Congo : la saga dans l’appareil de sécurité jusqu’à la faillite actuelle

Ghys Fortuné BEMBA DOMBE
Le 18 mars 1977, le président Marien Ngouabi est assassiné à Brazzaville. Cet assassinat est attribué à tort ou à raison au trio, Denis Sassou Nguesso accusé d’avoir désorganisé les services de sécurité, son directeur de cabinet, Florent Ntsiba et Justin Itihi Lékoundzou Ossé Etumba. Dans la foulée, un comité militaire du parti (CMP) est mis sur pied pour gérer le Congo. Le véhicule sécuritaire déjà éprouvé, s’enfonce définitivement.
Faisant suite au Front de Libération l’Enclave du Cabinda (FLEC) qui menace d’attaquer le CFCO et aux indices d’atteinte à sa vie, le président Marien Ngouabi, nomme Denis Sassou Nguesso ministre de la défense cumulativement avec ses fonctions de président de la commission permanente à l’armée. Cette décision issue de la dissolution de la police et de la gendarmerie en 1972 a abouti à créer d’abords une Direction Générale des Services de Sécurité (DGSS) coordonnant la totalité des services d’intelligence de l’armée, de la police et de la défunte gendarmerie. Le commandant Sassou, alors numéro deux de l’état-major spécial révolutionnaire a des ambitions sur le trône. Le capitaine Jean-Michel EBAKA alors nommé sécrétaire général de la documentation auprès de la DGSS est remplacé par IBARA Denis. Pour mener à bien ses ambitions, le commandant Sassou désorganise les services de sécurité en envoyant les siens en formation en Algérie, Roumanie, etc. A la chute de Marien, il rappelle Emmanuel Ngouolondélé Mongo de Paris pour succéder à IBARA Denis. Progressivement, il positionne ces pions envoyés çà et là. Dans la foulée, sont pris, le décret n°77/549 du 3 novembre 1977 qui crée la Direction Générale de la Sécurité d’État (DGSE) en remplacement de la DGSS. D’autres décrets vont suivre. Ainsi, le 16 janvier 1978, il y a la création du bataillon autonome de la sécurité présidentielle par décret n°78-017 du 16 janvier 1978 (JO 1978-02).
3 mars 1978, le lieutenant Etienne Ngoma est nommé directeur des services extérieurs de la DGSE par décret n°78-161 du 3 mars 1978. Il sera promu plus tard DG de la police nationale en 1991, après avoir dirigé le commandement de la Zone Autonome de Brazzaville dans l’intervalle. Pour sa part, NGouélondélé-Mongo Emmanuel est confirmé dans ses fonctions de directeur général de la Sécurité d’État par le décret n°78-157 du 3 mars 1978 avec pour adjoint, le capitaine Gustave ZOULA nommé par décret n°78-159 du 3 /03/1978. Quatorze (14) mois après sa création, le bataillon autonome de la sécurité présidentielle est dissous par décret n°79 -119 du 20 mars 1979 pour être recomposé autrement.
A partir de 1983, les nouveaux décrets d’application font largement évoluer la DGSE. En effet, la DGSE nouvelle version est refondée par le décret n°166/83 et son décret d’application n°167/83 du 2 mars 1983. Il faut dire que l’ancienne DGSE créée en 1978 sur les cendre de la DGSS née elle-même des suite de la dissolution de la gendarmerie en 1970 avec le coup d’État de Siroko kinganga et de la dissolution de la police avec le coup d’État de Ange Diawara portait trop de compétences internes non acquises à la cause du nouveau pouvoir. La nouvelle DGSE sera dirigée par le capitaine Emmanuel ELENGA et les services de police par le capitaine Antoine Makouangou. En 1984, ce sont les magistrats Olanzobo-Ekobiyoa Jean-Marie et Ossombi Odilon qui sont appelés en renfort de compétences et de capacité de la DGSE. Suspectant Florent Tsiba de vouloir le renverser via le Front de Libération des Batékés et Bangangoulous (FROLIBABA), M. Sassou « cole », Camille Oko à Emmanuel Ngouélondele en lui octroyant le poste de chef des services techniques de la DGSE.
Il faut attendre la conférence nationale de 1991 et son décret n°91-680 du 22 juin 1991 qui voit la dissolution de la Direction Générale de la sécurité d’État. Le premier ministre, André Milongo, nomme, Joseph Miegakanda, directeur général de la surveillance du territoire (décret n°91-871du 13 novembre 1991) et Étienne Ngoma, directeur général de la police nationale. Il faut dire ici que finalement trois appareils de sécurité civile auront alors survécus : les Renseignements généraux de la police nationale, la direction générale de la surveillance du territoire et la direction générale des renseignements extérieurs.
L’arrivée du Professeur Pascal Lissouba
En 1992, le Congo connaît les élections présidentielles les plus transparentes de son histoire. M. Lissouba aidé par M. Sassou accède à la magistrature suprême. Mais il trahit son bienfaiteur Sassou en marchant sur les accords de gouvernance. Dans la psychose d’être tué comme Ngouabi, Lissouba impose une toute autre logique de remplacement ethno-tribal à très grande échelle. Désormais, la Direction Générale de la Surveillance du Territoire prend le relais, chapeautée par l’État-major particulier du président structuré autour du Général Ngouélondélé (décret n° 93-088 du 23 avril 1993), secondé par le Colonel MONGO Joseph (décret n° 93-189 du 21 mai 1993), puis le Chef de la sécurité présidentielle IBALA Yves Marcel (décret n° 93-192 du 21 mai 1993) et son adjoint, Lt-Col MBAOU Ferdinand (décret n° 95-44 du 18 février 1995). Un Chef du service de la protection rapprochée Antoine MABONGHOT, complète ce dispositif nommé par le décret n° 95-49 du 24 février 1995. Vont être promus à la police, à la tête des renseignements généraux le colonel Albert NGOTO (décret 96-263 du 4 juin 1996) et à la DGST entre autres : Colonel Kombo Jacques. A la DGST ce sont le colonel Thomas BIKINDOU, Lieutenants-colonels OPENDA-NDEACKA et KAYA-MAMPASSI qui sont promus (décret n° 96-266 du 6 juin 1996). Les colonels Athanase MOUSSOUNGOU (décret n° 95-151), Augustin NGOLÉ (décret n° 94-605 du 22 octobre 1994), LEBBE Georges, NGOUMBA Gaston-Joseph reconduit dans la gestion des transmissions et d’écoutes téléphoniques avant d’être récupéré à sa retraite par Pierre Oba pour ses missions privées, MOINAMONZO Jean-Jacques-Frédéric, OWARO-TONGO Michel, MABOUESSA Joseph, MOKANDA Joseph, etc.
(la suite lundi 25/08/25)
Ghys Fortuné BEMBA DOMBE





































































































































































































































































































































































































































































































































