui reçoivent toutefois rarement des postes de premier plan, à l’image de l’hybride Matoko (lari-vili-vietnamien) qui ne pèse pas comme l’a révélé le score obtenu de deux petites voix. Rodrigue Malanda-Lapéta ne serait qu’un faire-valoir dans des ambitions d’envergure d’une primature ou de postes ministériels. Rodrigue Malanda a fait voler en éclats le Fonds Suisse qui devrait rapporter plus de 5000 milliards de fcfa au Congo. Tsiba Florent et Cie tentent de rattraper ledit fonds.
    Restent finalement les « clans » Dirat versus Mapapa. Le désordre et l’incompétence au sein de ces derniers ont plongé l’ensemble dans un mélange glauque duquel personne n’émerge : Denis Christel n’a jamais pu conquérir l’étoffe d’un leader de premier plan national. Denide, Edgard, Willy, Rodrigues sont des jouets entre les mains de l’axe Liboka-Bokouélé-Tchikapika ou Ondébé-Obouya.
     Affaires, scandales et responsabilités ministérielles 
    Au-delà des spéculations identitaires, plusieurs dossiers économiques et financiers suscitent l’inquiétude. Claude Alphonse N’Silou, par exemple, n’arrive d’ailleurs pas à prendre des responsabilités de constitution d’un buffer-stock de consommation d’urgence face à l’effritement du commerce mondial en raison de la guerre Iran-Israël-USA. Il se contente de sa manne que M. Sassou lui a octroyée via de nombreuses maisons acquises du programme immobilier, des marchés, etc. Son coéquipier Pierre Oba, très affaibli, qui risque de s’effondrer même en plein Conseil des ministres, ne veut pas prendre sa retraite malgré des milliards empochés. Françoise Joly « la vipère » et son équipe ont décelé ses magouilles qui le poussent à un semblant de transparence. Ces dernières ont débusqué aussi Bruno Jean Richard Itoua sur différents contrats, jusqu’à la rétention des provisions pour les investissements divers jamais reversées au ministère des PME.
    Bininga Wilfried, ministre de la Justice, n’a pas levé le petit doigt, empêtré dans plusieurs affaires depuis celle des faux antirétroviraux pour le traitement de la file active VIH/SIDA, dont 2 056 PVVIH sont morts, sauf un ministre qui a eu la chance d’aller en Afrique du Sud. Pas plus d’ailleurs que ses collusions d’intérêts avec Mossen Hojeij lorsqu’ils ont été en charge, avec Mokoko Antonin et autres, de régler définitivement cette question.
    Clément Mouamba, qui en savait long sur cette affaire dès 1992, s’en est allé, idem pour Gabriel Longombé. Il ne reste plus que JDO, signataire dès 2002 de cette dette suspecte à l’avantage de Moshen Hojeij et Gilbert Ondongo, qui est dans le collimateur des faux arbitrages de cette affaire en France, relancée actuellement par le parquet financier et un juge.
    Les voyages et séjours longs et dispendieux à Paris de Bininga ont accouché d’une souris. N’étant plus sûr d’occuper ce poste et voulant soustraire le dossier des morts, il s’est précipité de bombarder sa parente Secrétaire générale à la Cour des comptes et discipline budgétaire, tout en procédant au recrutement via un pseudo-concours qui pose problème et viole les textes réglementaires et budgétaires, alors que de nombreux sortants de l’ENAM sont en attente.
    Tous ces acteurs sont léthargiques et incompétents mais attendent des postes. En attendant de scruter les dérapages d’Ibara Rosaire, Ingrid Ebouka- Babakas, Ibombo Léon Paul Ngobo et ACM, il est important de signaler que les mêmes qui parlent de réconciliation, nombreux sont ceux qui s’opposent à la libération de Jean-Michel Mokoko et André Okombi Salissa sous prétexte qu’ils se vengeraient. Au même moment, les grands mouvements (Vague bleu et Pct) qui ont soutenu la candidature de Denis Sassou Nguesso se canardent, augurant ainsi, des jours difficiles.
    Ghys Fortune BEMBA DOMBE

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