16 avril 2026, célébrons l’idiotie !
Jean-Claude BERI
Le sacre du dictateur du Congo Brazzaville est un « modèle » pour de nombreuses autres dictatures africaines qui essaient de suivre le rythme macabre du régime de SASSOU. Il a sciemment enregistré l’échec du collectivisme pour éviter de partager équitablement les richesses nationales et a introduit une forme de capitalisme d’Etat pour survivre. Le PCT et les familles de ses membres du Clan les plus importants contrôlent l’économie et assurent la gouvernance du pays, souvent avec mépris et arrogance excessive. Le président SASSOU NGUESSO obtient un cinquième mandat dans les circonstances rocambolesque au premier tout , après une mise en scène lors du de la « chasse aux résistants dans le pool . C’est le même scénario qu’on voyait, avant 2000, se dérouler dans tous le pays. Sauf que le Congo d’aujourd’hui est devenu encore plus dangereux, plus perfide aujourd’hui qu’avant. Sa politique se nourrit de nationalisme clanique et d’impérialisme exacerbé. Le Congo constitue aujourd’hui la plus grande menace contre la liberté et les droits humains . Au moment où on sacre son ascension, SASSOU est devenu le leader d’Afrique centrale le plus sanguinaire, puissant et le plus engagé dans la destruction des libertés et la confiscation des droits humains.
En trois décennie, SASSOU a écrasé toute dissidence et imposé un régime totalitaire. Il a complètement supprimé l’autonomie de 50 ans que le Congo a eu du mal à construire, fait du Congo, une terre ou on ressent aujourd’hui le besoin de se cacher pour survire. Au moment même où j’écris ces lignes, il y a à peine quatre mois le POOL vivait dans le fracas des avions qui déchirait le ciel au-dessus de nous . Ces engins de mort rappellent sans relâche qu’ils sont là pour effacer des quartiers et briser des vies, plongeant la population congolaise entière dans un état de stress permanent. C’est ce qu’on sacre aujourd’hui ?
Le PCT a installé dans toutes les sphères de l’économie, des antennes de surveillances des citoyens. Les entreprises privées qui se sont développées sont soumises à un contrôle politique et les entreprises publiques bénéficient d’une préférence nationale avec priorité de laisser accéder a leur compte aux membres du gouvernement. Le vol, à l’intérieur comme à l’extérieur du Congo, est une pratique courante de l’État. SASSOU a occupé et militarisé des régions entières a l’intérieur du Congo . Son armée, au lieu de promouvoir la sureté nationale est employé aujourd’hui à s’occuper de sa triste personne en projetant sa puissance au sein d’une population apeurée. Le Congo de SASSOU est bien notre ennemie. c’est ce qu’on sacre aujourd’hui
Kintélé, habillé aujourd’hui de son costume blanc n’est qu’une illusion de paix bâtie sur du sable mouvant. Dans un monde inégal et turbulent, certains nous haïssent en raison de notre situation de peuples révoltés, de notre arrogance, de notre richesse relative. Parmi ceux qui cultivent cette colère des faibles, qui l’exaltent et la diffusent, qui la soutiennent du poids de la ferveur parfois religieuse, il y a la genèse du triangle de feu, la haine qu’ils nous portent, la combativité passionnelle et l’instinct suicidaire mais libératrice. Dans cette nouvelle forme de guerre qu’on nous impose il n’y a pas d’uniforme, pas de frontière, pas de Croix-Rouge ni de convention de Genève. On tue, on meurt en tuant, sans matricule, sans voltigeur de pointe, sans signe visible d’identification, de rang hiérarchique ou de valeur militaire. Nous sommes là sous le poids d’un risque colossal. On nous tue parce que on veut être libre de défendre notre dignité.
L’armée de SASSOU communément appelé FAC incite les populations du sud a sortir de leur territoire situé au sud du pays, lourdement touché par les bombardements des milices gouvernementaux.
Imaginez l’ampleur du désastre : on demande à près de 2 millions de personnes – soit 40 % de la population congolaise d’abandonner leurs maisons, leurs terres et leur histoire.
La zone visée, touche des centres de vie millénaires comme Mayama, Mindouli, Goma Tsé-Tsé….C’est un bouleversement humain sans précédent dans l’histoire récente du pays. Et SASSSOU se plaint a aller célébrer son sacre dans ces conditions ?
Depuis février 2026, le nombre total de personnes déplacées a désormais atteint 1 million de personnes et le bilan humain s’élève à 71 morts, dont plus de 47 enfants et 1584 blessés (en date du 19 mars selon les chiffres de notre observateur.)
L’illusion d’une paix bâtie sur la haine
On nous parle de « paix retrouvée », mais quelle cette paix qui autorise le ciblage et l’arrestation des jeunes dans un centre communément appelé « marché » et embarquées dans des destinations inconnues a ce jour ?
Quelle est cette paix qui autorise la destruction de centaines de motos et autres véhicules appartenant à des citoyens dont ce fut leurs seuls biens de survie et jugées « indésirables « sur simple décisions policières. Les résidences civiles sont quasiment détruites par fantaisies. ? On ne construit pas la paix en attaquant tous ses voisins sur un ordre dictatoriale venus d’en haut. Nous vous trainerons en justice et le peuple doit recouvrer sa dignité.
Au Congo, avec des milliers de violations recensées depuis le prétendu cessez-le-feu de mars 2026 – et en frappant les populations civiles, des centres de soins et même des villages des agriculteurs non affiliés à la milice, le gouvernement ne fait que semer les graines d’une haine et d’un ressentiment durables, alimentant ainsi l’engrenage de la violence. C’est ça qu’il célèbre aujourd’hui à KINTELE ?
Dans ce chaos, le respect du droit international reste notre seul socle commun. S’il est sacrifié, nous basculerons définitivement dans la loi de la jungle, où la destruction de notre nation est programmée et dictée par la loi du plus fort. « La violence est aussi inefficace qu’immorale, a déjà dit Martin Luther King. Elle est inefficace parce qu’elle engendre un cycle infernal conduisant à l’anéantissement général. »
Nous connaissons actuellement, au Congo, deux évènements concomitants qui illustrent parfaitement la paralysie politique dans laquelle se trouve enferrée notre pays. Il y a d’une part l’interminable et stérile examen de la situation économique en 2026. L’exercice a occupé, semble-t-il , les députés à l’Assemblée nationale et les sénateurs durant tout le temps . Nous sommes désormais au cœur du mois d’Avril et rien n’est réglé. Les députés sont contents de n’avoir pas apporté de solution. C’est un Etat a désespéré, ou rien ne marche, mais le politique crie à la paix.
Et on en est au même point qu’avant les fêtes de fin d’année. A la recherche d’un hypothétique compromis qui, même s’il était trouvé, ne pourrait pas recueillir l’assentiment et le vote d’une majorité de parlementaires pour être adopté. Ce jour sans consensus économique que nous vivons depuis bientôt des mois semble définitivement sceller l’embolie de l’appareil étatique et l’impuissance du gouvernement. Célébrons l’idiotie.
Jean-Claude BERI






































































































































































































































































































































































































































































































































































