
Congo : derrière les voyages présidentiels, les questions qui dérangent

Ghys Fortune BEMBA DOMBE
Alors que le Congo traverse une crise multidimensionnelle, marquée par les difficultés économiques et sociales, les pénuries, les tensions diplomatiques et les préoccupations sécuritaires qui se confirment avec l’incident d’Oko Gakala, une question s’impose avec une acuité croissante : jusqu’où les citoyens peuvent-ils se taire face aux dérives du pouvoir et à la dégradation de leurs conditions de vie ? Entre devoir de vérité, liberté de parole et peur des représailles, le silence peut-il encore être considéré comme une option ?
Le 19 août 2026, Aline France Etokabeka et Alain Obargui, deux journalistes proches du pouvoir de Brazzaville, annonçaient sur les antennes de Télé-Congo le départ de M. et Mme Sassou pour des vacances de deux semaines en Turquie. 2 jours plus tard, j’évoquais l’hypothèse d’un check-up médical ou de la recherche de fonds sous le fallacieux alibi des vacances. 9 jours après, j’alertais sur la possibilité que le couple présidentiel prolonge son séjour au-delà des deux semaines annoncées.
Le 1er septembre, le président n’était toujours pas rentré. Depuis, l’absence d’explications officielles de la part de Claudia Ikia Sassou et de Thierry Moungalla alimente les spéculations sur l’état de santé de M. Sassou et de son épouse.
Les personnes peu renseignées vont certainement dire que l’agenda prévoyait ce parcours. Faux. M. Sassou rentre toujours au bercail avant de ressortir, mais là il a été dans l’impossibilité de le faire. J’ai été le premier à annoncer son déplacement de la France avant tous les médias au monde. Il est parfaitement légitime que M. et Mme Sassou se reposent, reçoivent des soins médicaux et recherchent des fonds, mais le silence institutionnel crée, ipso facto, le doute sur leur périple.
*Le véritable enjeu : l’inégalité d’accès aux soins*
La véritable question est celle de l’égalité d’accès aux soins au Congo. De nombreux membres du clan et du pouvoir bénéficient d’évacuations sanitaires prises en charge par l’État via les budgets dont une grande partie en caisses d’avance du président et du premier ministre qui sont respectivement, de l’ordre de 4 milliards de fcfa/mois minimum et 1,2 milliard minimum/ mois dont 350 millions de fcfa en caisse d’avance. Mais d’autres citoyens sont traités comme du bétail dans des mouroirs dépourvus de plateaux techniques suffisants. Pourtant, l’article 15 de la Constitution de 2015 et la Déclaration universelle des droits de l’homme sont formels : « Tous les citoyens sont égaux devant la loi et ont droit à la protection de l’État. Nul ne peut être favorisé en raison de son origine familiale, ethnique, de sa condition sociale, de ses convictions politiques, religieuses ou philosophiques. »
De même, l’article 36 reconnaît le droit à la santé et prévoit la garantie de la protection de la santé publique.
Dans le même temps, cinq cliniques privées ( Guenin, Netcare, CMB, Securex), pratiquent des tarifs qui restent inaccessibles à 80 % de la population.
La situation du personnel de santé constitue également une source d’inquiétudes. Les revendications relatives aux conditions de travail et aux rémunérations impayées témoignent d’un malaise profond. Les autorités font preuve de myopie face à la souffrance des travailleurs. Le ministre Rosaire Ibara ignore royalement le dialogue, le droit de grève et les libertés syndicales, au point de sanctionner ou de relever de leurs postes les grévistes. Certes, le Premier ministre, Anatole Collinet Makosso (ACM), a rattrapé les choses le 7 septembre 2026 mais les tarifs des soins médicaux dans les cliniques doivent inéluctablement être revues à la baisse surtout dans celle de Denis Junior Omar Bongo pourtant construite dans un quartier populaire.
*Dictature et pillage institutionnalisé*
La Constitution congolaise garantit la liberté d’expression et les libertés fondamentales. Mais le gouvernement et la Direction générale de la sécurité présidentielle (DGSP) menacent, emprisonnent et tuent des populations, comme le documentent des organisations telles que l’OCDH, la FIDH, Afrobarometer, Freedom House, Lansing Institute et certains médias. Du coup, la question de l’existence du centre de rééducation d’Aubeville se pose quand on sait que les jeunes présentés comme «délinquants» sont toujours abattus.
Hugues Ngouolondélé, qui a mené ce noble projet de réinsertion des jeunes ne se retrouve plus. Il en est, à coup sûr, contrarié. Doit-on privilégier la répression létale au détriment de l’investissement dans la prévention, la justice et la réinsertion ? Certes, la DGSP a pour mission première d’assurer la protection du chef de l’État et des institutions, mais elle gagnerait beaucoup à lutter contre les bandits qui écument les frontières. Par ailleurs, il est de notoriété publique que Zéphyrin Mboulou, Françoise Joly, le colonel-Major Jean Aimé Ignoumba, Raoul Ominga et Cie ont validé l’allocation importante du contrat de formation et de protection avec Africa Corps estimé par les experts de ISS Africa, PISM et autres, à 2,5 milliards de fcfa/mois avec contreparties pétrolières et minières ( accès Lukoil/contrat contrats). Les cinq mousquetaires cités ci- dessus conviendront qu’ils ont ” fouarauté ” la DGSP pour assécher tous les autres corps des FAC. Dans ces conditions, comment les gendarmes et les policiers en sous -effectif et sans matériel peuvent-ils être efficaces sur le terrain ? Va-t-on les condamner pour avoir mendié ou racketté afin de faire fonctionner leur administration, surtout lorsqu’ils ne bénéficient pas des retombées du pétrole et des mines ?
*M. Sassou et Cie à Paris, à Brazzaville, André Oko Gakala convoqué à la CID*
À Paris, M. Sassou et son point focal Christian Yoka seront-ils capables de convaincre ? Quel message délivrera t-il quand on sait que la transparence, le climat des affaires et la bonne gouvernance continuent d’être des vœux pieux avec une justice frelatée par Bininga Anga Aimé Wilfrid qui avait tué autrefois des centaines de personnes par ces faux antirétroviraux ?
Avec sa politique d’enlisement et de diversification des partenaires, M. Sassou collabore, parfois avec maladresse, tout aussi bien avec les régimes de Poutine, Xi Jinping, Kim Jong-un et celui de Kagame, détesté à Kinshasa où le colonel-procureur Oko Ngakala a eu des ennuis pendant qu’il accompagnait son épouse zaïroise à un deuil et en profiter pour tenter d’expulser le locataire de sa maison et vérifier ces comptes bancaires. Précisons que la vidéo qui circule est celle du juriste Ikobia Bahati comme l’indique ale communiqué de presse n°22/DM/2026 du conseil supérieur de la magistrature de la RDC. Si André Oko Ngakala avait pris mes mises en garde au sérieux diffusées via mes posts qui rappelaient à tout citoyen congolais, d’éviter, un moment, la destination de Kinshasa, il ne répondrait pas à la CID, qui l’a interpellé aussitôt rentré à Brazzaville. Mais depuis hier soir, il refuse de se présenter sans la présence de ses avocats et avant que le bureau du conseil supérieur de la magistrature (CSM) ou de la Cour suprême ne se réunissent ou encore, le ministre de la justice donne le top ( article 70 Loi organique). Même si ce procureur est un maffieux, mais les textes ci-dessous lui donne raison de ne : article 141 de la constitution de 2015,
Article n°9 de la Loi 16-99 du 15 avril 1999
Article 32 de la Loi n°15-99 du 15/04/1999. Sauf pour faute lourde ( art 30-31 Loi n°15-99), le président de la République peut décider après le rapport du bureau du CSM.(Nous reviendrons sur ce dossier à multiples têtes )
Tout compte fait, l’ensemble des citoyens ont une responsabilité : celle de refuser l’indifférence et de défendre la vérité, la justice, les frontières et l’intérêt général, comme le conseillent Isaïe 58:1 et François de La Rochefoucauld dans une de ses maximes1.
Ghys Fortune BEMBA DOMBE

























































































































































































































































































































































































































































































































































































