Fête nationale du 15 août : Denis Sassou Nguesso redoute-t-il d’être assassiné en plein défilé, à l’instar du président égyptien Anouar el-Sadate ?

Alors que le Congo-Brazzaville s’apprête à célébrer, le 15 août prochain, la fête de son indépendance, et alors que le pays n’est engagé dans aucun conflit armé, la capitale connaît depuis plusieurs mois une accumulation spectaculaire d’armes, de munitions et de forces étrangères.
Derrière cette démonstration de puissance militaire se cache une question essentielle : Denis Sassou Nguesso prépare-t-il sa propre protection, une confrontation régionale, une éventuelle attaque contre Kinshasa pour déstabiliser le pouvoir du président Félix Tshisekedi, ou une répression interne ?
Un arsenal en pleine expansion
Plusieurs cargaisons d’armes et de munitions de guerre, en provenance de Russie et de la République centrafricaine — où la milice russe Wagner est active — ont récemment été acheminées et livrées à Brazzaville.
Selon des sources concordantes, la milice russe Wagner vient renforcer une présence militaire déjà très visible au Congo, composée notamment de forces tchadiennes, centrafricaines et rwandaises.
Selon nos interlocuteurs, leur mission ne fait guère de doute : préparer une répression sanglante en cas de soulèvement populaire à l’approche de l’élection présidentielle, mais également se préparer à une incursion en République démocratique du Congo, où le président Félix Tshisekedi est déjà menacé par des mercenaires opérant depuis Brazzaville.
Cependant, ces mercenaires seraient également chargés de missions spéciales à l’intérieur du pays (suivez mon regard…).
Nous l’avions déjà évoqué dans un article publié il y a plusieurs mois : le prochain mandat de Denis Sassou Nguesso s’annonce comme celui de régler les comptes avec tous ceux qui l’ont trahi ou refusent désormais de lui obéir, mais aussi avec ceux qui détiennent une part de vérité sur ses crimes de sang.
Une défiance interne qui justifierait la présence des milices étrangères
Selon plusieurs sources, l’arrivée des milices russes Wagner à Brazzaville ne serait pas uniquement motivée par des enjeux extérieurs ou régionaux.
Denis Sassou Nguesso soupçonne en effet certains mercenaires rwandais, centrafricains et tchadiens d’être au service de membres de sa propre famille, hostiles à sa candidature pour l’élection présidentielle de 2026. Par ailleurs, il craint également des factions au sein même des Forces Armées Congolaises, prêtes à agir pour mettre fin à son régime. Cette double menace interne expliquerait en partie le recours à une autre force étrangère, Wagner, perçue comme un rempart contre des oppositions internes qu’il juge désormais trop puissantes et dangereuses.
Des mercenaires au cœur de la capitale
La présence militaire étrangère s’affiche désormais au grand jour.
Selon plusieurs sources, des mercenaires russes seraient hébergés au sein même des locaux de la DGST, tandis que d’autres occupent des positions stratégiques sur les contre-rails, notamment du côté de l’ex-Azur.
Cette présence massive nourrit un climat de peur tangible, même parmi les militaires des Forces armées congolaises, souvent dépourvus des moyens nécessaires pour assurer la protection des populations.
Il convient de rappeler qu’au fil des années, les camps militaires avaient vu leurs stocks d’armes et de munitions de guerre considérablement réduits, voire vidés.
Une montée en puissance inquiétante, mais aux motivations obscures
Cette accumulation d’armements lourds et cette présence militaire étrangère massive soulèvent une question centrale : pourquoi cette militarisation spectaculaire alors que le Congo-Brazzaville vit en paix ? Alors que Denis Sassou Nguesso a toujours été présenté comme un homme de paix.
Les informations recueillies laissent penser à une préparation à une répression interne, notamment en vue de l’élection présidentielle imminente.
Brazzaville se retrouve ainsi saturée d’armes et de forces prêtes à réprimer toute contestation populaire.
Une trahison perçue par la France et les États-Unis
L’arrivée du groupe Wagner à Brazzaville est vécue par Emmanuel Macron comme une haute trahison.
Le président français n’a pas oublié l’humiliation subie à Bangui, où la Russie avait remporté une forte coopération militaire alors que la Centrafrique est traditionnellement un pré carré français.
La France voit dans cette implantation des miliciens russes la fin de son influence au Congo, et le basculement de ce pays dans le giron russe, à l’instar du Burkina Faso, du Mali et du Niger.
Mais la France n’est pas la seule à grincer des dents. Les États-Unis, qui déploient leurs milices Blackwater en République démocratique du Congo, voient en cette arrivée des miliciens de Wagner en République du Congo — pays déjà accusé d’être une base arrière du Rwanda dans la déstabilisation de l’est de la RDC — une provocation majeure. Ce contexte pousse les autorités de Brazzaville et de Kinshasa à se regarder en chiens de faïence.
Lettre ouverte et silence militaire
Face à cette situation, nous avons adressé une lettre ouverte au ministre de la Défense, le général Charles Richard Mondjo, et au chef d’état-major, le général Guy Blanchard Okoï. Mais connaissant la loyauté quasi exclusive des officiers supérieurs et subalternes envers Denis Sassou Nguesso plutôt qu’envers leur mission constitutionnelle, peu de Congolais s’attendaient à une réponse.
Une leçon venue de l’histoire et des Écritures
Deux éléments devraient pourtant inspirer Denis Sassou Nguesso : Le rappel biblique (Psaume 33:16) : “Ce n’est pas une grande armée qui sauvera le roi, ce n’est pas une grande force qui délivre le guerrier.” et l’exemple historique d’Anouar el-Sadate, l’un des présidents les mieux protégés d’Afrique à son époque, qui fut pourtant assassiné en plein défilé militaire par des hommes armés du matériel qu’il avait lui-même acheté pour mater son propre peuple.
Conclusion : Un climat lourd de menaces
Dans un pays en paix, la militarisation à outrance n’est jamais neutre. Elle est soit l’annonce d’un conflit extérieur, soit la préparation d’un affrontement intérieur.
Au Congo-Brazzaville, les signaux sont clairs et convergent vers deux hypothèses majeures : d’une part, la consolidation d’un appareil répressif renforcé, destiné à garantir par la force la survie d’un régime en place depuis plus de quarante ans ; d’autre part, une possible préparation à des tensions régionales, notamment en lien avec les relations instables avec les pays voisins.
Cette militarisation massive traduit une stratégie sécuritaire basée davantage sur la peur et la domination que sur la stabilité politique et le dialogue national.
Serge Armand Zanzala, Écrivain, chercheur, citoyen engagé, Directeur de La Société Littéraire, Initiateur du projet Kongo Ya Sika
Merci, mon cher Auguste Likibi, pour ta réaction et ton sage conseil. C’est très pénible de voir où nous en sommes et vers où nous allons, alors que nous pourrions éviter de prendre ce chemin.
































































































































































































































































































































































































































































































































