LE CHOIX BÉNINOIS : LA RÉSISTANCE À LA PANDÉMIE DES MANDATS INFINIS À LA TÊTE DE L’ÉTAT
Bankounda Mpélé Félix · 1er
Le président, ou plutôt l’ancien pdt du Bénin aujourd’hui, Patrice Talon, que l’on voit jubiler ici, a fait le choix contraire à la pratique dominante dans le continent : respecter la Constitution et ses compatriotes, en ne se prenant pas pour un homme providentiel, ou pour celui sans lequel, pour ne prendre que l’argument des courtisans, malfaiteurs et escrocs qui soutiennent et rôdent autour de Sassou-Nguesso dont ils ont fait à la fois leur pourvoyeur de fonds et garantie tous risques, “le pays basculerait dans le déluge” ! Comme si, avant lui, les citoyens de ce pays, et d’autres à qui l’on a imposé un prétendu homme providentiel, c’était la table rase ! En effet, en Côte d’ivoire, en RCA, au Togo, en Ouganda, au Tchad, en RDC, au Rwanda, au Cameroun, en Guinée Équatoriale, etc, la mode est à la délimitation des mandats présidentiels, pour différentes raisons dont leurs défenseurs seuls ont et mesurent la pertinence. Certains de ces pays, comme la Centrafrique, le Togo et l’Ouganda notamment, ne se bornent pas simplement à l’élasticité du mandat en le prolongeant. Ils ont, comme le fit Louis Napoléon en décembre 1851, carrément effacé ce dispositif, pourtant fondamental dans la pacification des mœurs politiques, dans un environnement où putschs et élections truquées pour le pouvoir constituent la principale hécatombe humaine. Deux mandats de 5 ans chacun auront suffit à P. Talon, dans un pays non producteur de pétrole, pour modifier substantiellement le profil économique et social de son pays, sans pour autant, bien évidemment, que tout ne soit résolu. Il ne manque pas de critiques sur la gestion politique de son pays, sur le fait qu’il aurait opté pour le primat économique sur les considérations démocratiques. Une problématique qui n’est pas nouvelle, pour ceux qui s’y connaissent, puisque c’est au nom de l’idéal du développement (principalement mais pas exclusivement) que l’écrasante majorité des pays africains érigèrent le parti unique. C’est, en gros, le même argument qui semble avoir déterminé l’ex-pdt Talon, et qu’il considère comme devant rester le fil d’Ariane, même après lui. L’on comprend ainsi l’esprit de la réforme constitutionnelle de décembre dernier, par l’institution, dans des conditions juridiquement et démocratiquement contestables, d’un Sénat, une sorte de gardien et de garantie de cette priorisation. Parce qu’il considère, manifestement, que c’est l’économique qui entraînera le développement et l’unité nationale. On peut tout à fait en discuter mais, une chose est certaine : en tournant le dos au choix prépondérant de charcuter la Constitution pour se maintenir au pouvoir, en ayant marqué son passage au pouvoir par des avancées indiscutables, C’EST À UNE AUTRE ALTERNATIVE que celle plus courante des fossoyeurs des Constitutions que participe à baliser P. Talon. Ce n’est tout de même pas mal…et l’on comprend qu’il en jubile.
Bankounda Mpélé Félix · 1er






































































































































































































































































































































































































































































































































































