Arcanes démoniaques : l’église Saint-Christophe de Pointe Noire entre la captation rituelle, la liturgie noire et la reconfiguration mystique du pouvoir congolais

Ghys Fortuné BEMBA DOMBE
A Pointe-Noire, la cérémonie de consécration de la paroisse Saint-Christophe à Mvou-Mvou, le 22 juin 2025, suivie de l’exhumation des restes mortels de monseigneur Godefroy Émile Pwati, sont des occasions multiples de liturgie au service des occultistes du pouvoir de Brazzaville. Pour qui disposent des clés herméneutiques* permettant de décrypter les rituels rosicruciens opératoires, la cérémonie de *consécration et celle d’exhumation qui s’étend du 5 au 10 août 2025, cachent un rituel complet de réancrage énergétique du pouvoir à des fins électorales et ésotériques, orchestré dans une liturgie double : visible pour le peuple et une autre invisible pour l’Ordre
L’exhumation du corps de Mgr Godefroy Émile Mpwâti, le 5 août 2025, constitue le premier moment fort du rituel. Cette exhumation, en soi totalement étrangère aux usages canoniques ou catholiques connus et reconnus, ne spécifie que la possibilité dans le cas unique de canonisation ou de reconnaissance posthume héroïque. Ici on entre dans une démarche strictement fonctionnelle avec une opération de captation spirituelle. Dans les logiques rosicruciennes africanisées, transférer un corps épiscopal vers le lieu de son ancien ministère permet d’ouvrir un canal entre le monde visible et le plan éthérique, en enracinant la mémoire rituelle du défunt dans un nouvel espace énergétique. Ce déplacement vers la nouvelle église – elle-même bâtie selon une géométrie de type cube-rectangle doré (50 m x 30 m, le cube de Métatron/Saturne) – s’accompagnera le 10 août d’une messe unique, présidée par Mgr Abel Liluala. Cette messe, en apparence commémorative, est en réalité une messe noire inversée, dans laquelle la charge spirituelle du défunt est réactivée puis transmutée. Le fait que cette messe ait lieu exactement 30 ans après la mort du prélat n’est pas anodin. Dans la Rose+Croix, le cycle ternaire décadique (3 x 10) marque la complétude karmique d’un cycle astral. Le moment est donc propice pour ce que les rosicruciens appellent l’assomption directionnelle : captation de l’âme d’un mort sacralisé afin de la faire travailler – malgré elle – dans le sens d’un projet terrestre.
Anatole Collinet Makosso (ACM) serait engagé dans ce travail. Agissant au nom et pour le compte de Mme Antoinette Sassou, il apparaît aux initiés que le rituel avec Mwé-Tchikambissi, déesse tutélaire de Pointe-Noire ne marche plus du tout car le seul vrai maître détenteur de l’unique TCHIBILA à ce jour est Louis Sylvain Goma.
Cloche-Antoinette, fréquence dirigée et activation vibratoire
L’autre pivot rituel est la cloche bénie baptisée “Antoinette”, en l’honneur de la première dame. Ce n’est pas une simple anecdote. En ésotérisme opératif, nommer un objet de résonance équivaut à l’assigner à une fréquence énergétique spécifique. Dans les rituels rosicruciens, la cloche consacrée devient un vaisseau vibratoire. Elle capte, amplifie et émet des ondes psychosymboliques dans la sphère éthérique du territoire. Par l’acte de nomination, Mme Antoinette devient la dépositaire invisible de ce canal acoustico-spirituel, opérant dès lors comme gardienne de seuil vibratoire sur la paroisse et partant sur Mvou-Mvou. En langue vili académique, ce terme désigne le vent du soir (17 h) qui se lève sur la ville et souffle la vie nouvelle selon les rites anciens.
Plus encore, la position élevée de cette cloche, son usage régulier pour marquer les temps liturgiques, l’ancre durablement dans une logique d’ancrage vibratoire territorial, assurant une couverture énergétique constante sur le secteur de Mvou-Mvou le contestataire. Par ce geste, le pouvoir congolais inscrit sa matrice familiale dans l’architecture du sacré, et encode un lieu saint comme batterie d’alimentation rituelle du régime. Consécration inversée, reliques activées, piliers magnétisés. L’onction de l’autel avec le Saint Chrême, suivie de l’onction des douze piliers et de la consécration du tabernacle, suit en apparence le rite catholique. Mais dans le contexte ici décrit, ces actes s’intègrent dans un schéma rituel de magnétisation de l’espace sacré.
En Rose+Croix, l’autel serait pierre de transmission, et les piliers, points de condensation énergétique, chacun associé à une vibration spécifique (souvent liée aux douze signes – ici détournés en douze centres de flux). Les reliques déposées – dont la nature exacte n’a pas été rendue publique – fonctionnent comme catalyseurs occultes, activant le processus de transfert. Ce processus est complété par la présence orchestrée de ACM, dont l’apparition aux côtés de Mme Sassou intronise symboliquement un binôme de succession politique, intégré au rituel par la voie du sacré. On assiste donc à une théâtralisation d’un futur pouvoir, scellée dans un espace sacralisé par un défunt instrumentalisé. Curieux, que la nouvelle jeune garde Vili soit inerte ou inoptisée malgré les conséquences…
(Suite samedi 9/08/25)
Ghys Fortuné BEMBA DOMBE





























































































































































































































































































































































































































































































































