Denis Sassou Nguesso ” né pour présider “, mais face au pari hasardeux de l’équilibrisme stratégique et le peuple…

 

 

Ghys Fortune BEMBA DOMBE

Après avoir commis son premier meurtre alors qu’il était encore à l’école primaire, Denis Sassou part se cacher auprès de son oncle, Okoumou à Ikonongo-Obeya où il découvre Pierre Anga et Basile Ikouebé. Puis, il se fraie le chemin. Il gravit les marches, et, pour s’agripper au trône, il l’immerge dans le sang avec la mort de Marien Ngouabi en 1977, la destitution de Joachim Yhombi Opangault en 1979 et la guerre de 1997, précipitant la chute de Pascal Lissouba. Le 15 mars 2026, M. Sassou se remet au trône présidentiel, sans encombre, devant les pseudos opposants qu’il a fabriqué, sans faire sourciller les Occidentaux préoccupés par les élections municipales en France, le bouleversement de l’ordre mondial dû aux violences au Moyen-Orient. Malgré sa victoire, les choses ne sont pas aussi simples. La situation est bien compliquée : l’économie, l’électricité abonné absent, la sécurité et les autres secteurs l’obligent à marcher sur une ligne de crête de plus en plus précaire entre Paris et Moscou, Kigali et Washington.

Omniprésent durant la campagne présidentielle, le rôle d’Africa Corps, la branche Russe des opérations sécuritaires, interroge sur l’orientation sécuritaire du nouveau quinquennat.

Après sa réélection, M. Sassou ressemble moins à un homme fort qu’à un stratège acculé. Derrière la continuité institutionnelle, se dessine une recomposition accélérée des rapports de force internationaux et régionaux. Le régime s’appuie traditionnellement sur la proximité avec la France, vestige de la Françafrique. Mais ce pilier vacille face au retrait de Paris en Afrique. Brazzaville diversifie alors ses alliances vers la Russie et ses relais comme Africa Corps. Le vrai problème ? L’absence de cohérence. En ménageant des puissances rivales, le Congo envoie un signal ambigu : celui d’un partenaire versatile, dont les loyautés fluctuent. Dans un monde polarisé, cette posture expose à de graves risques.

Moscou contre Paris : les limites du double jeu

Jouer sur les deux tableaux (accords français et tentations russes)relève d’une vieille stratégie de survie africaine. Mais elle atteint ses limites. Depuis la guerre en Ukraine, la présence russe en Afrique cristallise les tensions géopolitiques. Les Occidentaux surveillent de près les pays flirtant avec les héritiers de Wagner. Rester dans l’orbite française tout en s’ouvrant à Moscou expose Brazzaville à une double méfiance : ni aligné, ni autonome, le Congo passe pour un acteur hésitant, incapable de forger des alliances durables.

À cela s’ajoute une contradiction économique. Les voyages des oligarques et militaires congolais, Françoise Joly, Raoul Ominga, etc en Azerbaïdjan ces derniers temps, tracent un axe officieux Qatar-Turquie-Azerbaïdjan, relais occidental de l’OTAN. L’Azerbaïdjan pivote pour contrôler la mer Caspienne au profit de l’Occident, isolant la Russie. Pire : la guerre USA-Israël contre l’Iran déstabilise les pétromonarchies (Arabie saoudite, Koweït, Émirats, Oman). Les bombardements sur les chaînes pétrolières et gazières et la menace sur l’eau douce, imposent cinq ans de vaches maigres. On y ajoute le retrait des fonds des bourses US et la fragilité du pétrodollar, et les fonds pillés et placés dans ces pays par, Denis Christel, Bouya, Ondongo, et autres qui courent le risque imminent d’êtres confisqués sans possibilités de ” remboursement ” !

Kigali, Kinshasa et le virage américain

L’équation s’alourdit avec les Grands Lacs. Le rapprochement opportuniste avec le Rwanda de Paul Kagame ( accords économiques controversés, joint-ventures comme Crystal SA ) heurte un basculement majeur : l’intérêt croissant des États-Unis pour la RDC. Riche en minerais critiques pour la transition énergétique, Kinshasa devient un pivot mondial sous impulsion washingtonienne. Toute proximité avec Kigali, accusé d’ingérences à l’Est congolais, devient toxique. Brazzaville risque un alignement perdant dans une région dominée par les Américains.

Sécurité intérieure : tensions en gestation dans un équilibre au bord du gouffre

À l’intérieur, le pouvoir se réarme discrètement. La montée du général Serge Oboa à la DGSP signale une recentralisation sécuritaire. Son fonctionnement dépasse l’administratif : elle vise à verrouiller les tensions latentes. Mais, le zaïrois Zephirin Mboulou conserve l’administration territoriale, la gendarmerie et plus ou moins la CID sous coude de Kiki Sassou, créant une pluralité des pouvoirs. L’histoire le montre : ces fragmentations fomentent, frustrations, rivalités et pertes de contrôle en cas de crise.

Finalement, le Congo navigue dans un équilibre précaire. À l’international, il oscille sans cap clair entre rivaux. Régionalement, il pâtit de la mainmise US sur la RDC. Intérieurement, ses ajustements sécuritaires risquent d’attiser les feux. Multiplier les alliances incohérentes accroît la vulnérabilité. L’équilibrisme, jadis rentable, pourrait compliquer le régime. Reste à savoir combien de temps il tiendra même si pour ses affidés, M. Sassou est né pour diriger car les Occidentaux le laissent faire. Mais ce n’est qu’une illusion, la preuve : la peur le pousse à verrouiller les libertés individuelles, et à encourager Serges Oboa de revenir sur le terrain avec sa soldatesque criminelle pour commettre un autre bandenbekämpfung, abandonnant les délinquants en cole blanc tels que : les responsables qui privent les congolais de l’électricité et ceux qui ont mal conçus le programme économique qui brade les entreprises d’État… Le peuple aura-t-il tort de se rebeller si M. Sassou reconduit à 85% la même équipe gouvernementale et ne réussit pas à ramener les fonds planqué çà et là et continue le bardage…?

 

Ghys Fortune BEMBA DOMBE

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *